Détention prolongée à la CPI et gestion de Ouattara

Libération de Gbagbo exigée, mésentente au sein du pouvoir


26/06/2013
Difficultés entre Ouattara et ses ministres, position de Gbagbo à la CPI et la situation au PDCI-RDA sont les sujets de notre revue de presse de ce mercredi 26 juin 2013. Soyez les bienvenus chers amis de linfodrome.com et bonne lecture à tous !

Difficultés entre Ouattara et ses ministres

Le Président Alassane Ouattara est rentré, hier, de Yaoundé où il a pris part au sommet sur la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée, informe Fraternité Matin. Il y a tenu un discours que le journal rapporte. A ses pairs africains, le Président ivoirien a dit que « nous devons renforcer nos capacités opérationnelles par l’acquisition de patrouilleurs, d’équipements conséquents dont la mutualisation permettra d’affirmer de manière dissuasive notre présence commune en mer ». Depuis le Cameroun, le chef de l’État a réagi au problème entre lui et son ministre du Commerce Jean Louis Billon. « Je laisse Duncan gérer le cas Billon », lit-on à la Une de Nord-Sud Quotidien. En effet, sur la télévision camerounaise, Alassane Ouattara a déclaré que « je ne réponds pas à un ministre. Je laisse le Premier ministre gérer cela ». Toutefois, il a marqué sa désapprobation vis-à-vis de la position de son ministre contre la cession du terminal à conteneurs du Port d’Abidjan au groupe Bolloré. « Je pense qu’un ministre doit faire preuve de solidarité gouvernementale. Rassurez-vous, je ne ferai pas de commentaires ». Un autre dossier mine les relations entre le Président ivoirien et ses ministres. Il s’agit de la nationalité, à en croire L’inter qui titre : « la réforme de la nationalité divise Ouattara et ses ministres ». Le journal fait savoir que ce n’est pas aussi facilement que le projet de loi portant réforme sur la nationalité a été adopté en Conseil des ministres du 6 juin 2013. Des ministres s’y sont opposés, voyant en cela soit une manière de brader la nationalité ivoirienne ou des décisions à des fins électoralistes. Il s’agissait de la loi permettant à un étranger épousant une ivoirienne d’acquérir d’emblée la nationalité ivoirienne, et celle concernant l’acquisition de la nationalité par déclaration et qui touche aux personnes nées en Côte d’Ivoire avant 1960 et celles nées entre 1961 et le 9 janvier 1973. Dans Le Patriote, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamadou Coulibaly Gnénéma, a déclaré que « je suis celui qui a proposé au gouvernement ce texte qui tend à mettre en exécution les accords de Linas-Marcoussis ». C’est selon lui, pour éviter de tomber dans les situations qui ont entraîné le coup d’État et la rébellion de 2002.

Position de Gbagbo à la CPI

Selon une information rendue publique par la CPI, les avocats de Gbagbo ont fait appel de l’ajournement de l’audience de confirmation des charges contre leur client, rapporte Nord-Sud Quotidien. Pour Me Emmanuel Altit, la décision de la Chambre préliminaire I d’accorder un délai supplémentaire à la procureure Bensouda est une violation du droit de la Défense. Et pour cause, elle lui laisserait la latitude de prendre de l’avance sur la partie incriminée. Il soupçonne la Chambre de vouloir donner un coup de pouce à l’adversaire. Soir Info rend plus explicite l’approche de Me Altit. Dans ses colonnes, on lit que l’avocat a écrit : « l’ajournement ne se justifie pas quand les juges ont considéré que le procureur a entièrement et globalement failli. La seule solution logique consiste alors pour les juges de prononcer l’infirmation des charges et la libération de Laurent Gbagbo. Sinon serait trahi l’esprit du Statut et serait nié le sens de l’existence de la procédure de confirmation des charges ». Pour Me Altit, les juges devraient sanctionner Fatou Bensouda pour ses manques, pour n’avoir pas mené de « véritables enquêtes », plutôt que de faire payer au président Gbagbo « les défaillances du procureur » en allongeant sa détention. C’est pourquoi à sa Une, Notre Voie fait parler Me Altit en ces termes: « Libérez Gbagbo, un point un trait ». Vu que l’avocat a expliqué que « la défense estime que ces délais supplémentaires ne sont pas conformes aux exigences du procès équitable, notamment à l’obligation pour la Cour de s’assurer que la personne soit ‘’jugée sans retard excessif ’’ ». Et depuis sa prison à La Haye, « Gbagbo parle à Ouattara », informe Le Quotidien d’Abidjan. Son message est transmis par son gendre Stéphane Kipré qui l’a récemment visité. « Ouattara a tout intérêt à mettre fin à cette politique de vengeance et de haine. Et qu’il est du devoir de Ouattara de faire en sorte que les Ivoiriens se parlent et se rassemblent autour de la Côte d’Ivoire, parce que c’est ensemble qu’on rebâtira le pays », aurait dit Gbagbo.

Situation au PDCI-RDA

« Candidature contre Ouattara en 2015 : PDCI, pourquoi tant d’agitations ? ». C’est le titre à la Une de L’Expression. Pour le journal, le débat qui secoue le PDCI sur une candidature contre Ouattara en 2015 semble prématuré. Car l’histoire a démontré que les présidents qui pensent immédiatement à leur réélection, après leur arrivée au pouvoir, ne font jamais de bons mandats, préoccupés qu’ils sont par leur maintien au pouvoir. Or le PDCI et le RDR n’ont pas encore fait le bilan de leur cohabitation au sein du RHDP, après deux ans de pouvoir alors qu’il leur reste trois ans à faire. Et comme pour le PDCI tout va se jouer à son 12e congrès, le maire du Plateau, Akossi Benjo, a déclaré que « le congrès sera l’occasion pour nous de dire aux Ivoiriens et à l’ensemble de la communauté internationale ce que le PDCI veut de la Côte d’Ivoire et de toute la sous-région pour les prochaines décennies. Il ne s’agit pas de gérer de façon égoïste nos intérêts partisans, ethniques, claniques ou individuels », lit-on dans Le Nouveau Réveil. Sur la question d’un candidat PDCI face à Ouattara, le président du PDCI, Henri Konan Bédié, avait déclaré « qu’on ne change pas une équipe qui gagne », sans dire si oui ou non son parti présentera un candidat en 2015. La vérité sur ses positions est avancée par Le Mandat. Selon le journal, ce sont les pressions que subies le chef par ses partisans qui l’empêchent de se décider et, aussi le fait de ne pas vouloir passer pour celui qui veut trahir son parti au profit du RHDP ou vice-versa.

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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