Reportage

SOS pour le village d’enfants SOS d’Abobo


21/11/2013
Des enfants innocents vivent dans des conditions difficiles au village d'enfants Sos d'Abobo
Le village d’enfants SOS d’Abobo se meurt. L’aspect qu’il présente aujourd’hui est des plus pitoyables. Presque tout y tombe en ruine. Gros plan sur ce qui reste de ce village dont le nom se confond à celui de la commune qui l’abrite.

Le Père Bernard Martin, fondateur du village d’enfant SOS d’Abobo, doit certainement se retourner dans sa tombe. Lui qui a eu l’ingénieuse idée de construire ce village afin d’y accueillir des enfants en situation difficile. Il s’agit notamment des enfants abandonnés, des orphelins, etc. En somme, des enfants qui n'ont personne pour s'occuper d'eux. Ouvert en 1967 par ce prêtre français, le village d’enfants SOS d’Abobo est aujourd’hui dans un piteux état. Un gros état de délabrement qui choque tous les visiteurs qui passent par là. En nous rendant dans ce village le jeudi dernier 14 novembre, nous étions loin de nous imaginer qu’il avait tant changé de visage au point d’être aujourd’hui très méconnaissable. Il a perdu son lustre d'antan et de sa superbe. Le constat, il faut le dire, est des plus tristes. Tout y est vétuste. Tous les douze bâtiments que compte le village d’enfants SOS d’Abobo, dont dix maisons familiales et deux foyers des jeunes, tombent pour ainsi dire en ruine. Aucun des bâtiments n’échappe à l’effet contagieux de la dégradation, puisqu’ils ont été construits tous dans la même période. Les toitures des maisons n’existent désormais plus que de nom. Elles sont toutes trouées. La charpente, qui a servi à poser la toiture, a été rongée par les fourmis. Tout comme les plafonds. De sorte qu’en saison des pluies, ou quand il pleut quelques fois comme c’est le cas en ce moment, le village d’enfants SOS d’Abobo se retrouve carrément sous les eaux.

Les maisons sont complètement inondées, obligeant les enfants pensionnaires de ce village à un déménagement forcé vers des lieux beaucoup plus sécurisés. La tuyauterie est dégradée et est à l’air libre. Les canalisations ne fonctionnent plus depuis bien longtemps. Les eaux usées et de ruissellement ne sont donc pas évacuées systématiquement. Elles stagnent dans le village et dans les maisons, dégageant des odeurs nauséabondes et insupportables pour les frêles narines des jeunes pensionnaires au nombre de 136 dont 100 dans les maisons familiales et 36 dans les foyers exposés aux moustiques auxquels ces plaques servent de gîtes. Les enfants dont l'âge est compris entre 0 et 14 ans pour ce qui concerne les maisons familiales et de 15 à 18 ans pour les foyers, sont constamment enrhumés du fait de ces odeurs et de la poussière produit par le bois bouffé par les fourmis.

Les mères SOS, qui s'en occupent, ne savent plus à quel saint se vouer. Le carrelage est en décrépitude et n’existe plus. Le moins que l’on puisse dire, c'est que l’environnement au village d'enfants SOS d'Abobo n'est pas propice à l’épanouissement d’un enfant qui plus est, un enfant en difficulté. Disons le tout net, la vie des enfants qui vivent dans ce village est en danger. Ces derniers se trouvent aujourd'hui devant deux situations difficiles à gérer. D'abord, ils n'ont pas de parents, mais en plus, ils vivent dans des maisons qui ne leur garantit aucune sécurité.« Il faut rénover et même reconstruire les maisons pour mettre les enfants dont nous nous occupons dans des conditions décentes », propose Mme Stéphanie Gisèle Nzickonan, conseiller national en communication et collecte des fonds à la direction nationale de SOS villages d'enfants Côte d'Ivoire avec qui nous avons échangé dans le cadre de notre reportage. Cependant, les difficultés du moment ne militent pas en faveur de cette volonté.

SOS pour sauver le village

Une action urgente s'impose afin de ''ressusciter'' le village d'enfants SOS d'Abobo qui se meurt. En attendant que de bonnes volontés physiques ou morales volent au secours de ce site et redonnent le sourire à ces jeunes pensionnaires, la direction nationale de SOS villages d'enfants Côte d'Ivoire a décidé d'initier une action. Il s'agit d'un dîner-gala qui aura lieu le samedi 23 novembre 2013 à 20h au Golf Hôtel d'Abidjan. L'objectif de cette activité est de collecter environ 80 millions de fcfa pour entamer les travaux de rénovation et de réhabilitation de ce village. Le soutien de SOS village d'enfant international est également attendu. Pour l'heure, les ''enfants SOS'' continuent de vivre dans ces conditions difficiles, dans un village lui-même en situation de SOS.

Franck SOUHONE

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Franck Souhoné

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  • SOURCE: L'inter

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