Rumeur de déstabilisation: 10 militaires pris à Daloa

Comment ils ont été arrêtés et conduits à Abidjan
Les parents inquiets
02/07/2012
Ils sont dix (10) militaires, tous anciennement en service au 2è bataillon de Daloa. Selon des sources bien au fait du dossier qui nous ont joint le samedi 30 juin dernier pour en parler, ces militaires, membres des ex-Forces de Défense et de Sécurité (FDS), sont détenus depuis le 19 juin 2012 au poste de police du ministère de la Défense.

L'affaire, toujours selon nos sources, est gérée avec la plus grande discrétion par le colonel Koffi N’Dri, chef du Bureau de la Sécurité et de la Protection de la Défense (BSPD). Ils sont accusés d’abord d’insubordination et ensuite d’atteinte à la sûreté de l’Etat. De quoi s’agit-il ?

Les faits remontent en effet au 16 juin 2012. Ces militaires qui se trouvaient à leur base à Daloa, ont été saisis d’un fax émanant du ministère de la Défense, les convoquant à Abidjan pour affaire les concernant. Trois jours plus tard, précisément le 19 juin, explique notre informateur, ils sont embarqués nuitamment et sous une pluie battante, dans un véhicule de transport de troupe, pour Abidjan. Ils débarqueront dans les locaux du ministère de la Défense sis au Plateau, où ils seront mis au cachot au poste de police.

Pendant leur première audition, a-t-on appris, le colonel Koffi N’Dri leur signifie qu’ils sont arrêtés pour insubordination. Mais contre toute attente, les charges prendront du volume quelques jours plus tard, pour devenir atteinte à la sûreté de l’Etat. « On leur a également demandé de signer un aveu pour reconnaître qu’ils voulaient effectivement attenter à la sûreté de l’Etat, mais ils ont tous refusé. On leur a aussi dit qu’ils pourraient être condamnés à 50 jours de prison », a expliqué le parent d’un des militaires détenus, non sans indiquer leurs inquiétudes. « Nous ne savons pas ce qui se passe, et nous ne pouvons pas les voir. C’est difficile », ont-ils dénoncé. Nos sources nous ont par ailleurs appris que l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a été saisie du dossier.

Une délégation de la division des droits de l’homme de cette organisation a déjà rendu visite aux prisonniers. Ces émissaires des Nations Unies seraient allés s’informer de la situation de ces militaires, des conditions dans lesquelles ils sont détenus, et les motifs de leur arrestation.

Joint pour en savoir davantage, un officier en fonction au ministère de la Défense, dont nous taisons le nom, a marqué sa surprise face à cette information. « C’est vous qui me l’apprenez. Je ne suis pas informé de cela, et je n’ai aucun contact avec le bureau de la sécurité et de la protection de la défense », a-t-il coupé court. Cet officier n’a pas voulu livrer l’information ou n’en savait-il rien comme il l’a prétendu ? Toujours est-il qu’au moment où nous mettions sous presse, ces militaires de Daloa étaient toujours détenus au ministère de la Défense, attendant d’être situés sur leur sort.

Hamadou ZIAO

Hamadou Ziao

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  • SOURCE: L'inter

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