Guerre en Ukraine : Après un mois du début de la crise, où en est le conflit ?

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guerre-en-ukraine-apres-un-mois-du-debut-de-la-crise-ou-en-est-le-conflit La guerre en Ukraine : 2013-2022, chronologie de plus de huit ans de crise.
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Il y a de cela un mois jour pour jour, le 24 février 2022, Vladimir Poutine annonçait au cours d'un discours guerrier le lancement d'une «opération militaire spéciale» en Ukraine, ouvrant la voie à une invasion du pays.

Un mois après le début des combats, c'est le scénario d'une guerre longue qui se profile. Etat des lieux d'une guerre que l'Europe et le monde suivent, en retenant leur souffle.

Situation sur le terrain

Au 23 mars 2022, l'armée russe ne contrôle qu'une petite partie du territoire ukrainien. Déployées au nord-est du pays, les troupes de Vladimir Poutine ont pour l'instant échoué à prendre les villes de Tchernihib, Samy et Kharkiv.

Le commandement russe est en train de «remplacer les attaques directes par un siège d’artillerie», indique dans son bulletin du 23 mars

La capitale, Kiev, est menacée au nord-ouest et à l'est mais l'avancée russe semble au point mort. Le commandement russe est en train de «remplacer les attaques directes par un siège d’artillerie», indique dans son bulletin du 23 mars l'ancien colonel et spécialiste militaire Michel Goya. Le but, «maintenir la capitale à portée de canon».

Fait notable, «les contre-attaques ukrainiennes se multiplient» à l'ouest de Kiev. «On peut se demander si les forces ukrainiennes ne sont pas en train de prendre l’initiative opérationnelle», interroge l'expert.

La situation au sud est plus favorable aux Russes. L'armée a pris le contrôle d'un territoire situé au-dessus de la Crimée annexée en 2014 et s'est emparée de Kherson, seule grande ville ukrainienne entièrement aux mains des Russes. Bombardée depuis des semaines, Marioupol n'est pas encore tombée. La prise de cette ville permettrait aux Russes d'opérer la jonction entre les régions séparatistes du Donbass et la Crimée. Vers Odessa (à l'ouest), et Zaporijia (au nord), la progression semble interrompue.

Un drame humanitaire

Les efforts russes se poursuivent dans la région du Donbass, contrôlée en partie par les séparatistes pro-russes, notamment en direction de la ville de Severodonetsk.

Selon un décompte de l'ONU dévoilé le 13 mars, 636 personnes ont péri et 1.125 ont été blessées depuis le début du conflit

Les civils ne sont pas épargnés par la guerre, malgré les promesses russes de ne pas s'en prendre à eux. La situation est particulièrement critique à Marioupol. Plus de 100.000 hommes, femmes et enfants sont pris au piège sous une pluie de bombes russes, manquant d'eau, de nourriture et de soins. Une maternité, puis un théâtre où s'abritaient plus d'un millier de civils ont été bombardés. L'Union européenne a dénoncé «un crime de guerre majeur».

Il est difficile d'établir un bilan des pertes civiles. Selon un décompte de l'ONU dévoilé 13 mars, 636 personnes ont péri et 1.125 ont été blessées depuis le début du conflit, un décompte «sans doute très inférieur à la réalité».