Interview/ Situation socio-politique en Côte d’Ivoire : Donatien Robé créé un mouvement à la Macron et parle


Spécialiste de la protection sociale et fervent militant pour une politique sociale plus protectrice en Côte d’Ivoire, Donatien Robé a décidé de franchir le cap et de se lancer en politique. Et pour cela, il a créé un mouvement citoyen dénommé « La Côte d’Ivoire sociale ». Nous l’avons interrogé sur les raisons de ce virage en politique.

Avec la création de ce mouvement citoyen, êtes-vous désormais un acteur politique ?

On pourrait le dire ainsi. Mon combat a évolué, parce que j’ai constaté que les questions pour lesquelles je milite, sont très politiques. Cela n’enlève en rien le caractère technique qui les caractérise aussi. L’assurance maladie sociale, finalement, est une réforme qui découle des choix des acteurs politiques. J’ai donc décidé de m’exprimer sur le terrain politique et de débattre de ces questions avec les politiques. Je veux faire de la politique, mais autrement. Sans intrigues, sans obsession pour un poste électif. Ma volonté est de mettre les idées en avant. Rien que les idées et les projets structurés.

 

Pourquoi le choix du nom «La Côte d’Ivoire sociale» ?        

Le nom du mouvement traduit les convictions fortes de ses créateurs. Pour nous, un pays doit avoir une politique sociale institutionnelle efficace. Or, que constatons-nous ? Nous constatons que des voix de plus en plus inquiétantes, réclament des politiques libérales pures et dures, prônant quasiment le « chacun pour soi ». Nous, nous estimons que nous ne sommes pas égaux dans ce monde et ne vivons pas les mêmes situations. Il est donc du devoir de la collectivité, d’aider celui qui trébuche à se redresser, d’aider celui qui tombe à se relever.

 

Qu'est-ce que cela veut-il dire précisément ?

En somme, il s’agira de faire jouer la solidarité nationale, afin d’aider la personne confrontée aux risques de la vie. Cela vaut aussi pour les entreprises en difficulté. Pour nous, une économie dynamique et performante se bâtit en agissant à la fois sur l’offre et la demande. Cela veut dire qu’il faut créer du pouvoir d’achat, mais aussi, favoriser la compétitivité des entreprises. La dépense publique doit servir à cela essentiellement.

 

N’est-ce pas une politique d’assistance que vous prônez ?

Il ne s’agit pas d’une Côte d’Ivoire d’assistance. Il s’agit de politique sociale institutionnelle. Or, la sécurité sociale, partout dans le monde, a toujours été financée par le travail. Il est vrai qu’on va de plus en plus vers un financement mixte avec les financements innovants. Mais le travail reste la base de financement. Vous comprenez donc que quand on parle de social, on doit aussi voir le travail en arrière-plan. Car, sans le travail, il n’existe pas de politique sociale. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, nous proposons la réforme du code du travail, qui ne facilite pas les embauches des diplômés. Nous proposons aussi un dispositif pour le financement très encadré de projets de création ou de développement d’entreprises.

 

Parlant de vos propositions, pouvez-vous nous en dire plus ?

Selon nos observations, les Ivoiriens ont deux difficultés majeures : l’accès aux soins et à l’emploi. Nous avons décidé de considérer ces deux difficultés comme les deux grandes difficultés nationales. Pour nous, la dépense publique doit être essentiellement orientée vers ces deux secteurs, ne serait-ce que pendant cinq ans.

 

Que proposez-vous dans ce cas, pour la santé ?  

Il y a deux constats qui ont été faits en ce qui concerne la santé : l’offre de soins n’est pas bonne et les soins sont inaccessibles pour les Ivoiriens sans revenus réguliers et aux revenus modestes. La conséquence immédiate de ces deux situations, est que quand ces personnes démunies ou en situation de précarité sont malades, elles ne vont pas à l’hôpital. Il existe des statistiques qui indiquent clairement un taux de fréquentation des structures sanitaires qui tournent autour de 20 %. C’est très insuffisant. Vu que les populations ne fréquentent pas les centres de santé, beaucoup d’argent ne circule pas dans le domaine de la santé.

 

Et quelle est la conséquence d'un tel état de fait ?

Ceux qui investissent dans ce domaine, en vue de vite rentabiliser les investissements, du coup, pratiquent des tarifs très élevés. Et ce que je viens de vous décrire, se passe essentiellement dans les pays où il n’existe pas d’assurance maladie sociale. Nous proposons donc un système d’assurance maladie appelé « Forfait sanitaire universel » qui va améliorer le taux de fréquentation des centres de santé. Les populations pouvant se soigner à moindre frais et accroître la richesse dans le domaine de la santé.

 

Et l’offre globale de soins ?

La fréquentation soutenue des centres de santé, va accroître la richesse dans le domaine de la santé en Côte d’Ivoire. Cette richesse contribuera mécaniquement à améliorer l’offre globale de soins. Le constat, par exemple, est qu’il n’existe pas suffisamment de personnels soignants dans nos hôpitaux publics. Pourtant, ces professionnels de santé sont formés massivement, mais l’État ne les recrute que sur concours, en fonction du budget de la santé.

 

Ils sont donc très nombreux à être sans-emploi dans ce domaine alors…

Absolument. Avec l’assurance maladie sociale qui achètera les soins aussi bien dans le privé comme dans le public, le secteur de la santé sera, comme je l’ai dit plus haut, très riche et concurrentiel. Vous verrez que l’offre privée se renforcera en quantité, avec plus de centres privés et en qualité, avec un excellent plateau technique. Tous les personnels au chômage, trouveront alors du travail.

 

Qu’en est-il de l’offre publique ?

Nous proposons de rendre autonome la gestion des hôpitaux publics, en leur donnant une personnalité juridique. Avec leurs recettes, ces hôpitaux recruteront leurs personnels et mettront à niveau le plateau technique, sans passer par la tutelle. L’État construira toujours les centres hospitaliers, mais la politique d’autonomie de gestion, déclenchera l’émulation entre les hôpitaux publics. Cette émulation fera que ces hôpitaux auront un plateau technique et des personnels de qualité. C’est ce qui se passe dans tous les pays où il existe une assurance maladie publique.

 

Ça n'implique-t-il pas un désengagement de l’État ?

Justement, nous proposons que l’État se désengage du premier niveau de la pyramide sanitaire, au bénéfice de la médecine libérale. Les centres de santé publics, dans les villages et les quartiers, seront cédés aux collectivités locales ou transformés en entreprises d’économie sociale et solidaire, comme sur le modèle des centres de santé communautaire. Les tarifs publics seront pratiqués dans ces centres de santé. Nous voulons aussi instituer le modèle des « maisons de santé » qui consiste au regroupement dans un local, de plusieurs médecins de spécialités différentes, avec un généraliste bien sûr. Ils se partageront les charges mais avant, l’État les aidera à s’installer. En échange, ils accepteront les tarifs de l’assurance maladie. L’État ainsi libéré du premier niveau, se concentrera sur l’hôpital, pour plus d’efficacité, comme dans les pays occidentaux.

 

Que faites-vous de la Couverture maladie universelle (Cmu)?

La Cmu n’existe que par la loi. Demandez aux Ivoiriens s’ils bénéficient de ses prestations. Une assurance maladie, ce n’est pas seulement une loi, ni la mise en place des organes de gestion. La pérennité du système doit être un enjeu. Si la Cmu est opérationnelle demain, après-demain, elle sera déficitaire et inefficace. Son pronostic vital sera donc engagé.

 

En quoi le système d’assurance maladie, dénommé « Forfait sanitaire universel » que vous proposez, est-il mieux que la Cmu ?

Le « Forfait sanitaire universel » a de nombreux avantages et des atouts solides, par rapport à la Cmu. Je vous cite quelques-uns. Notre système a un financement diversifié qui le rend solide. A savoir, cotisations et Tva sociales. Il est donc sur deux pieds, alors que la Cmu est financée exclusivement par les cotisations sociales. Le « Forfait sanitaire universel » sera donc pérenne, alors que la Cmu ne le sera pas, avec un financement aussi faible. Le financement de notre système est équitable, puisque les contributions sont proportionnelles aux revenus de chacun.

 

Et avec la Cmu ?

Avec la Cmu, la contribution unique de 1000 F Cfa par personne de plus de 5 ans, pénalise les petits salariés, avec de nombreux enfants. Nous, notre système inclut pour tous les Ivoiriens, l’offre publique et privée de soins. Or, avec la Cmu, les indigents, c’est-à-dire les plus pauvres, n’ont pas le droit de se soigner dans les centres de santé privés. Il faut enfin dire que le « Forfait sanitaire universel » responsabilise l’assuré social dans la gestion de son forfait. Alors que la Cmu, par la déresponsabilisation de l’assuré social, ouvre les voies des déficits.

 

Dans ce cas, pourquoi n’avez-vous pas approché les responsables de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) pour leur proposer votre système ?

Je voudrais révéler que de ma propre initiative, j’ai proposé le « Forfait sanitaire universel », en novembre 2013, à M. Bamba Karim et son équipe. Il n’était pas encore Directeur général de la Cnam, mais dirigeait la cellule technique de réflexion sur la Cmu, au ministère des Affaires sociales. Il n’a pas tenu compte de notre proposition et a opté pour la formule que les Ivoiriens connaissent et qui n’avance pas. En Afrique, quand vous faites une telle démarche, on vous soupçonne de vouloir un poste. Cela est dommage.

 

Qu’avez-vous concrètement proposé ?

Je viens de vous dire que j’ai proposé le « Forfait sanitaire universel » à l’équipe de la Cmu. Je ne pourrai pas détailler le projet dans une interview, surtout qu’il y a des aspects techniques. Sachez aussi qu’alors que je ne partageais pas l’option choisie, de façon informelle, M. Bamba Karim m’a demandé de réfléchir sur certaines options de la Cmu et de lui faire des propositions. Je l’ai fait sans rien lui exiger en retour. Je l’ai mis en contact avec l’association des assistants sociaux du district d’Abidjan, outillés pour travailler par exemple sur les critères d’éligibilité, au régime qui concerne les indigents et surtout faire la promotion de la Cmu.

 

Et qu'est-ce que cela a donné ?

J'ai trouvé que lui et son équipe n’ont pas été corrects, ni avec moi, ni avec les assistants sociaux du district d’Abidjan, puisque la collaboration a été arrêtée, sans qu’on en sache les raisons. Il aurait pu m’informer, puisque c’est moi qui ai suscité cette collaboration. J’ai avant tout pensé à la Côte d’Ivoire, en leur donnant modestement et à titre gracieux, un coup de main. Car mon engagement pour l’assurance maladie sociale est fort. Le Dg de la Cnam le sait.

 

La Côte d’Ivoire a un taux de chômage très élevé, apprend-on. Que proposez-vous pour améliorer les choses?                                                                                                      

Nous proposons de réformer le code du travail qui est calqué sur le modèle français. Notre code du travail est inutilement protecteur dans certaines de ses dispositions, qui sont rigides pour un pays qui ne crée pas d’emplois. Dans ce code retouché en 2015, l’employeur doit désormais payer au salarié, à la fin du Contrat à durée déterminée (Cdd) plafonné à 24 mois, 3% du salaire total brut. Cela représente un coût pour une petite entreprise. De nombreuses petites entreprises qui veulent travailler dans la légalité, ont justement recours au Cdd.

 

Et pourquoi ce choix ?

Pour la simple raison que le Contrat à durée indéterminée (Cdi) est un risque pour elles, dans un environnement économique précaire, où toutes les transactions économiques et financières, se font à court terme, au mieux, à moyen terme.

 

Que se passe-t-il au terme du Cdd plafonné à 24 mois ?

Au terme des 24 mois de Cdd, selon le code du travail actuel, l’employeur qui respecte la loi, a deux possibilités. Soit, il libère le salarié même s’il a encore du travail pour ce dernier pour quelques mois, soit il lui fait signer un Cdi qui reste, quand même, un engagement fort pour les charges de l’entreprise. C’est justement à ce niveau, que l’employeur hésite sur les choix et que des réflexes naissent.

 

Quels sont ces réflexes ?

Certains employeurs indélicats peuvent opter pour le travail dissimulé ou informel, par le biais de stages qui n’en finissent jamais. Le salarié rentre dans ce cas, dans une précarité totale et l’employeur prend des risques inconsidérés en cas d’accident de travail par exemple. Nous pensons qu’il faut donc repenser les choses et introduire un contrat intermédiaire entre le Cdd et le Cdi. Ce contrat mettra fin aux risques que les uns et les autres prennent. Nous l’avons appelé « Cdd évolutif ». Ce contrat est une forme de flexi-sécurité plafonné à 36 mois et non renouvelable.

 

Ce « Cdd évolutif » peut-il être signé dès la première relation de travail ?

Le « Cdd évolutif » ne peut être signé que quand le plafond du Cdd classique est atteint. Nous proposons d’ailleurs de ramener ce plafond de 24 à 12 mois, avec toujours, l’exigence de payer les 3% du salaire total brut comme prime de précarité. Sur la durée totale du « Cdd évolutif », 1/3 sera la période de sécurité et les 2/3 seront la période de flexibilité. Pendant la période de sécurité, le contrat fonctionnera comme un Cdd classique.

 

Et pendant la période de flexibilité ?

Pendant la période de flexibilité, le contrat peut être rompu à tout moment par une des parties, sans justification. Il suffit juste de respecter un préavis. Ce préavis sera court, quand c’est le salarié qui veut rompre et relativement long, quand c’est l'employeur qui veut rompre. Le « Cdd évolutif » permet à l’employeur, quand le plafond du Cdd classique est atteint, alors qu’il dispose encore du travail pour quelques mois ou quelques années, de ne pas être obligé de se séparer du salarié ou de signer un Cdi.

 

Pensez-vous que cette seule disposition peut résoudre la problématique de l’emploi en Côte d’Ivoire ?

Il n’y a pas que ça ! Il y a la réduction des charges des entreprises, afin de favoriser leur compétitivité. Plus concrètement, nous proposons la suppression de la cotisation patronale, au titre de la branche famille. Cette charge qui est égale à environ 8 % du salaire brut, et supportée exclusivement par l’employeur, est de trop, d’autant plus que les allocations familiales sont aujourd’hui sans impact dans le pouvoir d’achat du salarié, au regard du coût de la vie en Côte d’Ivoire. Ces allocations familiales sont très faibles. Aussi ne faut-il pas oublier que le but premier des allocations familiales, est d’encourager la natalité.

 

Mais a-t-on des problèmes de natalité en Côte d'Ivoire ?

Non, quand on sait que la moitié de la population, a autour de 15 ans. Il faut décharger les entreprises de cette cotisation. Il y a aussi la baisse de 30 % des cotisations, au titre des accidents de travail et maladies professionnelles, de la retraite, aussi bien pour les salariés, que pour les entreprises de petites et moyenne taille. Toutes ces suppressions et baisses de charges seront compensées par la Tva sociale dont nous proposons l’instauration. Le but de cette réforme est de donner du pouvoir d’achat aux salariés et favoriser la compétitivité des entreprises.

 

Une Tva sociale pourrait renchérir le coût de la vie...

Il ne s’agira pas de taxer tous les produits. On n’augmentera pas la Tva sur les produits de grande consommation. Les produits et secteurs d’activité surtaxés seront, l’alcool, le tabac, les débits de boissons, la téléphonie, les boissons gazeuses, les transferts d’argent et autres transactions financières, des produits de luxe importés, etc. Nous avons encore de la marge, par rapport au plafond de l’Uemoa 'Union économique et monétaire ouest africaine, Ndlr) pour le taux normal et réduit de Tva.

 

Disposez-vous également d'un mécanisme pour créer des emplois ?

Bien entendu, et à cet effet, nous avons, entre autres, le programme Erssu qui est l’Emploi responsable, social, solidaire et universel. Ce programme, contrairement à ce qui se fait jusque-là, financera des projets, en faisant de l’encadrement et la responsabilité des porteurs de projets, des points essentiels. Il ne s’agira pas, comme cela s’est fait depuis les « fonds sociaux » du président Bédié jusqu’à maintenant, de donner de l’argent à des porteurs de projets et les abandonner dans la nature. Il s’agira d’exiger au porteur, un apport de 30 % du coût du projet. S’il n’a pas cette somme, le programme lui trouvera un emploi-relais qui lui permettra d’épargner, sous la surveillance d’un tuteur.

 

Quelle sera la suite ?

Une fois le financement bouclé, le porteur cède cet emploi-relais à un autre porteur de projet sans apport. Les entreprises qui fourniront ces emplois-relais, bénéficieront d’un crédit d’impôt. Suivra ensuite, l’accompagnement avec la formation préalable à l’installation, qui est une initiation, en quelques jours, à la gestion comptable courante, du coaching et la mise en œuvre concrète du projet. Il faut ajouter que ce programme, ouvert à tous, comporte d’autres dispositifs, pour encourager les entreprises à embaucher.

 

Aujourd’hui, on entend beaucoup parler de réconciliation des Ivoiriens. Qu'en dites-vous ?

Écoutez, à mon sens, la notion de réconciliation nationale est aujourd’hui galvaudée. Elle est politisée, au point qu’elle perd sa substance. Celui qui veut la réconciliation des Ivoiriens, doit poser des actes d’apaisement concrets. Mais il faut aller plus loin, car l’Ivoirien qui ne mange pas à sa faim et qui ne peut pas se soigner en cas de maladie, sera toujours en conflit avec la société. La réconciliation nationale passe aussi, pour nous, par la réduction du fossé entre riches et pauvres. Et nos propositions y contribuent. Savez-vous qu’il existe des travailleurs pauvres ?

 

Comment cela des travailleurs pauvres ?

Oui, des travailleurs, surtout des fonctionnaires, se sont gravement surendettés face aux risques de la vie et n’arrivent plus à vivre correctement avec leurs familles. Nous proposons la création d’une agence publique, pour juguler le surendettement des salariés. Cette agence, forte du pouvoir que lui donnera l’État, pourra rééchelonner la dette, supprimer les intérêts ou annuler la dette selon la situation du requérant. Le but, là aussi, est de donner du pouvoir d’achat, aux salariés.

 

Il y a aussi les retraités qui ne sont pas mieux lotis en Côte d’Ivoire...

Il est clair que les retraités sont pauvres, parce que les pensions sont faibles au regard du coût de la vie. C’est pourquoi il faut une retraite complémentaire obligatoire pour tous les salariés. Nous sommes pour la retraite par répartition comme retraite de base. Mais nous proposons la capitalisation comme retraite complémentaire. Nous avons fait le choix d’une capitalisation à points et à cotisations définies, pour plus de sécurité et de clarté. Cette épargne sera gérée par une banque dont je ne citerais pas le nom, et servira à construire des logements à loyers sociaux. Elle ne sera pas placée sur les marchés financiers.

Comment financez-vous toutes ces réformes sociales ?

La Côte d’Ivoire a les moyens de financer nos réformes sociales. C’est juste une question de choix et de volonté politique. Depuis que l’Onu, en 2012, a fait de la réduction de la pauvreté, dans le cadre du développement durable, son cheval de bataille, la Côte d’Ivoire consacre officiellement autour de 33 % de son budget national, aux dépenses pro-pauvres. Ce sont environ 1700 milliards F Cfa sans les apports budgétaires extérieurs et emprunts divers, qui sont consacrés à la réduction de la pauvreté. Cette somme d’argent est-elle bien utilisée ?

On vous retourne la question…

En tout cas, la pauvreté prend de l’ampleur dans notre pays. Nous, nous voulons bien utiliser l’argent destiné à réduire la pauvreté. À cette somme, nous ajouterons les recettes de la Tva sociale, les économies qui seront faites avec la réduction du train de vie de l’État, notamment sur les dépenses ordinaires, avec la baisse des budgets des ministères, de la présidence de la République et la suppression des institutions comme le Conseil économique et social, la Grande chancellerie et la Médiature. Ce sont autour de 3500 milliards de F Cfa qui serviront à financer nos réformes sociales structurelles.

 

Vous ne pouvez certainement pas créer un mouvement citoyen, sans penser à l’effet Macron en France et surtout, à 2020 ?

Nous assumons au sein de notre mouvement citoyen, notre adhésion à l’effet Macron. Quand c’est bon, il faut adhérer. Macron a sans doute changé la donne politique en France. Cela a été possible parce que les Français en avaient assez des hommes politiques comme nous les connaissons depuis une trentaine d’années. Et ce constat est valable aussi pour la Côte d’Ivoire. Il faut sortir de cette façon de faire la politique qui consiste à placer les idées et les projets structurés au second plan.

 

La population n'a-t-elle pas sa part de responsabilité dans cet immobilisme ?

Bien sûr. La population ivoirienne doit, elle aussi, avoir pour premier critère de choix, les idées. Sinon, cette même population sera toujours en train de se plaindre de l’inaction des acteurs politiques. En 2020, des candidats défendront nos idées. Ces candidats peuvent être issus de nos rangs ou peuvent être des candidats issus d’autres familles politiques, qui partagent nos idées. En tout cas, nous participerons activement au débat d’idées, dans la perspective de 2020. Nous comptons même imposer ce débat d’idées.

 

Réalisée par KIKIE Ahou Nazaire

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.ci, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.

Kikié Nazaire

|

  • SOURCE: Soir info
Previous ◁ | ▷ Next

Videodrome

Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte