Côte d'Ivoire : 3 211 comptes bancaires de l'État bientôt fermés, 58 milliards Fcfa concernés


14/01/2020
Côte d'Ivoire : 3 211 comptes bancaires de l'État bientôt fermés, 58 milliards Fcfa concernés
Assahoré Konan Jacques a demandé aux acteurs de la dépense publique de ne pas se mettre en marge de ce processus.

L'État de Côte d'Ivoire va bientôt fermer 3 211 comptes bancaires. Les raisons ont été données, ce mardi 14 janvier 2020 par le Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique.

En vue de s’assurer que la totalité de ces liquidités encaissées permet d'exécuter ces programmes de dépenses, l’État de Côte d'Ivoire a décidé de centraliser ses ressources dans un Compte unique du Trésor qui sera logé à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao). Cette initiative, selon le Directeur général (Dg) du Trésor et de la comptabilité publique, Assahoré Konan Jacques va entraîner la fermeture de 3 211 comptes comptes bancaires qui disposent de ressources globales de 58 milliards de Fcfa. Il a donné cette information, mardi 14 janvier 2020, à l'occasion du séminaire de sensibilisation des Ordonnateurs d’EPN (Établissements publics nationaux) ainsi que des Responsables d’administrations publiques sur le Compte unique du Trésor (Cut), à Abidjan-Plateau.

Assahoré Konan Jacques a expliqué que ce processus qui est une disposition communautaire de l'Uemo (Union économique et monétaire ouest africaine) constitue une conditionnalité des Partenaires techniques et financiers (Ptf).
Le Dg du Trésor public a profité de l'occasion pour présenter les avantages qu’offre la mise en place du Cut. Il a indiqué, à cet effet, qu'il permet de garantir un contrôle effectif de l’ensemble des liquidités de l’État ; d’avoir une information complète et en temps utile sur les avoirs liquides de l’État ; d’améliorer le contrôle des dotations budgétaires et les contrôles opérationnels du budget ; de permettre une gestion plus efficace de la trésorerie en réduisant les commissions bancaires et les coûts de transactions ; de rendre plus efficaces les mécanismes de paiement et d’améliorer le rapprochement des écritures bancaires et la qualité des données budgétaires ; de réduire les avoirs de réserves liquides. « À contrario, un État qui n’a pas une maîtrise effective de ses liquidités peut payer de multiples façons le prix de cette défaillance institutionnelle. Tout d’abord, les liquidités oisives logées dans les comptes bancaires sont souvent rémunérées à des conditions inférieures à celles du marché. Ensuite, dans une telle situation, l’État supporte des coûts d’emprunt plus élevés pour couvrir ce qu’il croit être une pénurie de liquidités. Enfin, les encaisses oisives détenues dans les banques commerciales peuvent être utilisées par ces dernières, afin d’accorder des crédits », a affirmé le Dg du Trésor public.
Il a rassuré qu’il ne s’agit aucunement d’une réforme qui vise à spolier des entités de leurs ressources et compromettre ainsi leur bon fonctionnement ; ou à retirer aux Ordonnateurs leurs attributions en matière d’exécution des dépenses de leurs structures.

Irène BATH

Irene Bath

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  • SOURCE: Linfodrome

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