Affaire ''Mgr Ahouana contre la conférence épiscopale''/ Après la sortie de Ouattara, un prêtre révèle: «Ce que le Vatican va faire»

Le sort de Mgr Ahouana
27/05/2015
(Photo d'archives)
Le feuilleton se poursuit au sujet de la présence de Mgr Ahouana à la tête de la Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (Conariv).

Après les révélations du président Alassane Ouattara depuis Odienné, où il effectuait une visite d’État, indiquant avoir pris attache avec le cardinal Kutwa et le Nonce apostolique, c'est au tour d'un membre du clergé ivoirien de faire des précisions sur le sort qui est réservé au président de la Conariv. Sous le couvert de l'anonymat, ce prêtre table sur plusieurs schémas. La première hypothèse avancée par ce religieux, c'est que Mgr Ahouana ''pourrait avoir reçu le feu vert du pape François''. «Dans ce cas, il est fondé à diriger la Conariv», indique-t-il.

D'ailleurs, le chef de l’État a lui-même affirmé que la nomination de l’archevêque de Bouaké au poste de président de la Conariv, a nécessité qu'il informe deux proches collaborateurs du Pape: le cardinal Jean-Pierre Kutwa, archevêque d'Abidjan, et le Nonce apostolique. Le premier cité est un haut dignitaire de l'église catholique nommé par le Pape pour l'assister. Sur cette base, le cardinal Kutwa peut directement informer le Vatican de la volonté du président ivoirien de faire de Mgr Ahouana le président de la Conariv. Quant au Nonce apostolique, c'est une personnalité non moins importante dans le dispositif de l'église catholique. C'est un ''Agent diplomatique du Saint Siège, accrédité comme ambassadeur du Pape auprès des États''. Il est également bien placé pour faire savoir la réponse du Saint-siège sur la nomination de Mgr Ahouana.

Un autre tableau présenté par notre source est ceci: «ou bien il n'a pas l'autorisation du Pape, et dans ce cas, il renonce lui-même à diriger la Conariv», avance le prêtre. Dans un tel cas de figure, l'homme de Dieu fait savoir que Mgr Ahouana échappe à toute sanction venant de Rome. La dernière hypothèse avancée est celle qui est la plus risquée pour Mgr Ahouana. «Ou bien, malgré le fait qu'il n'a pas l'accord des autorités vaticanes, il accepte de rester à la tête de la Conariv et, dans ce cas, il s'expose à être sanctionné par Rome», a expliqué le prêtre. Avant d'être formel: «Si Ahouana n'a pas la permission du Vatican et qu'il tient a diriger la Conariv, il n'a pas d'autre choix que de démissionner de sa charge d’archevêque de Bouaké, au risque d'être revoqué par Rome ».

Pour l'heure, le nouveau président de la Conariv s'est abstenu de faire connaître sa position depuis la sortie de ses pairs évêques. Ces derniers se sont appuyés sur l’esprit du Canon 285 du Code de droit canonique de 1983 pour faire savoir qu'ils ne seraient pas comptables des actes de Mgr Siméon Ahouana dans l’exercice de sa nouvelle charge à la tête de la Conariv.

Pour rappel, c'est le 25 mars 2015 que le président Alassane Ouattara a nommé Mgr Paul Siméon Ahouana, précédemment vice-président de la défunte Commission dialogue, vérité et réconciliation(Cdvr), président de la Conariv. ''Pour moi, il ne s'agit pas d'une nomination, mais plutôt d'un service qu'on me demande de rendre. Ce n'est pas la première fois que l'Église catholique est appelée pour ce genre de mission. Monseigneur Paul Yembuado Ouédraogo, archevêque de Bobo-Dioulasso et président de la Conférence épiscopale du Burkina Faso et du Niger, joue ce même rôle au Burkina Faso. Comme en RDC ou encore au Togo, les religieux sont régulièrement mis à contribution pour rechercher des solutions afin que les pays ne se déchirent pas profondément", avait-t-il déclaré à Jeune Afrique.

Bertrand GUEU

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Bertrand Gueu

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  • SOURCE: L'inter

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