Situation sécuritaire/ Après l’attaque de Tabou: Un grand danger guette le pays, ce qu’il faut craindre


20/01/2020
Situation sécuritaire/ Après l’attaque de Tabou: Un grand danger guette le pays, ce qu’il faut craindre
Un mauvais présage, cette attaque de la position militaire à Tabou, faisant un mort.

Faut-il craindre que la Côte d’Ivoire, à 9 mois de l’échéance électorale présidentielle, bascule dans le cycle infernale des attaques des positions militaires ? En tout cas, l’attaque d’un poste militaire à Tabou, dans le village de Néro, qui aurait fait, officiellement, un mort et des blessés, se présente comme un très mauvais présage en ce début d’année 2020. Le pays attends des élections présidentielles dans 9 mois. Et, les populations ivoiriennes qui ont encore en tête les fantômes des conflits politico-militaires de 2010, ont de bonnes raisons de craindre la résurgence des attaques perpétrées contres les forces armées. Si cette attaque cache des visées déstabilisatrices du pays, ce serait donc un signal négatif envoyé aux autorités et aux populations.

Un poste des Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci) a été la cible d’hommes sans visage, qui ont ouvert le feu, dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 janvier 2020, tuant un militaire et blessant deux autres. Les assaillants se sont tranquillement évanouis dans la nature. Ce que l’état-major général des armées qualifie, banalement, « d’incidents qui ont opposé des militaires à des individus non identifiés dans le Sud-ouest ivoirien », peut être la face visible d’un profond iceberg. Il y a donc de quoi à redoubler de vigilance. Selon le chef d’état-major général des armées, le Général de corps d’armée Lassina Doumbia, ces incidents qui ont opposé des militaires à des individus non identifiés dans la localité de Néro, dans la sous-préfecture de Tabou, ont été « circonscrits » grâce aux « renforts déployés » sur le terrain. Si le calme est revenu, la peur, elle reste tenace chez les populations. Le bilan de cette attaque fait état « d’un militaire décédé et d’un autre blessé ». Une enquête a été ouverte par la gendarmerie nationale afin de déterminer les circonstances exactes de ces événements.

Règlement de compte entre trafiquants et forces de défense ou attaque à caractère politique pour mettre à mal l’équilibre des institutions du pays ? Toutes les thèses sont plausibles. La « tête » de l’armée ivoirienne rassure les populations quant aux dispositions prises pour le « renforcement du dispositif sécuritaire dans la zone et les invite par conséquent à vaquer à leurs occupations ».
Il faut dire que cette attaque survient dans un contexte politique pour le moins exécrable. Il est notamment marqué par l’arrestation massive des partisans de Guillaume Soro, candidat déclaré à la présidence de la République, la condamnation de Charles Blé Goudé à 20 ans pour « crime contre les populations civiles et crimes contre prisonniers de guerre ». C’est pourquoi, le pays retient son souffle. L’attaque de Néro vient rappeler les crises que le pays a connues, avec leur cortège de morts et de blessés grave.


Attaques similaires


Depuis 2012, à travers le pays, commissariats de police, brigades de gendarmerie, corridors mixtes et autres positions des Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci) ont été pris pour cibles par des hommes, généralement, puissamment armés. Après une relative accalmie, ces attaques ont repris en 2017, avant de connaître leur pic, entre mutineries et contestations dans l’armée. Le gouvernement qui voyait derrière ces attaques une main des pro-Gbagbo en exil, devra revoir, aujourd’hui, sa posture, voire son jugement, eu égard aux derniers développements de l’actualité. Il y a deux jours, une découverte intrigante de munitions d’armes de guerre a été faite dans le périmètre de la Maison d’arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), où de nombreux partisans de Guillaume Soro, président de Générations et peuples solidaires (Gps) étaient incarcérés dont des députés.

Rappelons qu’à partir de juillet 2017, des attaques d’institutions militaires sont régulièrement signalées. Elles s’accompagnent généralement de vol d’armement. Le 19 juillet 2017, des assaillants s’en prenaient à l'école de police de Cocody et réquisitionnaient des véhicules à Yopougon. Une fusillade avec les forces de sécurité ont fait un mort. Plusieurs soldats ont été radiés en raison de leur implication dans ces attaques. Des documents saisis chez l’un des assaillants ont laissé entrevoir un projet de coup d’État.

Quelques jours plus tard, la brigade de police d’Azaguié était attaquée et des armes ont été subtilisées. Deux autres attaques du même type ne faisant aucune victime, ont eu lieu à Adzopé, début août, et à Songon, début septembre. Fin août 2017, le gouvernement annonçait l’adoption de « l’opération ceinture », soit une stratégie de sécurisation de certaines localités touchées par des « turbulences sécuritaires » dont Bouaké, Korhogo, Fresco et Adzopé. Par ailleurs, les autorités ivoiriennes avaient accusé des pro-Gbagbo en exil d’être les instigateurs de ces attaques. Le président ivoirien avait même annoncé des mandats d’arrêts, ajoutant que les preuves seront transmises aux pays d’accueil des « déstabilisateurs » présumés.

Ces derniers avaient démenti, estimant les accusations « farfelues ». Fin septembre 2017, un commissariat d’Abobo (Abidjan) était attaqué et des armes volées. Fin 2017 et début 2018, plusieurs attaques visaient les forces de sécurité dans l’ouest du pays, près du Liberia. Plusieurs éléments des forces de sécurité ont été tués. Dans la foulée, 230 soldats ont été radiés.
Le chef d’état-major général des Faci, Lassina Doumbia, ex-patron des Forces spéciales, ex-préfet militaire de Toulépleu lors de la rébellion de 2002, réputé coriace, devra mettre tout en œuvre pour garantir aux Ivoiriens et aux institutions, une sécurité maximale, une quiétude totale et un environnement calme à l’approche de l’élection présidentielle en 2020.

 

Armand B. DEPEYLA

 

Armand B. Depeyla

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  • SOURCE: Soir info

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