L'hommage d'un prêtre à Bernard Blin Dadié, pour sa contribution à l’émancipation de l’Homme noir


18/03/2019
L'hommage d'un prêtre à Bernard Blin Dadié, pour sa contribution à l’émancipation de l’Homme noir
Bernard Dadie est l'auteur du roman Climbie. (Photo : DR)

Décédé le 9 mars 2019, les hommages se multiplient toujours en faveur de Bernard Blin Dadié. Le dernier en date est celui d'un prêtre Ivoirien, officiant à Lomé, au Togo.

Au cœur de l’histoire du grand mouvement politico-littéraire que fut la Négritude, dont Bernard Blin Dadié était dans un passé très récent l’une des rares icônes encore vivantes, se posait avec force les thématiques fondamentales d’émancipation, d’affranchissement de l’homme noir de toutes formes d’aliénations en vue de sa pleine réalisation tant sur le plan social, économique, politique et littéraire. Ces thématiques se voulaient être dans leurs élaborations les plus systématiques, une critique acerbe du colonialisme et du post-colonialisme. Tous essayaient de répondre à une question qui malheureusement, malgré le poids du temps, se fait encore aujourd’hui vérité : Pourquoi la relégation de l’Afrique à la servitude, à la domination, à l’exploitation par les puissants de l’Occident?

Leur message était clair : La domination et l’exploitation coloniale et postcoloniale de l’Afrique ne doit en aucun cas devenir pour l’homme africain une fatalité. Non ! L’Africain n’est pas créé pour être partout et de tout temps dans les chaînes. L’état d’esclave et d’opprimé n’est pas et ne doit en aucune circonstance devenir une seconde nature pour l’homme africain. Un combat dont la serve fondamentale fut de se révolter vigoureusement et courageusement contre l’injustice coloniale et postcoloniale en vue de réprimer avec la dernière énergie la sadique et sourdine idéologie selon laquelle l’homme africain reste intrinsèquement un être « opprimable » et à opprimer, en l’affranchissant de cette conscience blessée par le virulent traumatisme né de la traite, de l’esclavage, de la colonisation et de la post-colonisation. Un combat non seulement noble, mais surtout divin, puisque toute action qui concourt à la libération, à l’affranchissement total de l’homme et de tout l’homme rejoint Dieu dans son action salvatrice pour l’humanité, comme dit St Paul : «  C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis » (Galates 5 : 1).

Cet héritage sacré de la lutte pour la liberté et l’émancipation totale de notre continent africain que nous laissent nos pères, en particulier Bernard Dadie, doit être non seulement préservé, mais poursuivis. Ce serait une trahison vis-à-vis de leurs mémoires si nous n’amenions pas à son aboutissement total ce combat pour l’émancipation et la libération de nos peuples africains. Un défi que nous pourrons relever si et seulement si nous nous faisons citoyens d’un continent africain où règnent l’unité, la paix, le sens de la nation, la discipline et surtout le travail ardu, car comme le dit Bernard Dadie dans son célèbre roman Climbie: «  le travail et après le travail l’indépendance mon enfant, n’être à la charge de personne tel doit être la devise de votre génération ». Il faut vaincre ces fausses conceptions selon lesquelles nos esprits sont désormais blanchis par l’école du blanc en nous attelant à promouvoir et à assurer avec force et maestria le renom de nos valeurs et cultures d’abord ici en Afrique et ensuite partout dans le monde. La voix de l’homme africain libre et affranchi de toutes formes de servitudes doit pouvoir un jour se faire entendre sans qu’elle soit étouffée ou réduise au silence.

P. Donald ZAGORE, Sma

NB : Le titre, le chapeau et la légende sont de la rédaction.

 

Irene Bath

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  • SOURCE: Linfodrome

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