Côte d'Ivoire

Débrayage en vue au ministère du Plan et du Développement : Une affaire de primes divise les agents et leurs responsables


10/08/2020
Débrayage en vue au ministère du Plan et du Développement : Une affaire de primes divise les agents et leurs responsables
La ministre du Plan et du Développement, Mme Nialé Kaba

Sous les eaux dormantes du ministère du Plan et du Développement, des courants s’agitent pour dénoncer la mauvaise répartition des primes trimestrielles. Face à cette situation, des agents dudit ministère menacent de débrayer dans les jours à venir.

Les agents du ministère du Plan et du Développement menacent d’entrer en grève dans les semaines qui arrivent. Ils dénoncent la mauvaise répartition de la prime trimestrielle et comptent le faire savoir bientôt à travers une conférence de presse. « Nous tenons à décrier une situation que la quasi-totalité des agents du ministère du Plan et du Développement vivent. Cette situation relève de la mauvaise répartition du paiement des primes des agents. Voilà que nous sommes à deux ans aujourd’hui, où l’enveloppe globale servant à payer les primes des agents a augmenté et que depuis ces deux ans, le montant de chaque agent n’a pas augmenté. Nous déplorons une telle situation. Quand nous voyons sur les papiers et c’est bien écrit, nous sommes passés de l’écriture de fonds communs qui créaient un fourre-tout autour de la chose aujourd’hui à une écriture claire, visible qui prend en charge les primes des agents. Cela voudrait dire que c’est destiné à payer uniquement les primes des agents. Donc qu’on ne vienne pas mettre la main là-dedans ou encore détourner ces primes à d’autres fins », ont dénoncé les agents plaignants sous le couvert de l’anonymat.

Ils font savoir que ces primes trimestrielles vont de 317 000 francs cfa à 2 435 000 francs cfa. Dans leurs explications, ils soutiennent qu’un arrêté qualifié de « irréguliers » avait été pris en 2016 et que sa « copie conforme a encore été prise en 2020 avec les mêmes montants et il n’y a pas eu de variation au niveau des émoluments de chaque agent. Ce que nous décrions. Mme le ministre, peut ne pas être au courant, parce que si elle au courant de cette pratique, cela devient un scandale. Si elle n’est pas au courant, il est temps qu’elle prenne ses responsabilités pour appeler les acteurs syndicaux pour qu’ensemble, on puisse s’asseoir et réfléchir sur l’ensemble des articles pour le bon fonctionnement du département ministériel ».

Les agents entendent s’adresser « directement au ministre tout en lui demandant, en tant que femme, qu’elle mette en avant son caractère affectif et qu’elle se penche sur la question. Quand une telle gestion est faite par personne interposée, cela devient difficile. Il est aussi important qu’on vienne interpeller les acteurs de l’économie et du budget qui ont également leur signature sur les documents afférents à la gestion du budget l’Etat. A eux également d’avoir un droit de regard sur ces questions. Demain, quand il y aura un scandale, c’est toute la chaine que ça va mouiller », ont-ils averti, avant de rappeler qu’au ministère du Plan et du Développement, « les agents sont tant malheureux alors que l’enveloppe affectée au paiement de leurs primes augmente d’année en année ». Ils notent que « l’enveloppe est passée de 1 011 020 344 francs en 2018 à 1 059 728 344 francs en 2020 alors qu’on n’a pas ajouté 5 francs sur les primes des agents ». Et de s’interroger : « Comment peut-on expliquer cela ? ».

La version des responsables du ministère du Plan et du Développement

Guidé par le souci d’équilibrer l’information, nous avons pris rendez-vous avec Henri G. Ouattara, administrateur principal des services financiers, chef de cabinet de Mme le ministre. Il nous reçoit, le mardi 4 août 2020, dans son bureau sis au 16ème étage de l’immeuble SCIAM, où le directeur administratif et financier (DAF), Kouamé Adahi Désiré, et le directeur des ressources humaines (DRH), Ouattara Aboubacar, sont invités à la discussion. Ils reconnaissent qu’effectivement, « les primes ont connu quelques évolutions ces 3 dernières années ». Pour preuve, elles sont passées de 1,36 milliards francs cfa en 2019, à 1,59 milliards en 2020, soit une hausse de 23 millions de francs cfa. « Ces augmentations surviennent et ce sont les demandes que nous faisons pour le personnel qui peut venir ».

A les en croire, ces augmentations sont faites par rapport aux prévisions, en l'occurrence le recrutement en cours d’année, le changement d’indice pour certains agents et les différentes entrées. En outre, expliquent-ils, il faut déduire la somme de 96 millions de francs cfa représentant le montant des assurances annuelles des primes.

Et contrairement à la version des agents, ils font savoir que ces primes trimestrielles vont de 225 000 francs cfa à 1,5 millions de francs cfa.

Ils expliquent que le syndicat souhaite qu’il n’y ait plus d’entrée d’agent au ministère. « La DRH est dynamique. C’est selon les missions de la structure que les compétences sont demandées. Depuis 2017, les mouvements sont suivis de près. On ne peut pas fermer hermétiquement. Au titre de l’année en cours, le ministère de la Fonction Publique a envoyé 66 agents qui ont été retournés. En 2019, il y a eu 45 entrées pour 29 sorties ; en 2020, 22 entrées pour 8 sorties soit un total de 67 entrées pour 37 sorties ».

Nos interlocuteurs ont précisé que sur un effectif total de 563 agents dont 358 hommes et 205 femmes, seuls 395 agents bénéficient de la prime trimestrielle.

 

Adolphe Angoua

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Adolphe ANGOUA

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  • SOURCE: Linfodrome

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