Qualité du poisson, cherté sur le marché, … : Kanté Oumar, président du Synadepci fait de grosses révélations sur des importateurs véreux dans la filière

. Ce qu’il dit sur le thon et le ‘’garba’’ prisé par les Ivoiriens
Kanté Oumar, président du Synadepci: "Voici l'origine du garba"

Mr Kanté Oumar est le président du Syndicat autonome des importateurs, distributeurs, entrepositaire de produits surgelés en Côte d’Ivoire (Synadepci). Invité de la Rédaction de linfodrome.ci, il dit tout sur le poisson consommé en Côte d’Ivoire, à savoir la qualité, le coût, les intrigues dans le secteur et ce que prépare son organisation.

M. Konaté, que renferme toute cette dénomination de votre syndicat en termes d’activités au quotidien?

Le syndicat renferme tous ce qui est acteur impliqué dans la commercialisation du poisson. Ce sont des actions qui sont complémentaires. Le poisson importé, il y a l’importateur qui est le premier acteur, ensuite il y a les distributeurs, et bien entendu la conservation. Il a les entrepositaires, etc. Donc, le syndicat c’est une plateforme qui regroupe tous ces acteurs.

Vous parlez d’importateurs, d’où nous vient le poisson consommé en Côte d’Ivoire ?

De l’importation, principalement le Sénégal et ensuite la Mauritanie. Avec le Sénégal dans la Cedeao, nous ne payons pas de droit de taxe pour importer le poisson. Ensuite il y a la Mauritanie, les pays Européens et la Chine, qui tout récemment est devenue assez importante.

Il se dit pourtant que la Côte d’Ivoire est un gros producteur de poisson….

Oui, nous sommes un gros producteur de poissons, mais pour une variété spécifique qui est le ton. C’est la raison pour laquelle on a deux usines de mise en boites de thon ici en Côte d’Ivoire. Mais, pour les autres variétés consommées au quotidien, on n’est pas autosuffisant. Notre balance en matière d’importation est déficitaire. Si on prend l’année 2014, la pêche industrielle et la pêche artisanale de représente que 14% de la consommation locale, tout le reste est importé.

Quelles sont ces variétés de poissons importées ?

Elles sont de toutes sortes, en Côte d’Ivoire. La particularité, c’est qu’on mange toutes sortes de poisson dépendamment des régions. Chaque région a sa spécifié, du fait que le poisson est la protéine animale la plus consommée en Côte d’Ivoire. Il représente 2/3 de la consommation de protéines animales consommé en Côte d’Ivoire. Le 1/3 qui reste, c’est le poulet et la viande. Tout type de poisson est consommé ici, mais principalement une qu’on appelle la Pélagie, qui est en réalité la sardinelle, le maquereau, et le Chinchard. Ce sont ces poissons qui sont les plus importés en volume. Maintenant, on a à côté le Sosso, le Capitaine, et autres qui sont également importés. Eux, ce sont des poissons de luxe, parce que le prix est différent.

Les Ivoiriens sont habitués aux carpes utilisées dans le braisé. Ces carpes font-elles parties du poisson importé ?

Aujourd’hui, oui mais il y a 10 ans non. Aujourd’hui, c’est devenu une tendance qui n’arrête pas d’augmenter, on est même étonné parce qu’il y a 15 ans, si vous parliez du tilapia, personne n’allait accepter de vous acheter ce poisson-là. Depuis une dizaine d’année, on est passé de 0 à 20, 30 milles tonnes par an d’importation de tilapia.

Des informations font état de la présence sur le marché de carpes chinoises qui seraient dangereux à la consommation, confirmez-vous l’information ?

Ça se peut, mais pas en Côte d’Ivoire par ce qu’en Côte d’Ivoire on a quand même des services qui constituent en quelques sortes la police sanitaire aux frontières qui a un rôle de contrôle. Mais, effectivement vous savez, la Chine a une spécifié. Si vous allez en Chine que vous voulez du poisson pour 5f, vous aurez du poisson pour 5f, mais bien entendu, la qualité va prendre un coup. Donc, en général quand vous venez et vous demandez un carton d’une qualité tant, ils vous donneront une qualité en fonction de votre enveloppe. Ça c’est la Chine c’est spécifique à tous les produits, donc au tilapia aussi. L’origine du danger, ce sont les importateurs.

Qu’est-ce que votre syndicat fait pour extirper de vos rangs ces importateurs véreux ?

C’est la raison pour laquelle on s’est organisé en syndicat, parce qu’on a constaté qu’il y avait des choses qui étaient anormales. Face à cela, il était important qu’on ait une organisation. Figurez-vous que l’importateur en question, à un moment donné, vous devenez dépendant de lui puisque vous fonctionnez dans un système de crédit. Alors s’il a un produit qui n’est pas de bonne qualité et un autre de bonne qualité, il vous dira que pour avoir le produit de bonne qualité, il va accompagner ça avec celui de mauvaise qualité et vous êtes obligé de le prendre. Si vous ne prenez pas, il ne vous livre pas. Et vous êtes obligé de rester là. Si vous vous plaignez, ça ne va nulle part. Du coup, les braves femmes, revendeuses, ne savent pas où aller. Elles sont tenues par le monsieur avec un poisson sous la main qu’elles n’arrivent pas à vendre, ce sont elles qui payent la dette.

Le consommateur aussi?

Bien sûr, c’est le consommateur aussi qui est en danger.

Le poisson coûte cher en Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qui explique cela?

C’est très relatif, et c’est pourquoi on parle aujourd’hui d’organisation de réseau de distribution. Quand vous allez au port, il y a des gens qui vont vous aborder tout de suite. En réalité, le carton fait à 11.000 F Cfa. Si vous êtes distributeur, on peut ajouter 500f Cfa de marge, ainsi de suite du demi-grossiste aux détaillants. Mais de là à ajouter 3000 F Cfa, c’est excessif. Voilà pourquoi quelques fois sur le marché le prix se retrouve élevé. Parce qu’en réalité, il n’y a pas d’organisation, c’est la raison pour laquelle, nous avons mis un syndicat en place et nous voulons également contrôler les prix.

Quel est le circuit du poisson, depuis le port jusqu’au ménage ?

Depuis le port, l’importateur fait venir son poisson et il le met dans un entrepôt de son choix, soit à l’intérieur du port soit à l’extérieur. Et là, il doit voir en principe des grossistes qui viennent prendre le poisson avec lui, et qui vont mettre dans leurs conteneurs frigorifiques, ou des chambres froides, qui peuvent être à Abidjan ou à l’intérieur du pays. C’est ce grossiste qui vend son poisson à des détaillants qui peuvent être des femmes qui vendent dans des étales dans les marchés, qui cassent le carton et le vende en pièce. Ça peut être des demi-grossistes, des gens qui viennent prendre une certaine quantité de cartons et approvisionnent les restaurants.

Parlons du thon que la Côte d’Ivoire produit et exporte. Ce poisson prisé, notamment avec l’attiéké ‘’Garba’’ devient de plus en plus cher sur le marché ivoirien. N’est-ce pas la politique du cordonnier mal chaussée, ou du producteur qui se nourrit mal ?

Je dirai que la Côte d’Ivoire a aussi cette particularité d’être le seul pays qui consomme le thon comme c’est le cas ici. Vous irez au Ghana ou au Sénégal, on pêche du thon également, mais ce n’est pas rentré dans les habitudes alimentaires. L’aspect ‘’Garba’’ et kiosque est spécifique à la Côte d’Ivoire. Donc les prix qui sont élevés sont liés au marché. Les acteurs du domaine achètent le thon lorsque le prix est bon sur le marché. Or lorsque le prix est bon sur le marché et que tout le monde en a, il n’est pas facile d’écouler son stock. Alors, que font les opérateurs qui sont au début de la chaine qu’on appelle les mareyeurs grossistes ? Ils achètent le poisson en ce moment-là, il le stock dans les entrepôts dont je parlais tantôt, et ils attendent quand le produit commence à se raréfier pour le déverser sur le marché en mettant une petite marge. Avant, c’était des rejets. Nous dans notre langage technique, on appelle ce poisson-là faux thon. Parce que lorsque les thoniers vont pêcher, ils pêchent plusieurs espèces de poisson. Il y a celui qu’on appelle le Ravil, un poisson qui n’est pas approprié pour la mise en boite. Donc, les usines ne reprenaient pas ce thon. Ce thon était jeté au début, et il a fallu que les gens qui font le ‘’garba’’ prennent ce poisson, commence à le frire et le faire manger par les Ivoiriens. Petit à petit ça a gagné tout le monde. Le ministre d’antan a autorisé finalement, à la demande des acteurs, qu’on vende ce poisson sur le marché. C’est la raison pour laquelle on appelle ce poisson ‘’Garba’’ parce que le ministre s’appelait Dicko Garba.

Votre syndicat dénonce une concurrence déloyale des importateurs, de quoi s’agit-il?

La chaine que je viens de vous l’expliquez part de l’importateur au consommateur. Mais, figurez-vous que l’importateur se retrouve à la portée du consommateur direct. Tous ceux qui sont au milieu de la chaine disparaissent. Aujourd’hui, c’est ce que nous vivons. Les plus gros importateurs de la place ont mis des frigos dans tous Abidjan. Il y en a qui ont mis des frigos dans toutes les villes de Côte d’Ivoire, et ils vendent du poisson directement aux consommateurs en détail. Donc, tous les acteurs qui se retrouvent au milieu de la chaine disparaissent. Aujourd’hui, c’est la tendance. Vous achetez un poisson à Abidjan à 12000, vous arrivez à Bouaké, le prix du même poisson et du même fournisseur peut se retrouver à 12500. De vous à moi, si j’achète un poisson à 12000 et j’arrive à Bouaké il est à 12500, comment je m’en sors en mettant mon transport, mon frigo, mon électricité ? C’est impossible ! Du coup, tous les distributeurs, les indépendants disparaissent.

Est-ce ce qui explique que vous proposez une loi sur la distribution ?

Exactement, c’est la raison pour laquelle, à Bouaké où nous étions, j’ai proposé une loi sur la distribution du poisson.

Que mettez-vous dans cette loi ?

Dans cette loi, il s’agit d’analyser le marché pour que chaque personne respecte les règles. En ce sens que comme nous sommes en train de mettre en place des protocoles comme cela nous a été conseillé par le ministère. Mais, il est impossible qu’un poisson vendu à 11000 F Cfa, on ne mette pas un minimum de 2000 à 2500F de marge à Bouaké. Si on ne peut pas mettre cette marge, si le revendeur se retrouve à 500fr de marge entre le prix à Bouaké et le prix d’achat à Abidjan, c’est pour tuer les autres, ce n’est pour gagner de l’argent.

C’est le consommateur aussi qui gagne, on est dans un système libéral en Côte d’Ivoire…

Je suis d’accord, mais la personne n’est pas venue pour faire du bénévolat, c’est un investisseur, son objectif c’est d’éliminer la concurrence et non de vendre moins cher. Une fois qu’il aura éliminé la concurrence, le prix remontera. Vous venez de poser une question concernant le prix qui est élevé. Bien entendu l’objectif est de devenir le maitre du terrain une fois qu’il aura atteint cet objectif, il va chercher à récupérer ce qu’il a perdu.

Créer un monopole en quelque sorte ?

Créer un monopole en quelque sorte. Quand on parle de commerce libéral, il faut favoriser la concurrence pour que le prix réel soit le prix que paye le consommateur.

Que disent les autorités ivoiriennes ?

Toutes les autorités que nous avons rencontrées sont sensibles à ce que nous disons. Simplement, on revient toujours sur les textes. Vous venez de le dire on est dans un commerce libéral et pour qu’on parvienne à ce que les choses changent, il faut que derrière il y ait un certain lobbying. C’est comme ça on fait dans d’autres corps comme les transporteurs. Malheureusement les vendeurs de poisson sont pour, la plupart des illettrés. Raison pour laquelle depuis des années, il n’y a pas d’organisation solide qui puisse les accompagner dans toutes leurs difficultés. Nous sommes la aujourd’hui et nous souhaitons qu’on fasse attention à ce secteur. Tout le temps, quand on parle des femmes, on parle surtout du vivrier, mais je ne connais pas de sauce qui soit bonne avec rien que des légumes, il faut aussi du poisson. Il faut qu’on sache qu’il y a beaucoup de femmes qui travaillent dans le poisson.

Comment entendez-vous procéder pour faire aboutir votre combat, avez-vous saisi des structures de la place à cet effet?

On a saisi tous les ministères qui nous concernent et on est maintenant en train de mettre en place des sections dans toutes les villes importantes de Côte d’ Ivoire. Parce que nous constatons que nos membres et potentiels membres au niveau de notre syndicat souffre. Donc, on va mettre des sections sur place pour emmener les acteurs présents, même les représentants des importateurs sur place qui restent des distributeurs, à adhérer à notre approche. Il faut qu’ils s’accordent sur un prix sur le marché. Ce prix permettra que chacun puisse se débrouiller. Il peut avoir des différences entre eux de 500frs, je peux comprendre, mais de là à avoir des différences de 2000 à 3000F Cfa, ce n’est pas possible. Celui qui casse les prix, c’est un dumping qu’il veut faire. Nous ne sommes contre personne, mais il y a des règles dans le commerce. Même les autres acteurs que vous voyez dans tous les domaines se consultent quand ils sont deux, trois ou quatre organisations, pour pratiquer des prix. C’est la raison pour laquelle, l’Etat, je pense, a pris l’initiative d’étudier cette possibilité d’une loi d’après les informations que nous avons récemment eu à Bouaké avec le directeur régional du ministère du Commerce qui nous a fait savoir qu’il y a en ce moment des projets sur la table du ministre. Vraiment, nous l’appelons du pied pour que cette loi soit mise en place en association avec nous qui sommes sur le terrain. Parce qu’il ne faut pas qu’on dise que l’Ivoirien ne veut pas faire du commerce, l’Ivoirien veut faire du commerce. Mais, si quelqu’un vient et qu’il a des milliards pour investir et que l’Ivoirien se retrouve écarté de la chaine, comment voulez-vous que l’Ivoirien puisse lui aussi développer son activité.

La réponse peut-être aussi que la vie est chère ….

Qu’il le fasse, c’est bon aujourd’hui, mais demain ce sera amer. Parce que ce monsieur, une fois qu’il sera seul sur le marché, selon son bon vouloir, il vous fera vivre ce qu’il veut, et ça aussi ce n’est pas le but du commerce. Un autre point que j’ai omis sur l’importation du poisson en Côte d’Ivoire, il n’y a aucune condition restrictive. Un exemple : quelqu’un qui vient investir en Côte d’Ivoire, dans le domaine de l’importation du poisson, il peut venir créer sa structure et n’avoir aucun ivoirien ni dans son conseil d’administration, ni dans son comité de gestion. Il est libre. Maintenant, il va jusqu’à n’avoir dans sa chaine de distribution aucun ivoirien. C’est désolant !

Aucun mécanisme de contrôle ?

Aucun mécanisme de contrôle. Je suis d’accord qu’un investisseur vienne investir en Côte d’Ivoire, mais ce n’est pas juste pour nous nourrir. Il faut aussi que nous soyons impliqués et que nous puissions travailler aussi pour gagner notre pain. Là aussi, j’attire l’attention de nos autorités.

Peut-on avoir une idée du circuit de la fixation du prix du poisson en Côte d’Ivoire ?

C’est complètement libre.. Vous importez votre poisson, vous avez votre prix de revient, vous fixez votre prix à votre guise. Ce n’était pas comme ça avant. Il y avait un syndicat, il existe toujours ce syndicat d’importateur. Leur rôle en tant que syndicat comme ils sont au-dessus de la chaine, était de tout réguler. En général, c’est celui qui a la chaine qui fixe non seulement ses prix, mais aussi celui de ses grossistes. C’était comme cela ça marchait, mais aujourd’hui c’est devenu la jungle. Le syndicat, en réalité, ne fonctionne plus. Ils font des réunions mais après chacun fixe son prix comme il veut. Dans le ciment ou dans d’autres domaines, ils ont des syndicats et ils appliquent les prix. Ils ont tous les mêmes prix. Mais, dans le poisson, les prix sont différents dépendamment de là où vous fournissez. Lorsque les plus gros s’accordent, les autres qui sont les plus petits ne peuvent que s’aligner.

Justement, un accord entre les acteurs ne foule-t-il pas au pied la loi sur la concurrence ?

Logiquement, mais aujourd’hui la guerre qu’il se mène sous le prétexte que l’Etat de Côte d’Ivoire la lutte contre la cherté de la vie a fait en sorte qu’ils sont obligés, pour écouler leurs produits, d’aller vendre au consommateur directement. Ils sont obligés parce que la marge est telle qu’ils ne s’en sortent pas.

La filière poisson repose sur la chaine du froid, notamment la distribution. Que faites-vous pour que les acteurs maitrisent cette chaine?

A ce niveau, il y a beaucoup de travail à faire. Mais, la Côte d’ivoire a déjà fait beaucoup de choses. Il y a au niveau du port de plus en plus d’entrepôts frigorifiques qui respectent les normes. Il y a un frigo qui existe depuis un peu plus de 40 ans qui est une initiative de l’Etat de Côte d’Ivoire. C’est un entrepôt par lequel la plupart des importateurs ont transité. Cette entreprise aujourd’hui, au moment de la privatisation des sociétés d’Etat, est devenue privée mais a gardé son caractère public. Ça fait qu’aujourd’hui, les gens qui ont du poisson, mais qui n’ont pas de chambre froide, ont la possibilité de venir le stocker dans ces chambres froides qui sont aux normes et payer en location. C’est un service qui existe depuis des décennies. Ce sont des chambres froides qui ont une capacité de 12000 tonnes environs. En dehors de cela, tous les exportateurs, une fois qu’ils en ont les moyens, développent leurs propres chaines de froids. Mais, tous ont transité par cette chambre froide privée qui a un caractère public.

Quels sont vos challenges à venir, maintenant que votre syndicat est constitué ?

Je voudrais lancer un appel principalement à nos membres. L’Etat de Côte d’Ivoire est prêt à nous aider. Mais avant que l’Etat de Côte d’Ivoire ne nous aide, il faut que nous même nous nous aidions. Il faut que nous nous donnions les mains. Celui qui est assis à la maison, parce que malheureusement le marché l’a éjecté, il faut qu’il sache que notre syndicat, le Synedepci, nous savons qu’il est à la maison, qu’il vienne vers nous, qu’il vienne adhérer à notre syndicat. Notre souhait, est qu’il puisse travailler. Nous allons nous battre pour que les importateurs acceptent qu’on asseye sur la même table et qu’on s’accorde. L’Etat est prêt à nous aider, mais l’Etat ne sais pas où on a mal. C’est à nous de crier suffisamment fort pour que l’Etat entende qu’on a mal et qu’il sache où on a mal pour qu’il puisse nous aider. A ceux qui sont dans leur activité et qui souffrent dans leurs activités, qu’ils sachent que nous avons créé le Synadepci qui est une plateforme où il y a des importateurs, des grossistes et des demi-grossistes. Nous voulons qu’ensemble, nous nous asseyons, nous réfléchissons à nos problèmes et que nous trouvons des solutions que nous présenterons à l’Etat de Côte d’ivoire, pour qu’il puisse jouer sa partition, dans le système que nous essayons de mettre en place. Quant aux importateurs, je leur dis, on n’est pas contre eux ? On n’a pas créé ce syndicat parce qu’on leur doit de l’argent qu’on ne veut pas payer. Pour pouvoir payer une dette, il faut d’abord travailler, on ne peut pas rester à la maison et payer le crédit. Il faut aussi que l’importateur sache que c’est lui qui doit protéger le distributeur, en matière de qualité de poisson, de prix, de zone d’intervention, etc. C’est l’importateur qui protège le grossiste, et c’est le grossiste qui protège le détaillant. C’est-à-dire qu’il faire en sorte que s’il a perdu du poisson, de l’argent sur un poisson, qu’il lui donne un autre poisson pour qu’il puisse se rattraper. C’est comme ça, ça a toujours fonctionné. Si ça ne fonctionne plus, plus personne ne s’en sortira. Nul n’est pas à l’abri. Il y a des combats qu’on fera ensemble, il y a des combats où on sera face à face mais tout cela peut se faire au sein de notre organisation. C’est pour cela je dis, importateur, grossiste, demi grossiste, venez adhérer.

Parlons un peu de salubrité. Le marché du port de pêche est vraiment sale. Que faites-vous pour la sécurité des consommateurs ?

J’ai proposé à l’Etat de Côte d’Ivoire de nous donner un terrain. Raison pour laquelle, il y a quelques années, vous avez appris qu’il y a eu un mouvement dans le port. Il y avait un espace qui était un espace communautaire où tout le monde mangeait, et qu’on appelait ‘’la gargote’’. Cet espace a été attribué à un seul opérateur du jour au lendemain. Nous syndicat, nous ne l’avons pas accepté. Pendant que nous étions en train de demander de l’espace pour nos femmes qui se retrouvent souvent dans des conteneurs sur des bords de route et autres, on donne un tel espace à un seul opérateur. On a protesté, on est entré en négociation avec le port qui a promis un espace qu’on souhaite vraiment aux normes. Mais, en réalité il y a un petit problème sur ce marché. Ce marché est dans l’enceinte portuaire mais il est géré par la commune de Treichville. Donc, il y a un problème entre la mairie et le port. Ce qui complique la situation. Si le port veut, et que la mairie de Treichville s’impose, ça ne passe pas. Donc aujourd’hui, c’est pour cela que cette situation n’évolue pas. Mais en attendant, nous avons obtenu un tout petit espace de 600 m2 après notre mouvement. On nous dit qu’il faut d’abord qu’on fasse nos preuves et ensuite on nous donnera un terrain plus grand pour faire un marché. On se bat aussi pour ça.

Entretien réalisé par F.D.BONY

Coll : Kelly KOUASSI

Félix D. Bony

|

  • SOURCE: Linfodrome
Previous ◁ | ▷ Next

Videodrome

Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte