Gagnoa : Des commerçantes assiègent la mairie

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gagnoa-des-commercantes-assiegent-la-mairie Des commerçantes ont bruyamment manifesté à la mairie de Gagnoa (Ph : A.S.T)
Société

Une affaire de promesse électorale 2017, vient de rattraper le maire élu de Gagnoa, Yssouf Diabaté. Selon son 2ème adjoint, Boni Valentin, la manifestation d’une centaine de commerçantes hier mardi 19 novembre 2019, dans les rues de la ville, ponctuée d’un meeting à la mairie, est consécutive à une promesse faite par le candidat Yssouf Diabaté, d’attribuer aux commerçantes, un marché sur l’un des sites du sous-quartier Dar-Es-Salam extension, au quartier Dioulabougou.

« Alors qu’il n’avait pas encore été élu maire, il avait donné de l’argent pour nettoyer et contribuer à l’installation des femmes », a confirmé le maire adjoint. Aujourd’hui en poste, ces mêmes femmes se retournent contre lui, parce qu’elles viennent de recevoir des autorités, un ordre de déguerpissement, au prétexte que le site appartiendrait à un certain Timité, qui posséderait un titre foncier sur l’espace pourtant attribué par l’autorité municipale. Munies de pancartes aux messages désobligeants, cris et propos de colère ont fusé toute la matinée jusqu’à midi dans la cour de la mairie, après une marche dans les rues de Gagnoa.

Les commerçantes s’en prennent à la mairie, qu’elles accusent d’avoir encaissé jusqu’à 100 000 fcfa, pour chaque espace de magasin à construire. Elles n’entendent donc pas quitter ce terrain. Interpellé, le 4ème adjoint au maire, Koré Alex César, reconnaît la responsabilité de la mairie, qui aurait dû prendre toutes les dispositions avant d’autoriser l’ouverture d’un marché sur le site. A sa décharge, Boni Valentin affirme qu’à la passation de charges, le registre affichait « blanc » à ce niveau, et donc, personne ne pouvait savoir qu’il existait un Acd (Acte de concession définitive) sur le site.

Par ailleurs, aucune personne ne s’était présentée depuis 2017. La mairie propose néanmoins un site de recasement avec soutien financier pour la reconstruction de magasins dans un nouveau marché à moins de 300 mètres de là pour les 14 commerçantes régulièrement inscrites dans leurs fichiers. Cette situation ne semble pas convenir à la majorité des femmes, vu que des mains occultes auraient perçu de l’argent d’une centaine de commerçantes, promettant en retour une place dans le marché. « Nous, ce sont les 14 mamans que nous reconnaissons et leur million est disponible », a précisé le 4ème adjoint au maire.

Pour l’heure, le supposé propriétaire a porté plainte contre X, pour exiger le déguerpissement de son site.

Abraham Sahié TOURE
Correspondant régional