Manger son placenta : Voici les raisons évoquées

Société
Publié le Source : Linfodrome
manger-son-placenta-voici-les-raisons-evoquees Après l'accouchement, le placenta reste très important dans nos sociétés.(PhDr)

Le placenta est l’organe essentiel à la respiration du fœtus et aux échanges entre le fœtus et la mère. Il permet au bébé de puiser dans le sang maternel l’eau, les nutriments et l’oxygène nécessaire à son développement, joue aussi un rôle de barrière protectrice en bloquant certains microbes et substances. Après l’accouchement, le placenta n’a plus de raison d’exister. Dans les 30 minutes qui suivent la naissance du bébé, il est expulsé par des contractions naturelles et spontanées. Il se détache de l’utérus et les vaisseaux maternels se rompent. C’est ce qu’on appelle la délivrance.

Au cours de ces dernières années, manger son placenta est devenu une nouvelle mode aux Etats-Unis. Il est consommé souvent cru ou cuit et plein d’autres manières. Dans certains pays comme la Chine, des mères demandent à emporter le placenta à la maison pour en faire une soupe car selon elle, cela est symbolique.

Qin Shihuang, premier empereur d’une chine unifiée, est réputé avoir vanté, il y a de cela 2200 ans les bienfaits des placentas sur la santé. Et pendant la dernière dynastie chinoise, celle des Qing, l’impératrice veuve Cixi en aurait consommé pour rester jeune. Pour ces consommatrices, manger son placenta serait bénéfique pour la production du lait maternel, soulagerait également la douleur de l’accouchement et bien d’autres avantages pour la génitrice.

Des études sur la placentophagie montrent qu'il y a bien des nutriments dans cet organe encapsulé. Mais en concentrations faibles. Cette faiblesse pousse à douter de son effet thérapeutique. Néanmoins, cette pratique reste encore très minoritaire car à ce jour, aucune étude scientifique n’a prouvé les bienfaits ou les méfaits de la consommation du placenta.

En Afrique, dans de nombreux pays comme le Mali, le Burkina, la Côte d’ivoire, l’Algérie…, à la naissance de l’enfant, le placenta est considéré comme un « autre enfant » qu’il faut protéger. C’est pourquoi « juste après la naissance du bébé, le placenta est recueilli dans un canari fermé. On creuse alors un trou dans un endroit très humide pour le garder loin du mauvais œil. Au fond de ce trou, on étale par exemple des feuilles d’hysope qui permettent de purifier le placenta, puis on le recouvre avec d’autres feuilles d’hysope avant de finalement combler le trou de sable. C’est au père du bébé d’enterrer le placenta » explique un prête vaudou de Anadolu Dagbo Hounon une ville du Bénin.

En France, il est interdit de garder son placenta après l’accouchement. Le placenta reste à l’hôpital pour ensuite être détruit. Soit peut être utilisé pour des recherches scientifiques mais pas pour être mangé.

Abibatou kéré (stg)