Evènements du 19 septembre 2002, Guillaume Soro : « J’assume ma part de responsabilité »


10/12/2012
Le président de l’Assemblée nationale Guillaume K. Soro a eu des échanges avec la diaspora ivoirienne à New York.
C’est souvent que Guillaume Soro est revenu sur les évènements de septembre 2002. Et chacune de ses sorties aura forcément eu quelque chose de singulier.

En mission aux Etats-Unis d’Amérique, le président de l’Assemblée nationale, s’est exprimé, le dimanche 9 décembre 2012, devant la diaspora ivoirienne à New York. Il a revisité les temps forts de la crise ivoirienne en prenant soin, dans un discours publié sur son site internet, d’« assumer (sa) part » de l’Histoire. « C’est vrai, a dit Soro, j’ai été longtemps l’objet de beaucoup de critiques, l’objet de beaucoup de quolibets. On nous a accusés d’être à l’origine des difficultés de notre pays quand le 19 septembre 2002, la crise a éclaté. Je voudrais assumer ma part de responsabilité en disant simplement que ce qui est advenu en Côte d’Ivoire et qui fait la différence d’avec ce qui advient ailleurs, c’est que la Côte d’Ivoire a eu la chance d’avoir des personnes qui ont animé le 19 septembre 2002 avec désintérêt, qui avaient une seule préoccupation, celle pour que la Côte d’Ivoire renoue avec le chemin de la démocratie ».

Celui qui avait porté la rébellion du 19 septembre, a expliqué, à New York, que le combat qu’il avait mené avec ses « amis » n’était pas destiné à « prendre le pouvoir ». « Ce n’était pas un combat pour prendre le pouvoir parce que quand vous vous unissez dans un mouvement pour prendre le pouvoir, les ambitions finissent par vaincre votre idéal, c’est pourquoi la rébellion ivoirienne a été différente de bien des rebellions», dixit l’ancien premier ministre.

Face à son auditoire, il a défendu l’image d’un homme « constant » pétri d’une « conviction propre » depuis les années estudiantines. « A l’époque, a encore expliqué l’orateur, on disait que Guillaume (Soro) était le petit de Laurent Gbagbo et c’est vrai que j’ai travaillé avec lui. Pourquoi ? Pour l’émergence de la démocratie. Quand je vois aujourd’hui tous ces gens du Fpi, beaucoup me doivent leur carrière au sein du Fpi. C’est moi qui ai pris leurs mains pour aller donner à Gbagbo. Mais au moment où je menais le combat en tant qu’étudiant pour le multipartisme, pour la démocratie, je le menais avec conviction, j’étais haï aussi. Mais quand j’ai décidé de mener le combat contre l’exclusion dans mon pays parce que je ne pouvais l’accepter, je ne pouvais pas admettre que notre Côte d’Ivoire à nous tous devienne une Côte d’Ivoire où on stigmatise le citoyen. Je ne peux pas l’accepter ».

Du dialogue direct, de l’élection présidentielle de 2010 et de la grave crise qui s’en est suivie, il a été également question dans les échanges entre Guillaume Soro et la diaspora ivoirienne. Soro a réaffirmé qu’Alassane Ouattara avait été élu au terme de la présidentielle et que si Bédié ou Gbagbo avait gagné, il l’aurait pris position pour l’un ou l’autre, quoique cela lui coûtât. « Laissons 2010, c’est fini. Maintenant préparez-vous pour aller aux élections de 2015 », a suggéré Guillaume Soro à ceux qui continuaient à faire le débat sur 2010.

Le chef du parlement a vanté auprès de son auditoire une Côte d’Ivoire tournée vers la réconciliation et qui avait cessé avec les bruits de « roquettes ». « Aujourd’hui ce que nous voulons pour la Côte d’Ivoire, c’est la paix, c’est la réconciliation (…) On demande aux uns et aux autres de se donner la main pour qu’on reconstruise notre pays. Voici le message que j’ai donné aux américains, aux sénateurs, aux Nations-Unies. Ils m’ont dit ‘’mais on a le sentiment que votre réconciliation n’avance pas’’. Je leur ai répondu que ‘’vous qui êtes loin, vous pouvez le dire mais moi qui ai vécu 2002, moi qui est vécu la crise post-électorale 2010, moi qui ai entendu les kalachnikovs tonner, les roquettes tonner, je ne peux pas avoir le même regard que vous’’. Parce que maintenant en Côte d’Ivoire, on peut dormir chez soi. Plus de roquettes, plus de kalachnikov. En Côte d’Ivoire, on peut circuler, en Côte d’Ivoire les Chefs d’Etat viennent, en Côte d’Ivoire même Hilary Clinton y a dormi, ce n’était pas possible avant. En Côte d’Ivoire les investisseurs font leur retour en masse, en Côte d’Ivoire, tout reprend, l’espoir renait », a évoqué Soro.

Le numéro 2 ivoirien, lors des échanges, avait à ses côtés, l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire auprès des nations unies, SE Youssoufou Bamba, le sénateur américain Bill Perkins et les députés qui composaient sa délégation, Véronique Aka et Touré Daouda.

Kisselminan COULIBALY

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