Agro-alimentaire /Tien Lenou Sonia (Lauréate du Prix Pierre Castel 2020) : « Le Prix PIERRE CASTEL est réel »


03/08/2020
Agro-alimentaire /Tien Lenou Sonia (Lauréate du Prix Pierre Castel 2020) : « Le Prix PIERRE CASTEL est réel »
Le produit que nous avons présenté est la purée de piment conditionnée dans des pots de verre.

La Gérante de la Société Coopérative Féifê (SOCOFE), Tien Lenou Sonia, est la lauréate du Prix Pierre Castel 2020. Le Prix Pierre Castel soutient chaque année des entrepreneurs qui participent au développement socio-économique de leur pays, dans les secteurs de l'agriculture et de l'agroalimentaire.Mlle Tien Lenou bénéficiera d'un chèque de 10 millions f. cfa et d'un coaching personnalisé.

Quel sentiment éprouvez-vous en tant que lauréate du Prix Pierre Castel 2020 ?

C'est une très grande joie. C'était inespéré dans la mesure où nous sommes dans un domaine où il est souvent compliqué de se voir octroyer des prêts de la part des structures bancaires. Nous avons fondé beaucoup d'espoir dans le Prix Pierre Castel. A la victoire finale, c'est vraiment un sentiment de très grande joie qui nous anime. Non seulement, à titre personnel, mais pour toutes les femmes qui sont avec nous dans cette activité.

Quelles sont les particularités du produit que vous avez présenté ?

Le produit que nous avons présenté est la purée de piment conditionnée dans des pots de verre. Notre activité, c'est la transformation des produits vivriers. Il y a plusieurs produits que nous transformons. Nous avons présenté spécifiquement ce produit pour lequel nous avons eu plusieurs formations. C'est un produit prêt à la consommation. Il vient accompagner les grillades, les fritures etc. Derrière ce produit, il y a des femmes, qui sont à plus de 400 km d'Abidjan, qui travaillent, font la production de ce piment. Ces femmes n'ont jamais espéré que leur produit se trouverait dans un conditionnement de ce type et serait vendu dans des grandes villes. L'une des particularités, pour nous, c'est le travail qui a abouti au produit final.

Quelle était votre ambition en prenant part à ce concours ?

C'était d'avoir notre unité de transformation. A l'origine, nous faisons la vente de produits vivriers. Nous avons connu beaucoup de problèmes notamment le pourrissement des produits, la façon d'acheter les produits sur le marché qui ne nous convenait pas alors que le travail du vivrier n'est pas facile. On avait des produits qui n'étaient pas écoulés, et qui pourrissaient. Quitter Vavoua, gagner Abidjan, et vendre les produits, n'était pas chose évidente si bien que nous avons décidé de passer à la transformation de nos produits. Une partie des produits est vendue, une autre partie est transformée. Ce qui a été le déclic et nous a amené à participer au Prix Pierre Castel, c'est qu'avec la crise sanitaire liée au coronavirus, la structure qui avait mis son unité de transformation à notre disposition a dû fermer. Le site ne se trouve d'ailleurs pas à Abidjan. L'usine ayant fermé, nous nous sommes retrouvées à la case départ. C'est-à-dire que nous acheminons nos produits à Abidjan. Nous en faisons la vente, et les invendus pourrissent parce que nous n'avons pas d'unité de transformation.Grâce au Prix Pierre Castel, nous aurons notre petite unité de transformation.

Que représente, pour vous, le Prix Pierre Castel ?

C'est une énorme bouffée d'oxygène. C'est une opportunité inespérée. Ce Prix nous permettra d'avoir notre petite unité de transformation. Cela aura des suites particulièrement positives pour notre activité. Non seulement cela va créer des opportunités d'emplois mais le Prix permettra de régler le problème que nous tentions de résoudre de longue date, c'est-à-dire le pourrissement des produits. Pour nous-même, il y aura de nombreuses opportunités. Il nous sera possible, par exemple, d'envisager du compost avec les résidus que nous obtiendrons.

Quel était votre état d'esprit lors des différentes étapes du concours ?

J'étais confiante. Pour moi, tous les participants avaient de bons projets. Mais, je croyais en mon projet. Je me disais qu'il était vital que nous ayons une unité de transformation. Je n'ai pas participé à ce concours en ayant un esprit défaitiste ou avec la peur au ventre.

Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes désireux de participer au Prix Pierre Castel ?

Ce que je peux donner comme conseils aux jeunes, c'est de participer à ce concours parce qu'il est réel. L'un de nos problèmes en Côte d'Ivoire, lorsque des concours sont initiés, c'est que nous n'avons pas de bonnes informations. On entretient des préjugés sur les concours d'une manière générale. Je voudrais encourager les jeunes et leur dire que le Prix Pierre Castel est réel. Il nous ouvre des horizons. En ce qui nous concerne par exemple, notre produit n'est, certes, pas en grande surface, mais avec le Prix Pierre Castel, nos opportunités se sont multipliées. Déjà, lorsque nous étions finaliste et que SOLIBRA a commencé la communication autour du Prix, de nombreuses personnes ont tout de suite manifesté de l'intérêt pour ce que nous faisons. Des commandes ont été passées, des supérettes ont voulu voir le produit...Nous n'étions que finaliste. Lorsque nous avons été déclarée lauréate, c'est devenu plus impressionnant. Nous bénéficions de la renommée du Prix Pierre Castel et de SOLIBRA. Sans même avoir essayé le produit auparavant, des personnes ont passé des commandes. Il y a aussi des gens qui souhaitent travailler avec nous, y compris en dehors de la Côte d'Ivoire. Une cliente du Sénégal a décidé de signer un partenariat avec nous pour prendre des produits. Il y a un contact en France qui s'est manifesté. Nous avions participé, à l'époque, au salon de l'agriculture, avec les mêmes produits. Le contact était hésitant à travailler avec nous parce que c'était notre première participation. Mais quand cette personne a vu, à travers les médias, que nous sommes lauréate du Prix Pierre Castel, elle nous a envoyé des courriers dans le sens d'un partenariat. Tout cela pour expliquer que le Prix Pierre Castel en lui-même vous fait de la publicité.J'encourage les jeunes, tous ceux qui croient en leurs projets, à participer au Prix Pierre Castel.

Jonas BAIKEH

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  • SOURCE: Linfodrome

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