Dialogue pouvoir-opposition : On se suspecte déjà !


23/03/2012
Le premier ministre Jeannot Ahoussou a annoncé la reprise du dialogue avec l’opposition notamment le Front populaire ivoirien (Fpi, ex-parti au pouvoir).
Le mardi 20 mars 2012, le premier ministre Jeannot Ahoussou a annoncé au sortir d’un déjeuner de presse avec le président de la République au Palais présidentiel au Plateau, la reprise du dialogue avec l’opposition notamment le Front populaire ivoirien (Fpi, ex-parti au pouvoir).

Cette annonce a été confirmée le lendemain par le porte-parole du gouvernement, Bruno Nabagné Koné à l’issue d’un conseil des ministres. Mais très vite, celui-ci a mis des garde-fous aux discussions annoncées. ‘’Que l’opposition, cette fois, saisisse la perche. Mais quand on va à des discussions, on fragilise la discussion elle-même quand on vient avec des préalables qui peuvent être inacceptables aux yeux de la partie en face. Le tout ici, c’est ce que cette discussion se fasse avec la même sincérité de part et d’autre, la même raison de part et d’autre. Il faut que les deux parties restent raisonnables. En ce qui nous concerne, nous pensons l’être et nous souhaitons que l’opposition accepte de venir à cette discussion en étant d’une part totalement sincère et d’autre part en étant totalement raisonnable’’, a-t-il signifié. En face, le Fpi a réagi, hier jeudi 22 mars 2012 dans différents supports médiatiques de la place, à travers Alphonse Douati, son secrétaire national chargé des affaires gouvernementales. Selon lui, le Fpi a pris acte et attend de voir que la volonté du pouvoir se concrétiser dans les actes. ‘’Nous osons tout simplement espérer qu’il ne s’agit pas de nous tendre la main de la main droite pour cacher le couteau dans la main gauche’’, s’est-il inquiété. Les positions affichées montrent bien que les deux camps se méfient l’un de l’autre. On se suspecte déjà alors même que les discussions n’ont pas encore démarré. De part et d’autre, on doute de la volonté d’un camp à véritablement discuter pour faire avancer le débat. Si le pouvoir n’entend pas accéder à d’éventuels préalables du Fpi, qu’il qualifie de chantage, le parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, ne veut pas abandonner certaines revendications dont il croit fermement que leur satisfaction, peut contribuer au retour de la paix en Côte d’Ivoire.

Avec ces appréhensions, il est à craindre que le dialogue qui va s’engager sous peu, fasse long feu. Les parties prenantes aux négociations qui s’annoncent, auront-elles les ressources nécessaires pour se surpasser et faire des concessions pour avancer ? Bien malin qui pourrait y répondre de façon précise. Si d’aventure, les discussions échouaient, la réconciliation nationale pourrait paraître comme un serpent de mer, difficile à saisir. L’échec pourrait aussi sonner le glas de la classe politique auprès des populations qui certainement n’ont pas envie de retomber dans les violences. Par contre, si le dialogue est bien négocié et que des accords importants sont pris, il donnera un coup de fouet au processus de réconciliation et de reconstruction de la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens observent.

BAMBA Idrissa

Bamba Idrissa

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  • SOURCE: Soir info

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