Procès à la Cour pénale internationale: Les avocats de Blé Goudé formels : « Il n'est pas l'instigateur des barrages »


22/11/2018
Procès à la Cour pénale internationale: Les avocats de Blé Goudé formels : « Il n'est pas l'instigateur des barrages »
Ph. Dr.

Pour leur dernière journée de plaidoirie, les avocats de Blé Goudé ont plaidé l'acquittement pur et simple de leur client, devant la Cour pénale internationale (Cpi). A l'occasion de sa dernière prise de parole, le mercredi 21 novembre 2018, Me N'Dry Claver s'est appesanti sur les allégations du procureur McDonald, tendant à laisser croire que Charles Blé Goudé est celui qui a appelé à ériger les barrages dans les rues, lors de la crise post-électorale de 2010-2011. 

Il s'est également employé à balayer l'argument du procureur, selon lequel les exactions constatées dans les rues étaient consécutives au discours prononcé par Blé Goudé au baron de Yopougon. « M. Charles Blé Goudé n'est pas l'instigateur des barrages », a clamé Me N'Dry.

Selon lui, c'est l'instinct de survie des populations qui les a poussées à dresser des barrages, en réaction à « la situation d'insécurité créée par les rebelles ». Il a ajouté que le procureur McDonald n'est pas parvenu à prouver que c'est le discours prononcé par Blé au baron de Yopougon, en février 2011, qui a conduit aux dérives observées aux barrages érigés par les jeunes patriotes. « On ne comble pas une histoire avec du vide », a-t-il chargé le collaborateur de Fatou Bensouda. Et d'appeler à l'acquittement de son client, en raison, selon lui, de la vacuité du dossier. « Le procureur a-t-il montré que la réunion à la résidence présidentielle était préparatoire au meeting du baron ? Ce sera Non. Le procureur a-t-il montré que les incidents de Yopougon étaient consécutifs au meeting du baron ? Ce sera Non. Le procureur a-t-il montré que le discours du baron était incendiaire ? Ce sera Non », a conclu l'avocat de Blé Goudé, tout en se réjouissant que le dernier mot revienne aux juges de la Cpi. « Heureusement », a-t-il, en effet, souligné.

A sa suite, sa collègue, la Camerounaise Me Josette Kadji, a enfoncé le clou. Elle a relevé que son client n'a pas versé de l’huile sur le feu en tenant des discours incendiaires durant la crise post-électorale, comme a tenté de le faire croire le collaborateur de Fatou Bensouda. « Le procureur n’a pas été capable de produire une seule vidéo où Blé Goudé a prononcé un discours violent », a-t-elle soutenu. Et l'avocate de renchérir : « Le procureur a reconnu que le discours de Blé Goudé est d’une rhétorique pacifiste ». Elle en a, alors, déduit que le juge Cuno Tarfusser et ses pairs devraient en tirer toutes les conséquences, en prononçant l'acquittement de Blé Goudé. « Le procureur a choisi volontairement de présenter Blé Goudé comme un criminel, un auteur de crimes contre l'humanité (...). Honorables juges de cette Chambre, le procureur n'ayant pas pu montrer les preuves de ce qu'il a dit contre Blé Goudé, que les faits en réalité présentent comme un homme de paix, nous demandons sa relaxe... », a-t-elle martelé. Et comme pour mieux les convaincre de la nécessité de relâcher son client, elle a ajouté : « Rien n’a été démontré (…), établi. Nous constatons la vacuité du dossier du procureur. Par conséquent, nous demandons un acquittement total pour Blé Goudé. Honorables juges, ce sera justice pour Blé Goudé. ».

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Blé Goudé semblait satisfait de la ligne de défense de ses avocats, au point d'esquisser, par moments, un sourire approbateur. Le procès devrait pouvoir reprendre ce jour, jeudi 22 novembre 2018, avec une éventuelle prise de parole de l'ex-leader des jeunes patriotes.

 

Assane NIADA

 

 

 

Assane Niada

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  • SOURCE: Soir info

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