George Momboye confie : « Je suis un malade du travail »

« Nous sommes entrain d’échanger avec l’Etat pour construire un grand cirque permanent »
« La danse, c’est le cœur et la respiration de la vie »
Ph DR

À la tête du Ballet national et du cirque de Côte d’Ivoire, George Momboye va présenter le 15 décembre au Palais de la Culture de Treichville, en présence de la Première Dame de Côte d’Ivoire, son premier grand spectacle. Ce spectacle intitulé « les merveilles de Côte d’Ivoire » va mobiliser une centaine d’artistes.

Chorégraphe mondialement reconnu avec à votre actif plusieurs grands et prestigieux événements portant votre signature, qu’est-ce qui vous a donc motivé à accepter d’être à la tête du Ballet national et du cirque de Côte d’Ivoire ?   

Ma motivation est basée sur le fait je voulais relever l’image de prestige de la culture ivoirienne à travers la danse et les arts du cirque. Donc c’était ma première motivation. Vous savez, en Côte d’Ivoire, il y a tellement de talents, de danseurs et de jeunes qui font des acrobaties absolument merveilleuses, donc l’idée était de les rassembler et leur apporter une formation et enfin construire un spectacle qui tournerait dans tout le pays et à l’international.   

 

Dès que vous prenez la tête du Ballet national, vous lancez aussitôt un spectacle le 15 décembre… 

Oui, il est important de dire que le Ballet avait subi un arrêt depuis un moment. Donc il était urgent de le réveiller avec un projet dynamique, pour le relancer sur le plan national comme international. C’est vraiment une volonté pour nous de réveiller ce ballet, car tous ces talents ne peuvent pas rester comme ça pendant longtemps.   

 

Dans son articulation, comment va se dérouler ce spectacle du 15 décembre ?  

Le 15 décembre, il y aura un grand spectacle qui sera subdivisé en trois parties. La première partie est basée sur un voyage à travers les danses de la Côte d’Ivoire, mais avec une écriture qui allie à la fois la tradition et la modernité. L’idée est de montrer d’abord toute la richesse des danses traditionnelles et montrer que ces danses ont inspiré les danses urbaines et aussi le vestimentaire. C'est-à-dire, montrer le côté traditionnel et moderne des costumes. La deuxième étape est la visite d’Abidjan à la découverte des jeunes urbains talentueux à travers des pneus. On va traverser les 10 communes d’Abidjan avec le lien qui est le pneu, et donc ont fait allusion au gbaka et au woro woro. Donc du coup le grand frère Daouda le sentimental qui a accepté de nous accompagner, viendra chanter sa fameuse chanson ‘’gbaka rouler’’. Donc la 2ème partie est la visite d’Abidjan à travers le regard et le corps des jeunes et un lien qui est le pneu, cette forme ronde infinie. C’est vraiment la communication, on va rallier les communes à travers cette danse urbaine. Le troisième tableau qui est basé sur la découverte du cirque, va consister à déployer toute la panoplie des jongleurs, des acrobates, des contorsionnistes, des équilibristes, des chanteurs etc.

 

Après ce spectacle, allez-vous retourner à vos occupations internationales ?

Je l’avoue, je ne vais pas abandonner mes occupations. Toutefois, je vais avoir un pied en Europe et l’autre en Côte d’Ivoire. Sinon, mon plus grand souhait est d’investir beaucoup plus dans mon pays. Après 30 années passées en Europe, j’ai vraiment envie d’investir dans mon pays tout en gardant mes activités en Europe, qui vont servir de pont, pour qu’il y ait des relations, un partage et un échange entre l’Europe et la Côte d’Ivoire avec des projets déjà initiés en Europe.

 

Déterminé que vous êtes, nous en sommes convaincus, vous n’allez pas vous limiter à ce spectacle. Quels sont les challenges à venir ?

Pour ce qui concerne les projets du ballet et du cirque, nous sommes entrain d’échanger avec l’Etat pour construire un grand cirque permanent de sorte que chaque week-end, les familles puissent venir au cirque.   

 

À vous entendre parler avec cette passion, il est indéniable que la danse est très importante pour la culture ivoirienne….

Si un enfant naît, ne dansez pas. Si quelqu’un gagne un concours, ne dansez pas. Cela pour vous faire voir combien la danse c’est le cœur et la respiration de la vie. La danse est au cœur de tout, elle est au début et à la fin de tout.    

 

Si tel est le cas, pourquoi le ballet a du mal à décoller ?

Justement, on a besoin d’une politique culturelle, de sorte que le ballet puisse être soutenu par l’Etat afin. Le ballet peut apporter beaucoup dans ce pays, au niveau de l’image et au plan financier. Mais pour y arriver, il faut un soutien. Et c’est ce soutien que le président de la République, la Première Dame et le ministre de la Culture et de la Francophonie ont exprimé.

 

Vous êtes également le directeur du cirque de Côte d’Ivoire, que faut-il entendre par ça ?

Il est clair que dans le cirque traditionnel, il y a des animaux. Aujourd’hui, dans notre ère, le cirque n’a pas vraiment besoin des animaux. Dans l’avenir, nous allons fabriquer des maquettes d’animaux animés par des artistes. C’est un travail qui est entrain de se mettre en place. Il y aura entre autres une maquette d’un grand éléphant, d’une girafe et d’autres animaux qu’on va essayer de fabriquer pour donner un coté plus ludique et réel de la chose.   

 

Généralement on dit nul n’est prophète chez soi. Qui est véritablement George Momboye ?

Momboye est un ivoirien qui mange bien l’attiéké, le kpléba, qui aime la vie et qui s’amuse comme tout le monde. J’ai mes défauts, j’aime beaucoup travailler. Si j’ai deux heures à passer, je préfère consacrer une heure et demi au travail et une demi heure à l’amusement. Georges Momboye est un chorégraphe qui a travaillé pour la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, les jeux olympiques à Londres, pour la Francophonie qui a eu lieu en Côte d’Ivoire. J’ai également fait le cinquantenaire de la Côte d’Ivoire, le roi Lion à Disneyland, le défilé de Naomi Campbell. Aussi, j’ai une compagnie de danse qui est la seule école africaine en Europe qui est basée à Paris.       

 

Quels sont les conditions à remplir pour être aussi sollicité que vous ?   

Comme je l’ai dit tantôt, si j’ai deux heures à faire, je consacre 1h30 à travailler et les 30 minutes à l’amusement. Je suis un malade du travail, je suis curieux et j’aime m’informer et je n’ai pas peur des défis. Si aujourd’hui on me dit qu’il y a une ouverture quelque part ou un grand évènement, je présente mes services et parfois on me refuse mais souvent par curiosité, ils sont intéressés de découvrir ce noir qui se présente. Pour dire que dans la vie il faut oser.

 

Quel appel avez-vous à lancer aux ivoiriens pour ce spectacle ?    

J’invite les ivoiriens à venir prendre part à ce spectacle qui s’intitule « les merveilles de Côte d’Ivoire ». C’est un spectacle qui va apporter de la joie au cœur des gens, une découverte artistique complètement dingue parce que les artistes vont aller au-delà de leur possibilité et vont découvrir une autre manière de faire la chorégraphie. Celle qui allie à la fois la danse, le cirque et le multimédia. Il y aura cent artistes sur scène. 

 

Philip KLA

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.

 

 

Philip Kla

|

  • SOURCE: Linfodrome
Previous ◁ | ▷ Next
Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte