Situation sécuritaire : 50 mille hommes menacent le régime Ouattara


13/06/2013
Le danger parait permanent d’autant pour le pouvoir en place
Ils ne sont pas à leur premier mouvement d’humeur. Révoltés, les ex-combattants de la guerre militaro-politique se font régulièrement entendre.

Plusieurs fois à Bouaké, ces supplétifs des Forces républicaines de Côte d’Ivoire sont descendus dans la rue pour bruyamment manifester contre leur condition de vie qui, selon eux, tarde à s’améliorer. On se rappelle qu’en avril 2013, ces hommes avaient bloqué le corridor sud de la ville de Bouaké, paralysant ainsi l’activité économique et le trafic routier. Ils avaient exigé aux autorités ivoiriennes la somme de 50 millions de Fcfa en guise d’indemnité à leur recasement.

Le lundi 10 juin 2013, ce sont ceux de la ville de Man qui ont battu le pavé, réclamant eux-aussi une enveloppe de plusieurs millions de Fcfa pour se prendre en charge, vu que l’Etat, à leurs yeux, fait des difficultés quant à leur insertion dans l'armée. Pour l’instant, les autorités ivoiriennes arrivent à contenir la colère de ces anciens soldats en les invitant, dès qu’ils donnent de la voix, au dialogue afin de trouver un dénouement qui arrangerait chacune des parties. Mais, jusqu’à quand ces ex-combattants, dont le nombre est estimé à environ 50 mille hommes, à travers les zones Cno (centre, nord, ouest) resteront-ils disposés au dialogue ? Il y a à craindre que, si les promesses à eux faites ne sont pas tenues, la situation dégénère et explose entre les mains du pouvoir.

La menace contre le régime Ouattara est donc réelle. Lui sera-t-il possible de contenir un corps d’armée de 50 mille hommes rebellés contre lui, dans un contexte où les armes légères et de petit calibre circulent à une vitesse inquiétante ? Le danger parait donc permanent d’autant plus que la ‘’ sortie’’ de ces ex-soldats a toujours provoqué des situations désagréables. En effet, nombreux de ces ex-combattant gardent encore, peut-être, des armes par devers eux et peuvent être, pour une raison ou pour autre, s’en servir. Et bien futé qui pourrait évaluer les dégâts que cela pourrait éventuellement causer. Il est vrai qu’en mettant sur pied l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (Addr), le régime du président Ouattara fait de la question de ces ex-combattants une priorité dans sa gouvernance.

Mais, il est important d’accélérer ce programme d’insertion de ces jeunes qui, en réalité, n’ont plus cette force morale de supporter encore longtemps la galère qu’ils vivent. Surtout qu’ils ont le sentiment que l’Etat, bien qu’ayant les moyens de les sortir de là, ‘’ triche’’ avec eux. Ces anciens bidasses, en effet, ont encore en mémoire la mission dépêchée auprès d’eux par l’état major des armées en mars 2012, afin de les rassurer sur l’engagement du ministère de la Défense, et du gouvernement par ricochet, à se pencher rapidement sur leur situation.

Dans le même mois, à Abidjan, le colonel Bamoro Coulibaly, chef de la division Organisation et ressources humaines (Dorh), rassurait les ex-combattants des trois sites de Yopougon en ces termes : « Le chef d’état-major général des armées me charge de vous exprimer toute sa gratitude et de vous rassurer qu’il s’engage à mener à bien sa mission vaille que vaille. Il considère que son devoir ne sera accompli que lorsque le dernier d’entre vous sera intégré dans le tissu socio-économique ». Ces propos pleins d’assurance et de conviction, tardent à être concrètement traduits en actes et c’est là que la colère des ex-combattants tire toute sa sève.

A.BOUABRE

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Alain Bouabré

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  • SOURCE: Soir info

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