Isolement d'Abidjan pour cause de coronavirus: Inquiétude chez des proches de détenus pro-Soro


28/03/2020
Isolement d'Abidjan pour cause de coronavirus: Inquiétude chez des proches de détenus pro-Soro
Les députés Alain Lobognon et Kanigui Soro figurent au nombre des pro-Soro en détention.

Le confinement de la ville d'Abidjan comme mesure de lutte contre la propagation du coronavirus a des conséquences multiformes. Des proches de détenus pro-Soro incarcérés hors d'Abidjan ont été gagnés par l'inquiétude après que l'information a été officialisée, dans la soirée du mercredi 25 mars. Amira Lobognon, épouse du député de Fresco, Alain Lobognon, détenu à Agboville, interpellait dans la foulée sur facebook, le préfet d'Abidjan, Vincent Toh Bi Irié : « j'ai lu votre déclaration et je vous en félicite. Cependant, vous êtes sans ignorer que nos époux, détenus politiques de Gps, sont dispersés dans le pays et nous devons leur porter le repas. Merci de nous dire que faire ».

Une dizaine de proches de l'ex-président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, dont l'ancien ministre des Sports, Alain Lobognon, poursuivis pour « diffusion de nouvelles fausses, troubles à l'ordre public et atteinte à l'autorité de l’État », sont détenus dans différentes prisons du pays. En dehors de M. Lobognon, d'autres lieutenants du président de Générations et peuples solidaires (Gps), connus du grand public, sont concernés : son frère cadet, Simon Soro, son chef de protocole Kamaraté Souleymane dit Soul to Soul, les députés Mamadou Kanigui Soro, Loukimane Camara. D'abord, détenus à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, après leur arrestation, en décembre 2019, ils ont été plus tard répartis dans différents centres pénitentiaires.

L'inquiétude d'Amira Lobognon est partagée par un cadre de Gps joint, jeudi 26 mars, par la rédaction. « Bien sûr, nous nous inquiétons pour nos camarades. Vous savez les conditions de nos prisons. Avec ce confinement, il faut espérer que les proches bénéficient d'autorisations spéciales pour être à leurs côtés », a glissé cet ancien militant du Rassemblement des républicains (Rdr).

Mercredi 11 mars 2020, L'inter réalisait un entretien téléphonique avec Brahima Soro, membre du collectif des avocats des détenus pro-Soro. L'entretien intervenait quelques heures après que Alain Lobognon et Simon Soro avaient été transférés dans de nouvelles prisons. L'avocat évoquait alors les difficultés d'alimentation auxquelles étaient confrontés les détenus. « Voyez-vous, déjà le premier transfèrement avait eu pour conséquence de les éloigner de leurs familles respectives. Or, on sait tous que dans les prisons ivoiriennes, lorsque votre famille ne vous a pas apporté à manger, vous ne pouvez rien manger parce que rien n'est prévu à cet effet », avait expliqué l'avocat.

Simon Yedjossigué Soro, frère cadet Guillaume Soro, avait été transféré de la prison d'Adzopé, au sud du pays, vers celle d'Abengourou, à l'est. Alain Lobognon, avait, lui, été déplacé de la maison d'arrêt et de correction de Grand-Bassam, au sud, vers celle d'Agboville, toujours au sud.

 

Kisselminan COULIBALY

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