Agriculture numérique : L'Afrique est en passe de devenir une plaque tournante mondiale pour l'agritech

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Publié le Source : Linfodrome
agriculture-numerique-l-afrique-est-en-passe-de-devenir-une-plaque-tournante-mondiale-pour-l-agritech Le secteur agricole africain devrait connaître une croissance exponentielle au cours de la prochaine décennie.

Dans un communiqué reçu le lundi 31 mai 2021, il a été mentionné qu'une étude commandée par Microsoft et réalisée par Africa Practice, le secteur agricole africain devrait connaître une croissance exponentielle au cours de la prochaine décennie. Avec une valeur attendue de 1 trillion USD à l’horizon 2030, le continent est en passe de devenir le centre mondial des solutions agritech.

Microsoft estime que l’agriculture représente un secteur clé pour l’Afrique, puisqu’elle assure 70 % des moyens de subsistance dans le continent. Le développement de solutions agritech permettra de favoriser la généralisation d’une agriculture plus précise, mieux connectée et basée sur des données fiables. De telles solutions contribueront à aider les agriculteurs à travers toute l'Afrique à mieux optimiser leurs rendements, mais aussi à stimuler leur productivité agricole et à augmenter leur rentabilité.

En s'appuyant sur son vaste réseau de partenariats et d'initiatives, Microsoft, à travers son initiative 4Afrika, s'engage à faire en sorte que toutes les communautés agricoles soient équipées des tous derniers outils qui permettent d’améliorer la productivité et la durabilité, à l’instar de l'IA, de l'IoT et de l'edge computing. L'Afrique est donc en passe de devenir un leader mondial dans le domaine de l'agritech. Entre 2016 et 2019, le secteur agritech avait connu une croissance de 44 % en glissement annuel. Le continent avait aussi réussi à enregistrer le plus grand nombre de services agritech dans le monde en développement, touchant ainsi plus de 33 millions de petits exploitants agricoles à ce jour.

L'agriculture représente déjà 14 % du PIB en Afrique et 52 % de la main-d'œuvre du continent. La croissance rapide de la classe moyenne sur le continent devrait entraîner une augmentation de la demande en produits frais, tandis que la mise en œuvre de l'accord de libre-échange continental africain (AfCFTA) devrait contribuer à stimuler le commerce intra-africain à hauteur de 49 %. Grâce à des investissements accrus au niveau des intrants, mais aussi au niveau des installations de stockage et des infrastructures d'irrigation, l'Afrique devrait réussir à tripler sa production agricole à l’horizon 2030. Le Covid-19 a rendu l'interaction numérique essentielle

Les petits exploitants agricoles représentent 80 % de la communauté agricole, et l'on prévoit que jusqu'à 200 millions de petits exploitants devraient commencer à adopter des solutions agritech à partir de 2030. La connectivité mobile devrait atteindre plus de 55 % avant 2030, contre 45 % actuellement, ce qui signifie que plus de 85 % des petits exploitants agricoles pourraient commenceront à utiliser des smartphones et à recourir à des solutions mobiles. Ce point est essentiel, étant donné que de nombreux petits exploitants agricoles ne disposent pas d'un pouvoir d'achat suffisant et vivent dans des zones reculées et difficiles à atteindre. Les entreprises agroalimentaires fournissent des services techniques à ces agriculteurs, en mettant à leur disposition des outils numériques.

Compte tenu des restrictions de mouvement imposées par le Covid-19, il est devenu essentiel d'interagir avec les agriculteurs par voie numérique. L'année dernière, l'utilisation de l'argent mobile, des plateformes de commerce électronique, du big data et des services de vulgarisation en ligne, avaient enregistré une croissance considérable au niveau de l’ensemble du continent. Les restrictions de mobilité liées à la crise sanitaire ont vu davantage d'agriculteurs et d'entreprises agroalimentaires se tourner vers les plateformes de commerce électronique, renforçant ainsi les chaînes de distribution. Les solutions agritech ont un impact direct sur la vie des agriculteurs. Twiga Foods relie les petits exploitants agricoles des zones rurales du Kenya aux vendeurs informels de détail qui sont présents dans les villes. Grâce à la plateforme mobile d'approvisionnement alimentaire interentreprises de Twiga, les vendeurs peuvent commander des produits frais auprès des agriculteurs du Kenya à des prix très compétitifs. Un autre partenaire de 4Afrika, NFrnds, propose, via mobile, des solutions numériques de subsistance aux agriculteurs et aux petits exploitants en Afrique, ainsi que sur d'autres marchés émergents. La plateforme fournit des informations vitales aux utilisateurs, tout en générant une véritable communauté d'agriculteurs qui travaille en réseau et qui se soutient mutuellement. Elle donne également accès à ces agriculteurs à des services financiers à des segments de marché traditionnellement mal desservis par les banques et par les assurances. Le changement climatique favorise le développement de pratiques agricoles durables.

Les effets néfastes du changement climatique ont mis en évidence la nécessité d'adopter des pratiques agricoles durables et respectueuses du climat. Des outils efficaces ont été mis en place pour veiller à ce que les pratiques durables puissent favorablement impacter les petits exploitants agricoles. Il est donc plus que jamais nécessaire d'adopter des pratiques agricoles encore plus durables, et ce à travers des solutions technologiques nettement plus innovantes. Les services de vulgarisation destinés aux petits exploitants agricoles permettent de fournir des informations et de déployer des stratégies pertinentes. Le développement de plateformes de big data est un moyen de tenir informés les agriculteurs sur les meilleures pratiques dans le domaine agricole.

SunCulture a identifié l'accès à l'eau comme étant le plus grand défi pour les agriculteurs, d’autant plus que le premier produit qu'ils ont développé était une pompe à énergie solaire servant à la micro-irrigation. Par le biais de l'agriculture de précision, Microsoft soutient SunCulture via le déploiement d’une plateforme IoT dédiée et à travers des outils d'apprentissage automatique tels que Azure. Ces outils permettent de proposer aux agriculteurs des recommandations directement sur leur téléphone portable, mais aussi des solutions personnalisées, les aidant ainsi à devenir des agriculteurs encore plus productifs. S’exprimant à ce sujet, Richard Kiplagat, directeur de groupe et directeur général de l'Afrique de l'Est pour Africa Practice, a déclaré: " Dans toute l'Afrique, la transformation agricole est bel et bien entrain de s’opérer.

La possibilité pour le secteur de relever certains des défis les plus pressants, notamment la sécurité alimentaire, l'inégalité des revenus et les moyens de subsistance auprès d’une population jeune et en croissance rapide, est immense. La grande question est de savoir comment catalyser un tel élan, compte tenu notamment de l'urgence d'une reprise rapide après la crise. Nos résultats démontrent clairement que les technologies agricoles sont très prometteuses et constituent un outil efficace destiné à améliorer la productivité, la prise de décision et l'accès aux marchés. Africa Practice se réjouit des résultats de l'étude et de son potentiel à contribuer à la croissance du secteur agricole sur le continent."

Pour sa part, Amrote Abdella, directeur régional de Microsoft 4Afrika, a déclaré: "La technologie a le potentiel de changer le visage de l'agriculture à travers l’utilisation d’outils et de plates-formes intelligents destinés à améliorer l'agriculture de précision, mais aussi la prévision des schémas météorologiques et l'optimisation de l'utilisation des rares ressources en eau. En exploitant l'agrotechnologie, nous pouvons contribuer à résoudre les problèmes les plus urgents qui sont liés à la sécurité alimentaire, et donc à atteindre l'objectif de développement durable n° 2 fixé par les Nations unies, à savoir "Faim zéro". Nous sommes ravis de travailler avec nos partenaires à l'élaboration de solutions technologiques adaptées au contexte local, qui tiennent compte des défis auxquels les agriculteurs locaux sont confrontés et qui leur offrent des solutions pour pouvoir produire un impact qui soit significatif et positif".