Désinformation en ligne en période électorale : Les recommandations de l’Oidh au gouvernement, à la Cei, aux politiques et à la société civile

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desinformation-en-ligne-en-periode-electorale-les-recommandations-de-l-oidh-au-gouvernement-a-la-cei-aux-politiques-et-a-la-societe-civile L’Oidh veut prendre une part active dans la lutte quotidienne contre les fausses informations en ligne, pour des élections apaisées dans le pays.
Politique

L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (Oidh) a fait de nombreuses recommandations qui s’inscrivent dans le cadre de son projet de lutte contre les fausses informations qui circulent en ligne à l’approche de la présidentielle prévue en octobre 2020 en Côte d’Ivoire. Ce projet débuté le 01 juin 2020 s’étendra sur 8 mois jusqu’en 2021.

L’Oidh a adressé des recommandations au gouvernement Hamed Bakayoko, à la Commission électorale indépendante (Cei), aux acteurs politiques ainsi qu’à la société civile ivoirienne.

Elle l’a fait par la voix de Gnoka Mauriac, chargé de programme à l’Oidh de l’initiative dénommée « Projet de monitoring de la désinformation en ligne en période électorale ». C’était à l’occasion d’un point-presse tenu au siège de l’Oidh ce vendredi 28 août 2020 à Abidjan-Cocody. Les recommandations de l’Oidh font suite à une étude menée sur la question du 01 juin au 16 août 2020.

 Gouvernement

Au gouvernement ivoirien, Gnoka Mauriac a demandé de maintenir le dialogue politique avec l’ensemble des parties prenantes au processus électoral « afin de lever les écueils et défis liés à ce processus ». Il a également conseillé d’envisager des mesures répressives « afin de protéger les femmes engagées en politique et qui pourraient être la cible de campagnes de désinformation humiliantes ou portant atteinte à leur dignité ou leur réputation sur les réseaux sociaux ». Selon lui, le gouvernement Hamed Bakayoko doit garantir un accès équitable des médias publics à l’ensemble des sensibilités politiques du pays.

Acteurs politiques

Gnoka Mauriac, par ailleurs secrétaire général adjoint de l’Oidh, a exhorté les acteurs politiques à « s’abstenir des discours et actes susceptibles de fragiliser la cohésion sociale ou détériorer le climat socio-politique ».

Il les a aussi invités à prendre des mesures nécessaires pour éviter la propagation ou la diffusion de fausses informations sensibles par des pages ou comptes relevant de leur responsabilité. Pour le chargé de programme à l’Oidh, les acteurs politiques doivent « sensibiliser et former leurs militants et abonnés (followers) sur les bonnes pratiques démocratiques et sur une culture démocratique sensible au concept du genre ».

 Cei

Au niveau de la Cei, Gnoka Mauriac a préconisé de « communiquer davantage » sur la conduite des différentes étapes du processus électoral. L’objectif ici est de « rassurer l’ensemble des populations sur la transparence du processus qu’elle conduit ».

Société civile

Selon Gnoka Mauriac, les acteurs de la société civile doivent mieux promouvoir l’éducation aux médias et à l’information. Il les a invités à « contribuer à l’éducation des usagers des réseaux sociaux en les sensibilisant aux méfaits de la désinformation électorale et à la culture démocratique ». Le secrétaire général adjoint de l’Oidh leur recommande de créer des tribunes d’échanges citoyens sur les réseaux sociaux pour « sensibiliser les usagers à la culture démocratique et la paix ».

 Administrateurs des plateformes en ligne

Le secrétaire général adjoint de l’Oidh a aussi envoyé un message aux administrateurs des plateformes ou fora de discussion à caractère politique et des pages de proximité. Il leur a recommandé entre autres, de «  prioriser les contenus sourcés, et d’élaborer une charte commune incluant des sanctions contre les membres de leur fora qui publient des discours haineux, xénophobes, sexistes ou les fausses informations de nature à troubler l’ordre public ».

 Presse en ligne

Gnoka Mauriac a parlé du rôle que doit jouer la presse en ligne dans la lutte contre la désinformation en ligne. Aux acteurs des medias publics et des sites d’information en ligne il a demandé de « couvrir l’actualité socio-politique et électorale en observant scrupuleusement les principes, les règles déontologiques et éthiques régissant la fonction journalistique ».

Le secrétaire général adjoint de l’Oidh a souhaité que la presse numérique contribue fortement au renforcement de la cohésion sociale et à un climat électoral apaisé en Côte d’Ivoire. Pour lui, cette presse doit « contribuer à la formation et l’éducation des populations à la culture démocratique et à la paix ».

 

Eddy BIBI