Mugef-ci: Le comité de gestion provisoire : solution ou problème ?


21/04/2012
Le ministre Koné Kafana et le gouvernement doivent revoir la composition du comité de gestion provisoire.
Le calme semble être revenu à la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l'Etat de Côte d'Ivoire (Mugef-ci) après l'installation effective lundi dernier, d'un comité de gestion provisoire.

Le gouvernement entend ainsi oeuvrer à sauver l'outil de secours mutuel des fonctionnaires. Mais ces jours-ci, quelques inquiétudes sont soulevées çà et là par les fonctionnaires. Ces inquiétudes ont trait notamment à la composition des membres de ce nouvel organe dirigeant de la Mugef-ci, à sa durée et à sa mission. De fait, le comité de gestion provisoire a été mis en place sans associer les syndicats et associations de fonctionnaires, propriétaires de la Mugefci. Faut-il le rappeler, c’est lors de l’assemblée générale constitutive du 29 novembre 1989 que la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’Etat (Mgfae) créée par l’Etat, va être remplacée par la Mugefci, institution de droit privée régie par la loi française du 1er avril 1898.

Cette nouvelle mutuelle sera reconnue par l’Etat à travers un arrêté signé du ministre de l’Intérieur d'alors, M. Léon Konan koffi. La mise en place de ce comité de gestion provisoire, de façon unilatérale, apparaît donc aux yeux des fonctionnaires comme un abus de pouvoir que l’Etat vient de réaliser en faisant intrusion dans une affaire privée. ''Nous estimons que ce n’est pas un comité de gestion car le gouvernement étant une entité, il ne saurait à lui tout seul constituer un comité de gestion au sens où nous le comprenons, c’est-à-dire un groupe de sensibilités différentes qui peut se présenter sous une forme bipartite, tripartite ou multipartite. Il aurait fallu intégrer tous les acteurs en conflit pour rassurer tout le monde, comme c'est le cas pour la CEI(Commission électorale indépendante)'', a confié un leader syndicaliste sous le sceau de l'anonymat. Ceci est d'autant plus vrai que même lorsque l’Etat gérait la mutuelle de 1973 à 1990, il le faisait à travers un comité consultatif composé de représentants de l’Etat et de syndicats de fonctionnaires. C’est donc la toute première fois dans l’histoire de la mutuelle que l’Etat va gérer seul.

Des zones d'ombres...

L'autre inquiétude des fonctionnaires porte sur la durée du comité de gestion provisoire qui est de 12 mois. Jusqu'à preuve du contraire, la Mugef-ci n’est pas en faillite. Elle n’a donc pas besoin d’un redressement économique. Les textes actuels ne souffrent d’aucune caducité. Si l’objectif de ce comité est vraiment de ramener la paix et la sérénité à l’intérieur de la mutuelle, en principe quelques quatre semaines suffisent largement. Au-delà, ce serait une sorte d'accaparement du principal outil de solidarité des fonctionnaires. La principale mission assignée à ce comité, dit-on, serait de toiletter les textes et de les mettre en conformité avec la directive de l'Uemoa et de l'Ohada. L'autre mission, in fine, serait de remettre la mutuelle aux mutualistes en excluant les syndicats. Sur la question de la directive de l'Ohada, tout le monde le sait, elle donne 3 ans à compter de juillet 2011 aux mutuelles existantes pour se mettre en conformité avec les nouvelles dispositions. Il n'y a donc pas le feu en la demeure. En outre, nulle part il n'est demandé à l'Etat de faire ce travail qui incombe aux mutualistes. Comme on peut le constater, le gouvernement, par la mise en place d’un comité de gestion monocolore, apporte une solution complexe à un problème simple. Et déjà, les inquiétudes des uns et des autres sont en train de se muer en grogne. Si les choses restent en l'état, il faut craindre une réaction des syndicats pour la récupération de leur mutuelle.

Franck SOUHONE


Franck Souhoné

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  • SOURCE: L'inter

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