Pluies diluviennes/ Daouda Konaté (météorologue) : « Ce que les prochains jours nous réservent »


01/07/2014
Le directeur de la Météorologie nationale Konaté Daouda (ph : B.g.)
Le littoral ivoirien dont fait partie Abidjan va encore enregistrer de fortes averses au cours de cette semaine.

Pour le Directeur de la Météorologie nationale, Konaté Daouda, que nous avons rencontré hier à la Sodexam, les populations installées dans les zones à risques doivent quitter les lieux et attendre la fin de cette saison de pluies prévues normalement fin juillet. « A partir du début juillet, on va encore enregistrer quelques pluies. Mais celles-ci vont baisser en intensité vers la fin de ce mois », a-t-il prévenu.

Si cette pluviométrie s'inscrit dans l'ordre normal des choses, M. Konaté fera remarquer que l'année 2014 constitue un cas exceptionnel, comme ce fut le cas en 2009. « En Côte d'Ivoire, nous avons deux saisons des pluies. Au niveau du littoral, la saison de pluies commence de mai à fin juillet, et l'autre saison commence dans le Nord de juin où le pic sera le mois de juillet et se terminera vers août- septembre. En 2009, on a enregistré 731,7 mm de pluies. C'était un cas exceptionnel. Cette année, nous sommes au 29 juin à 596,7 mm de pluies, contre 287 mm de pluies enregistrés au mois de juin 2013 », a-t-il révélé.

Il ajoute que cette forte pluviométrie était prévisible sur la base des tendances calculées au mois de mars dernier. Selon Konaté Daouda, les causes de ces fortes pluies sont liées à « un réchauffement assez conséquent de la surface de température de la mer ». « Cette situation a créé la formation de systèmes pluvieux orageux assez denses et qui ont donné ces quantités importantes de pluie», a-t-il expliqué.

Quant aux inondations qui ont fait déjà des dégâts humains et matériels dans le district d'Abidjan, l'expert en Météorologie évoque deux principaux facteurs : la forte pluviométrie et les problèmes d'assainissement.« Aujourd'hui, nous avons constaté que depuis le mois de mai, il y a une accumulation de pluies au niveau du sol. Donc, le surplus de pluie qui va arriver ne pourra plus être absorbé par le sol. Évidemment, cette eau va ruisseler. S'il n'y a pas de canalisation pour faire écouler ce surplus de pluie qui tombe, elle va rester dans les rues et aller dans les maisons. D'où ces dégâts à Abidjan où il y a un problème d'assainissement qui ne permet pas à l'eau de ruisseler dans les, canalisations appropriées », a expliqué Daouda Konaté.

Mais au-delà des catastrophes provoquées par les pluies diluviennes à Abidjan, le météorologue fait remarquer qu'il s'agit d'une bonne année pour les agriculteurs ivoiriens. « En Côte d'Ivoire, nous avons principalement des cultures pluviales. Donc, ils vont beaucoup tirer profit de cette forte pluviométrie dans leurs plantations », s'est-il réjoui.

Bertrand GUEU

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Bertrand Gueu

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  • SOURCE: L'inter

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