Face aux morts et maladies en cascade enregistrés dans leurs rangs : Les femmes déflatées de Comium (ex-Koz) relatent leurs difficultés et interpellent les autorités

Un courrier adressé à la Première dame, Dominique Ouattara
13/03/2020
Face aux morts et maladies en cascade enregistrés dans leurs rangs : Les femmes déflatées de Comium (ex-Koz) relatent leurs difficultés et interpellent les autorités
Les ex-employés de Comium (ex-Koz) disent souffrir le martyr après la fermeture de l’entreprise.

Au-delà d’un appel à se pencher sur leur sort, c’est un véritable cri du cœur que les femmes déflatées de Comium (ex-Koz) ont décidé de lancer aux autorités ivoiriennes, face au calvaire qu’elles vivent au quotidien, depuis leur licenciement ‘’abusif’’, suite à la fermeture de l’entreprise, le 4 avril 2016.

En effet, réunies hier, à Cocody dans un restaurant, celles-ci, regroupées au sein du collectif des femmes déflatées de Comium, ont relaté leurs difficultés. Pour ce collectif, sur les 317 employés déflatés, sept (7) ont déjà rendu l’âme et plusieurs croulent sous le poids de la misère, pendant que leurs enfants sont désormais déscolarisés, créant ainsi le désespoir et la désolation dans leurs familles respectives. Alors que l’espoir de l’arrivée d’un 4e opérateur de téléphonie mobile, comme annoncé par les autorités constituait une bouffée d’oxygène, aujourd’hui, c’est le désespoir total en leur sein puisque la promesse à leur faite par celles-ci, jusque-là, n’a pas encore été tenue. Ce n’est même plus sûre que l’opérateur soit là, à les en croire. « Nous ne savons plus où mettre la tête. Moi qui vous parle, un an après la fermeture de l’entreprise, mon mari a piqué un malaise qui a fini par l’emporter ; laissant à ma charge 3 enfants, sans revenus de ma part. Aujourd’hui, je souffre... », a relaté sous couvert de l’anonymat, S.T. qui souhaite que les autorités se penchent véritablement sur leur situation.
Une autre, qui a pour initiales D.Y., a indiqué avoir perdu aussi son époux avec qui, elle travaillait dans l’entreprise, trois mois avant sa fermeture. « Mon époux, tout comme moi, était un employé de Comium. Il a rendu l’âme, trois mois avant la fermeture, me laissant trois enfants. Comment m’en sortir face à cette situation, quand on sait qu’il y a des factures d’électricité, de loyer … à régler ? », s’est-elle interrogée, non sans inviter les gouvernants à prendre à bras le corps leur situation pour qu’elles entrent en possession de leurs droits, dont les soldes de tous comptes ont été déjà calculés et estimés à près de cinq (5) milliards de F Cfa. D’autres ex-agents de cette entreprise, présentes à la conférence, ont également égrené leurs difficultés. Toutes ont souhaité que l’État ivoirien, à travers le ministère de tutelle, s’implique dans la résolution du paiement de leurs droits.

Aussi, afin d’avoir gain de cause, ces femmes déflatées ont dit avoir adressé un courrier à la Première dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara, « femme au cœur débonnaire », afin qu’elle se penche sur leur sort. « La Première dame Dominique Ouattara, on le sait, a toujours milité pour les plus faibles. C’est pourquoi, connaissant sa grande générosité, nous souhaitons qu’elle nous reçoive, afin de s’enquérir de notre problème et nous aide à trouver une solution d’ici la fin de l’année. Nous savons toutes qu’elle ne nous abandonnera pas », a-t-elle fait savoir, l’air triste.

Bien avant, ces femmes déflatées de Comium Côte d’Ivoire se sont dit surprises de ce que le siège de l’entreprise n’ait toujours pas eu d’acheteur, afin de voir leurs droits réglés. Pourtant, selon elles, le dernier procès, dont elles détiennent la Grosse, a révélé que le siège de Comium est toujours la propriété de l’entreprise, sauf que ce n’est pas le nom qui se trouve sur les documents officiels. Il est plutôt la propriété de la structure Real estate. Reste à ce que la justice se prononce sur cette affaire. Le 19e procès annoncé, le 5 décembre 2019, par la ‘’chambre des réunis’’ qui devrait statuer sur la vente de ‘’gré à gré’’ dudit siège, n’a toujours pas eu lieu, selon elle. Pour ces dames de l’ex-Comuim, il n’est pas normal que la justice, qui a donné raison à ces employés, n’applique pas ses décisions. D’où leur interpellation à l’autorité et même au chef de l’État, Alassane Ouattara.

Séverin DJAHA

Severin Djaha

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  • SOURCE: Soir info

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