Difficultés d' accès au FAFCI : Des femmes de Guitry et de Yocoboué lancent un appel à Dominique Ouattara

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Afrique & Monde

Un grand nombre de femmes de Yocoboué, sous-préfecture du département de Guitry, dans la région du Loh Djiboua, dénoncent des pratiques tendant à les empêcher d’avoir accès aux services du Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI).

Le fonds qui donne droit à des prêts à taux réduits pour aider les femmes à créer des activités génératrices de revenus ou à renforcer des activités serait utilisée à des fins politiciennes dans le département. Selon les plaignantes, les dossiers sont traités avec discrimination selon qu’on est proche de telle ou telle autre personnalité et il ne ferait surtout pas bon d’être un soutien de la députée de la circonscription de Yocoboué et Lauzoua, l’honorable Nadine Gnéba.

Plaidoyers

Les témoignages ne manquent pas qui mettent à nu les machinations utilisées pour exclure ces femmes du processus d’accès au fonds.   « En 2015, quand le fonds a été mis à disposition des femmes pour la première fois à Yocoboué, on n’a pas connu tout ce qui se passe aujourd’hui. Celles qui le voulaient ont pu monter des dossiers et ont pu bénéficier de prêts. Mais aujourd’hui, il y a trop de choses. C’est de bouche à oreille que les femmes sont informées dans un réseau. De ce fait plusieurs femmes et associations de femmes n’ont pu être informées à temps de la disponibilité du fonds. Du coup, nous qui sommes les partisanes de l’honorable Gneba, nous sommes écartées », accuse Brigitte Diecket, la présidente du mouvement 1000 femmes pour Nadine à Yocoboué.

Alors qu’il fallait s’inscrire à la sous-préfecture puis à la COOPEC pour remplir les formalités et bénéficier des prêts en 2015, les femmes plaignantes dénoncent le manque de clarté dans les procédures d’octroi de prêts FAFCI. Celles qui ont eu droit à l’information s’inscrivent dans un certain réseau. Ces derniers se chargent d’acheminer la liste qu’ils auront voulue auprès de la COOPEC.

À Guitry, la situation est similaire, ajoute Wohi Agnès, une commerçante de la localité qui relève qu’un grand nombre de femmes qui ont vu à chaque fois leurs dossiers rejetés pendant qu’un petit groupe de privilégiées profite pour faire de la spéculation. Kipré Gisèle qui espère bénéficier un jour d’un deuxième prêt, après un précédent qu’elle a remboursé entièrement, appelle ceux qui gèrent les fonds mis à disposition par la Première dame Dominique Ouattara à éviter d’ajouter la politique à l’affaire, au risque d’accentuer les souffrances des femmes qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Nous, nous ne sommes pas politiciennes, nous voulons juste travailler. Nous devons tous avoir accès aux prêt pour faire nos activités

« Il ne faudrait pas que l’octroi des prêts repose sur la politique. Nous, nous ne sommes pas politiciennes, nous voulons juste travailler. Nous devons tous avoir accès aux prêt pour faire nos activités. Laissez la politique loin de cet argent car c’est notre Maman la première Dame qui veut nous aider. Ayez pitié de nous », plaide Gbézé Didiane.

Sa préoccupation est partagée par Mme Diecket Chantale et Mme Camara Clémentine que nous avons interrogées et qui demandent des éclairages sur les critères d’éligibilité et les frais afférents qui s’allongent au fil du temps. Mme Camara s’indigne ainsi qu’il soit demandé à chaque femme une contribution de 2000 Fcfa pour l’organisation d’une cérémonie qui serait liée aux fonds et qui se tiendrait le samedi 26 novembre à Yocoboué.  Interpellé sur les préoccupations des femmes, le chef d’agence de la COOPEC de Guitry, M. Nguettia Richard, s’est étonné de ces accusations, expliquant que c’est avec la plus grande clarté qu’il gère le dossier d’octroi des fonds FAFCI aux femmes de Guitry et des sous-préfectures environnantes.

Quand les fonds sont mis à disposition, tout le monde est informé, celles qui sont intéressées s’inscrivent pour participer à la formation

« Quand les fonds sont mis à disposition, tout le monde est informé, celles qui sont intéressées s’inscrivent pour participer à la formation, monter des dossiers et quand elles sont retenues, chaque bénéficiaire se rend dans les locaux de la COOPEC pour percevoir individuellement les ressources », soutient le directeur d’agence. Il précise que pour cette année 2022, ce sont des fonds de l’ordre de 150 millions Fcfa qui ont été octroyés pour aider les femmes. Les deux premières tranches de 50 millions chacune, entièrement absorbées, ont profité à l’ensemble des localités quand la troisième tranche, 50 millions également, a été destinée exclusivement à la localité de Yocoboué qui était insuffisamment couverte, compte tenu de la distance qui la sépare de Guitry, le chef-lieu de département qui abrite l’agence de la micro-finance.

 « Nous attendons une autre vague de fonds FAFCI qui sera destinée à toutes les femmes du département. Nous ne faisons pas de discrimination », ajouté M. N'guettia Richard. Il déplore même que les femmes traînent les pieds quand il y a de la liquidité tout en faisant remarquer que certaines ont contracté des prêts mais n’arrivent pas à rembourser l’argent à échéance. Tout naturellement, ces femmes ne peuvent bien évidemment pas solliciter de nouveaux prêts. Relativement aux accusations de rançonnement, il exclut toute possibilité que cela relève de ses services, relevant que les femmes sont regroupées au sein d’une association.