Procès- Tribunal criminel: Des membres de la sécurité de Soro le dédouanent

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proces-tribunal-criminel-des-membres-de-la-securite-de-soro-le-dedouanent Plusieurs proches de Guillaume Soro comparaissent devant le tribunal criminel.
Politique

La 4e journée du procès de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro, et de ses proches, s'est tenue, hier mercredi 2 juin 2021, au palais de justice d'Abidjan-Plateau. Les détenus, sous haute escorte policière, ont été conduits et installés dans la salle d'audience sur des chaises à quelques centimètres de la barre peu avant 13 heures.

Le juge-président du tribunal criminel, Charles Bini, ses assesseurs ainsi que le procureur de la République, Adou Richard et les conseils de l'État de Côte d'Ivoire et ceux de la défense, ont fait successivement leur entrée dans la grande salle d'audience du tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau.

Top départ, le procès était ouvert ! Aussitôt les prévenus Alain Lobognon, ancien ministre des Sports, Kamaraté Souleymane dit Soul to Soul, directeur de protocole de Guillaume Soro, les frères cadets du président de Générations et peuples solidaires (Gps), Simon et Rogobert Soro, ont été conduits hors de la salle par les forces de l'ordre. Pour cette 4e journée, cinq membres de la sécurité de Guillaume Soro comparaissaient : Bamba Souleymane, Kamagaté Adama, Fofana Kouakou, Dosso Seydou, tous des sergents-chefs de l'armée ivoirienne détachés à la sécurité de l'ancien Premier ministre, avec à leur tête, le commandant Jean-Baptiste Kassé Kouamé. Tous ont nié avoir participé à un coup visant à déstabiliser la Côte d'Ivoire. Cependant, ils ont reconnu, pour la plupart, être allé à la résidence privée de Guillaume Soro, pour se débarrasser des armes en l'occurrence de kalachnikovs sur instruction de leur responsable, Jean-Baptiste Kouamé.

« Le 23 décembre, je me suis rendu à Assinie. Nous sommes allés jeter des armes à l'eau dans la lagune. Je suis allé avec le chauffeur de M. Zébré, moi j'étais assis devant et j'avais les armes entre mes jambes », a fait savoir Seydou Dosso, sergent-chef en service à la Garde républicaine. Avant de souligner : « j'ai reçu l'ordre du commandant Kassé d'aller jeter les armes à Assinie dans la lagune pour les détruire. J'ai pris juste quelques kalachnikovs ». Le membre de la sécurité de Guillaume Soro a, tout comme les autres, fait savoir qu'en dehors du commandant duquel il répondait, il n'avait reçu d'ordre de personne d'autre. « Le commandant Kassé nous a dit d'aller jeter les armes pour les détruire pour de bon. Nous n'avons pas reçu d'ordre de quelqu'un d'autre. Nous n'avons pas reçu des ordres d'un homme politique. Je n'ai pas reçu des ordres du patron (Guillaume Soro, Ndlr) », a-t-il dit.

Répondant à la préoccupation du juge-président relativement au choix d'Assinie et, plus précisément, la résidence de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Seydou Dosso a affirmé ne connaître que cette résidence étant donné qu'il y travaillait. « Affirmatif, nous sommes allés dans la résidence du patron pour jeter les armes dans la lagune. C'est la résidence que je connais mieux, je ne pouvais pas rentrer ailleurs. Je ne pouvais pas aller chez le voisin pour faire ça. C'était le lieu qu'on maîtrisait le mieux. C'était le lieu indiqué », a-t-il expliqué.

Auparavant, le commandant Jean-Baptiste Kassé Kouamé avait reconnu avoir demandé à ses éléments d'aller à son bureau qui se trouvait dans les bureaux annexes de l'ancien Premier ministre pour y prendre les armes afin de les détruire. « Je leur ai dit d'aller dans mon bureau prendre de armes pour aller les détruire à Assinie et je reconnais avoir dit d'aller les jeter dans la résidence de Soro », a-t-il argué.

Le procès a été suspendu. Il reprend, aujourd'hui jeudi, à 10h30.

Rappelons que Guillaume Soro, tout comme sa collaboratrice, Me Affoussiata Bamba-Lamine, au nombre des accusés, ne sont pas présents au procès. Ils sont en exil.


Venance AKA