Lutte contre le Coronavirus: Yopougon dans l’indifférence des mesures de lutte contre la pandémie


24/03/2020
Lutte contre le Coronavirus: Yopougon dans l’indifférence des mesures de lutte contre la pandémie
Des inconditionnels clients de maquis le samedi 21 mars dans l’un des points chauds de la commune de Yopougon

Les mesures de fermeture des boîtes de nuit, des cinémas et des lieux de spectacle et d’interdiction des rassemblements de populations de plus de 50 personnes pour une période de 15 jours à compter du 18 mars à minuit ne sont quasiment pas respectées dans la plus grande commune de Côte d’Ivoire.

En dépit des restrictions en vigueur, la nuit de jeudi 19 mars 2020 à vendredi 20 mars a été semblable aux nuits habituelles de Yopougon, avec leur ambiance festive et les foules aux abords des voies publiques, dans les maquis et boîtes de nuit. De la rue Princesse au quartier Selmer au terminus 27, à Niangon, en passant par le carrefour Sapeurs-pompiers, aux Toits-Rouges ou encore le Terminus 40, à Kouté et le carrefour Akadjoba, à la Sideci, tous les points chauds sont restés ouverts. Dans la plupart des maquis, la distance de sécurité d’un mètre recommandée n’a pas été imposée aux clients, par les tenanciers. Seul changement notable, la quasi-totalité des maquis ont fortement baissé la musique. Certains ont même éteint leur matériel de sonorisation. « Nous sommes conscients qu’il faut se protéger contre le coronavirus, mais il faut assurer son gagne-pain.

C’est pourquoi, on ouvre sans faire trop de bruit. L’objectif est d’avoir un minimum de clients pour réduire les pertes », justifie Alain, gérant d’un maquis au carrefour Mandjo à la Sideci. Pour Rolande Bokoua, une riveraine, le gouvernement doit redoubler d’efforts pour faire appliquer les mesures d’interdiction des foules et d’ouverture des boîtes de nuit. « On a le sentiment que les gens ne perçoivent pas encore le danger du coronavirus. Les maquis sont bondés. Si rien n’est fait, les nuits seront plus contagieuses que les journées », avertit-elle. La promiscuité et la foule, il y en avait également vendredi 20 mars 2020 à Yopougon Kouté. Dans ce marché, l’interdiction des foules de plus de 50 personnes semble être tombée dans l’oreille d'un sourd.

Des femmes et des jeunes filles, sans cache-nez ou sans aucun dispositif de protection, se bousculent parmi les étals. « Je ne pense pas que les mesures du gouvernement pour prévenir le coronavirus aient eu un effet sur la fréquentation du marché de Kouté de ce jour. L’affluence est normale, même si l’on sent un peu de méfiance dans les gestes de chacun », soutient Abraham, un vendeur de friperie. Pour Solange Koffi, vendeuse d’accessoires féminins, le gouvernement devrait mettre davantage l’accent sur la sensibilisation aux risques du coronavirus et non interdire l’activité économique. « Nous sommes obligés de travailler pour nourrir nos familles, même si on a peur de la maladie. Moi, j’évite au maximum de me frotter aux gens », assure-t-elle.

L.BEUGRE (stg)

 

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