Élections locales violentées

La Côte d'Ivoire craint 2015, souffrance pour les pro-Gbagbo


26/04/2013
Toujours dans la mouvance des élections locales, nous donnerons le rang des différentes parties engagées et les raisons du blocage de certains résultats. À côté de cela, nous parlerons de la situation de Gbagbo et de ses proches. Bienvenue sur linfodrome.com pour la revue de presse. Bonne lecture !

Rang des parties après les premiers résultats

« PDCI, RDR, Indépendants…voici la vérité des urnes », tel est le titre à la Une de L’Expression. Qui pèse quoi ? pose t-il comme question avant de donner les résultats obtenus par chacun de trois groupes. Les indépendants viennent en tête avec 72 postes de mairies, suivis du RDR (68), du PDCI (48), du RHDP (4) et de l’UDPCI (6). Au niveau des régionales, les résultats sont les suivants RHDP (9), RDR (9), Indépendants 6, PDCI (4), UDPCI (1). Au regard de ces résultats, Le Patriote affiche à la Une : « RDR, 1er parti de Côte d’Ivoire », en précisant que plus de 80% des Indépendants sont issus du RDR. Et le dire n’a rien de prétentieux encore moins de la fanfaronnade, assure le journal. Parmi ces Indépendants vainqueurs, treize (13) sont issus du Front Populaire Ivoirien (FPI), apprend-on. Quant à Le Nouveau Réveil, tout en publiant tous les résultats « déjà » proclamés par la Commission Électorale Indépendante (CEI), il informe que l’Institution a adressé un courrier au Président Ouattara pour lui demander des garanties afin de pouvoir proclamer les résultats des cinq localités restantes. Youssouf Bakayoko a également saisi les ministres de l’Intérieur et de la Défense pour la même raison. Ces élections qui sont les dernières du cycle électoral sont censées donner la stabilité politique au pays. Malheureusement le FPI n’y a pas participé. L’inter fait savoir que l’Ong Crisis Group a prévenu que « l’exclusion des pro-Gbagbo produira les mêmes effets ». L’analyste principal de cette Ong, Rinaldo Depagne, a relevé que « l’arrestation de Gbagbo n’a pas réglé la crise ». Il affirme que si « le Président Ouattara a donné confiance aux bailleurs de fonds, (…) le pouvoir concède peu et réprime beaucoup, plaçant sur le même plan les combattants, les militants et les électeurs du camp adverse ».

Des résultats encore bloqués

« Cinq jours après les élections, une région et trois communes attendent toujours leurs résultats », c’est ce qu’écrit Fraternité matin. Il s’agit de Mankono, de Doropo et de Treichville pour les municipales et du Cavally pour les régionales. Le Nouveau Réveil ajoute la mairie de Kongasso. A en croire ces deux quotidiens, la CEI est à pied d’œuvre pour livrer les résultats, car le président de cette Institution fera le point final aujourd’hui même. Mais pourquoi la proclamation finale des résultats tarde, cinq jours au lieu de trois, s’est interrogé L’Intelligent d’Abidjan. La réponse, ce sont les contestations, souvent violentes. Au vu des violences constatées lors de ces élections entre partis alliés, « une élection presque familiale », d’après le journal, il estime que « ça ne sent pas bon pour 2015 ». Et si ces municipales et régionales préfiguraient les présidentielles à venir ? demande encore le journal. Ces présidentielles où tous les partis, y compris le FPI, se préparent à présenter des candidats contre Ouattara, s’annoncent comme un cocktail explosif, avertit-il. Pour Soir Info, la CEI a « une responsabilité coupable » dans les contentieux électoraux. Il révèle « de graves défaillances » de l’Institution. Il dénonce un système poreux, des scrutins organisés sans aucun souci de transparence et d’équité dans le fonctionnement de la CEI. Parmi les défaillances, il a cité le manque de maîtrise des bulletins et de procès verbaux de vote. Car des agents de la CEI avaient des PV vierges, d’autres les signaient eux-mêmes en lieu et place des représentants des candidats. En outre, des agents de la CEI se sont transformés en militants, a souligné le journal.

Situation de Gbagbo et de ses proches

Les violences qui ont entouré les élections locales soulèvent la question de qui a gagné les élections présidentielles de 2010. Un proche de l’ex-président ivoirien, Demba Traoré, représentant du FPI aux Etats-Unis, affirme que Gbagbo n’a pas perdu les élections. Se présentant comme celui qui a gardé les billes électorales du président Laurent Gbagbo, il dit : « Je sais de quoi je parle. Mais je ne parle pas jusque-là des élections, parce qu’il y a un procès en cours. Vous savez, quand les expressions comme ‘‘y a rien en face’’ ou ‘‘c’est maïs’’ deviennent des arguments dans un tribunal de crimes contre l’humanité, il faut faire attention à ce que l’on et à ce que l’on écrit », partage Le Nouveau Courrier. Quant au procès, Notre Voie relève un complot en préparation contre Gbagbo, relativement à l’affaire « Me Kaufman contre Me Altit ». Cette affaire de mauvaise conduite professionnelle dont serait coupable Me Altit est vraisemblablement une accusation pour troubler le sommeil de l’avocat de Gbagbo, après qu’il ait donné le tournis à l’accusation lors de l’audience de confirmation des charges. Et pour cela, Kaufman est le bouc émissaire. Sinon comment comprendre que Kaufman qu’on dit être l’avocat de Blé Goudé peut attaquer l’avocat de Gbagbo, mentor de Blé Goudé, commente le journal. Les nouvelles ne sont pas bonnes pour Simone Gbagbo et Marcel Gossio Gossio, ex-D.G du Port Autonome d’Abidjan, non plus. La Cour de Justice Européenne (CEJ) a rejeté le recours en annulation du gel de leurs avoirs qu’ils ont introduits, font savoir les journaux.

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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