Burkina/ Le rapport d'autopsie du corps de Thomas Sankara livre ses secrets

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Publié le Source : Soir info
burkina-le-rapport-d-autopsie-du-corps-de-thomas-sankara-livre-ses-secrets Le rapport d'autopsie révèle que Thomas Sankara a été criblé de balles lors du coup d’État du 15 octobre 1987 qui lui a coûté la vie.

Le rapport d'autopsie des dépouilles du capitaine Thomas Sankara et ses camarades d'infortune assassinés le 15 octobre 1987 lors du coup d’État qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir, a été publié hier mardi 13 octobre.

C'est le juge d'instruction de l'affaire qui a rendu public ledit rapport. Il devait le faire depuis le 17 septembre 2015, mais coïncidence troublante, c'est ce jour que le général Gilbert Diendéré, l'ex-patron du RSP, l'ancienne garde présidentielle, a perpétré son coup d’État. Parmi les 8 personnes au moins inculpées dans cette affaire d'assassinat, figurent justement des militaires du Régiment de sécurité présidentiel, les hommes du général putschiste.

Le contenu du rapport d'autopsie et de balistique a révélé que le corps censé être celui du charismatique chef de la ''Révolution burkinabé'' Thomas Sankara, a été littéralement criblé de balles. « C'était vraiment ahurissant », a témoigné Me Ambroise Farama, l'un des avocats de la famille du défunt président. Pendant les 27 années de règne de l'ex-président, Compaoré, l'instruction de l'affaire Sankara a été un sujet tabou. Il a fallu la chute de l'ancien régime, le 31 octobre 2014, et l'arrivée du pouvoir de transition pour que le dossier qui avait fait l'objet d'un non-lieu, soit de nouveau instruit.

Mariam Sankara, la veuve du défunt ''camarade-président'' du Faso, est venue spécialement à Ouagadougou, après plusieurs années d'absence, pour témoigner le 19 mai dernier devant les juges. Quelques jours plus tard, après cette audition, en l'occurrence les 25 et 26 mai 2015, les dépouilles des victimes du coup d’État sanglant d'octobre 1987 ont été exhumées. Une équipe de spécialistes français et burkinabé ont prélevé des échantillons sur les dépouilles en vue de tests d'ADN en France. La publication de ce rapport d'autopsie annonce certainement le début du procès qui situera le peuple burkinabé et la communauté internationale sur les circonstances exactes de la mort de l'une des idoles des jeunesses africaines des années 1980.

Charles D'ALMEIDA

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Charles d’Almeida
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