Manque de sommeil : Voici ce qui explique l’insomnie chez les adultes  

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Santé

En prenant de l’âge, il est de plus en plus compliqué de dormir paisiblement. Une étude s’est penchée sur ce cas, et nous explique pourquoi le sommeil devient perturbé avec l’âge. Les résultats pourraient permettre de développer de meilleurs traitements afin d’aider les personnes victimes d’insomnies et de troubles du sommeil.

Il a été prouvé qu’avec l’âge, le sommeil était moins réparateur. À 65 ans, le rythme change. La nuit se fragmente, le délai d’endormissement s’allonge et le sommeil est souvent plus léger. Luis Lecea, en tête de cette récente étude publiée dans la revue scientifique américaine Science, a affirmé auprès de l'AFP que "plus de la moitié des personnes de plus de 65 ans se plaignent de la qualité de leur sommeil".

Sommeil : avec l’âge, on perd 38% d’hypocrétines

Le but de cette étude était de comprendre pourquoi les personnes plus âgées dorment moins bien. Les chercheurs se sont questionnés sur comment les circuits du cerveau intervenant dans le sommeil se dégradent avec le temps, chez les souris. L’expérimentation a été faite sur des souris jeunes (de 3 à 5 mois), et âgées (18 à 22 mois), afin de comparer leurs différentes réactions cérébrales. Les scientifiques ont utilisé la lumière afin de stimuler des neurones spécifiques.

Pour cela, les chercheurs se sont concentrés sur les hypocrétines. Il s’agit de neurotransmetteurs qui sont générés par une petite partie des neurones du cerveau. Les hypocrétines transmettent des signaux, dont le rôle est vital pour stabiliser le sommeil. Le rôle des hypocrétines a été découvert en 1998 par des chercheurs, dont faisait partie Luis Lecea, à la tête de cette recherche actuelle.

La France est le premier pays consommateur de somnifères. Mais s’ils peuvent être une solution pour traiter les insomnies, ils ne sont pas toujours efficaces

Auparavant, d’autres études ont également montré que la dégradation des hypocrétines pouvait conduire à la narcolepsie (un temps de sommeil excessif et des endormissements involontaires). Les hypocrétines sont donc directement liées à notre sommeil.

L’étude a conclu que les souris plus âgées perdent environ 38% d’hypocrétines par rapport aux jeunes. Luis Lecea a ajouté : “Les neurones (les hypocrétines restantes) tendent à être davantage actifs et à s'allumer plus, et si c'est le cas, vous vous réveillez plus fréquemment”.

Des meilleurs traitements ?

La France est le premier pays consommateur de somnifères. Mais s’ils peuvent être une solution pour traiter les insomnies, ils ne sont pas toujours efficaces. De plus, ils peuvent avoir certaines conséquences négatives comme conduire à des difficultés cognitives ou à des chutes.

La HAS (Haute Autorité de Santé) a dénoncé il y a quelques années sur son site officiel une consommation trop élevée et banalisée des somnifères chez les personnes âgées. Plus de la moitié des traitements ne seraient pas appropriés selon elle, et ces médicaments seraient prescrits trop facilement.

Le fait d’identifier les mécanismes responsables de la perte de sommeil pourrait aider à développer de meilleurs médicaments. En effet, selon les chercheurs, de nouveaux médicaments visant des cibles spécifiques pourraient mieux fonctionner. Pour Luis Lecea, la rétigabine (médicament antiépileptique) lui paraît être une solution prometteuse. Cependant, des essais cliniques seront nécessaires pour déterminer son efficacité.

Source : Medisite