Gestion des ressources halieutiques : La Côte d'Ivoire se dote de solutions innovantes pour lutter contre la piraterie halieutique

Economie
Publié le Source : Linfodrome
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Favorable au développement de populations pélagiques, parmi lesquelles dominent les sardinelles qui constituent l’une des ressources halieutiques importantes, le milieu marin ivoirien, est confronté au quotidien à la piraterie halieutique. Chose qui a un fort impact sur les capacités du pays à faire face à la demande nationale en poisson estimée 360.000 tonnes, l’année.

Dans le souci de faire face à cette situation, la Côte d’Ivoire a lancé le mercredi 24 février 2020 à Abidjan-Cocody, le projet TéléSig-Pêche. Un projet qui devrait à terme permettre au pays d’avoir une meilleure visibilité dans la gestion de ses ressources halieutiques. De façon pratique, Il s’agira, de détecter à partir d’images satellitaires, la position de bateaux en activité dans la Zone économique exclusive (Zee) de 200.000 km2 dans laquelle se pratique la pêche maritime.

Initiative financée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à travers le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (Fonsti), le projet TéléSig-Pêche sera conduit par Prof. Kassi Jean-Baptiste, enseignant-chercheur au Centre universitaire de recherche et d’application de télédétection (Curat) de l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan-Cocody. Il envisage dans les prochains jours cartographier les zones de pêches, à l’effet de détecter les bateaux pirates dans les eaux ivoiriennes.

« Chaque bateau qui rentre dans notre zone de pêche doit avoir en principe un transpondeur qui a un système de positionnement automatique pour permettre à ceux qui surveille nos zones de savoir les positions de chaque bateaux. Or plusieurs bateaux sont dans nos eaux, pêchent sans avoir de transpondeurs et d’identifiants. A partir des images satellitaires, on va cartographier pour détecter les bateaux pirates.», a expliqué Dr Kassi Jean-Baptiste. Qui souhaite une implication des entreprises du secteur marin dans la réussite de ce projet.

Emu des prouesses réalisées par le Curat, Prof. Affian Kouadio, vice-président de l’Université Félix Houphouët Boigny, chargé de l’enseignement et de la pédagogie, a indiqué qu’à travers ce projet, son institution entend se rapprocher du quotidien des populations. « L’université soutient ce centre depuis sa création en 1995. Aujourd’hui, nous tournons les recherches vers l’intérêt des populations. Il faut faire en sorte que l’université ne reste pas dans l’abstrait, qu’on ne dise pas que ce sont les gens qui sont là-bas qui divaguent. Il faut faire des choses qui intéresse la société, en l’occurrence ce projet qui touche à la pêche, qui touche au pouvoir d’achat des populations.», a laissé entendre prof. Affian. Avant de s’appesantir sur l’apport de la télédétection dans la recherche de solutions contre la piraterie halieutique.

« La télédétection est un outil qui permet d’avoir des informations sur un objet sans qu’on ne soit en contact direct avec l’objet. Ce projet qui traite de l’océan va pouvoir permettre d’avoir des informations sans qu’on soit en contact avec l’eau. La télédétection permet d’avoir une vue d’ensemble des choses, un champ plus vaste. Tout cela concoure à faire en sorte, de pouvoir optimiser et protéger nos ressources dans une dynamique de développement durable. C’est un moyen pour nous en tant qu’universitaire d’apporter notre pierre à l’édifice de la protection de nos ressources. L’université ne peut pas aujourd’hui rester dans sa tour d’ivoire et suivre des problématiques qui ne concernent que l’œuvre de l’esprit. Nous voulons apporter une valeur ajoutée au quotidien des populations. Notre vision est de faire de l’université, une université performante, citoyenne et ouverte sur le monde.», a martelé le vice-président de l’Université FHB.

 

Maxime KOUADIO