Science ouverte : Dr Sangaré Yaya (Fonsti) explique l’urgente nécessité pour la Côte d’Ivoire

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science-ouverte-dr-sangare-yaya-fonsti-explique-l-urgente-necessite-pour-la-cote-d-ivoire Le Fonsti s’est engagé à faire de la science ouverte une réalité en Côte d’Ivoire, pour améliorer les conditions de vie des populations.
Société

L’ouverture d’un important atelier sur la science ouverte a eu lieu en Côte d'Ivoire à Grand-Bassam ce mardi 30 novembre 2021. Cet atelier qui s’achève ce jeudi 02 décembre 2021 est une initiative du Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (Fonsti), en collaboration avec le Programme d’appui stratégique à la recherche scientifique (Pasres). Il réunit une cinquantaine de participants et se déroule en anglais et en français.

La science ouverte est un concept venu des Etats-Unis qui sont à la pointe de la production scientifique au niveau mondial. A l’occasion de l’ouverture de cet atelier à Grand-Bassam, Dr. Sangaré Yaya, Secrétaire général du Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (Fonsti), a expliqué l’urgente nécessité et le bien-fondé de la science ouverte pour la Côte d’Ivoire et ses populations.

 

Il a fait comprendre que la science ouverte est une démocratisation de l’accès au savoir. « Nous avons organisé cet atelier pour faire la promotion de la science ouverte. La science ouverte est un nouveau concept qui indique clairement une nouvelle manière de faire la science dans un pays. La science ouverte encourage les recherches scientifiques axées sur les besoins des communautés de base », a déclaré le Secrétaire général du Fonsti.

 

Science ouverte, accès gratuit aux productions scientifiques

 

Dr. Sangaré Yaya a informé qu’il y a à peine une semaine le président américain Joe Biden a invité les grandes industries pharmaceutiques mondiales à faciliter l’accès aux brevets concernant les vaccins. « C’est une démarche qui s’inscrit dans une politique de science ouverte. La science ouverte c’est vraiment permettre à un citoyen de pouvoir accéder gratuitement à des données scientifiques pour régler ses problèmes », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général du Fonsti a fait remarquer qu’en Côte d’Ivoire il y a moins de dix universités publiques et environ une centaine d’universités privées, mais très peu d’Ivoiriens savent ce qui s’y passe en termes de productions scientifiques. « Il faut que la science descende de sa tour d’ivoire, que ce ne soit plus une affaire d’universitaires, de chercheurs mais que le citoyen ivoirien puisse avoir accès librement, gratuitement à toutes données scientifiques qui puissent l’aider à améliorer ses conditions d’existence. C’est cela la science ouverte », a-t-il insisté.

 

Science ouverte, un outil extrêmement important pour le développement

 

Dr. Sangaré Yaya a aussi mis en lumière les potentialités de la science ouverte pour la Côte d’Ivoire. « Dans un pays comme la Côte d’Ivoire, la science ouverte peut aider considérablement nos populations à accéder à des résultats, à des données scientifiques susceptibles de les aider à améliorer leur santé, leurs activités et leurs situations économiques », a-t-il martelé.

 

Le Secrétaire général du Fonsti a également clarifié un point indispensable sur la science ouverte. « C’est un outil extrêmement important qui peut booster le processus de développement dans notre pays. Il est important que nos populations aient accès à la production du savoir dans notre pays », a-t-il fait savoir.

 

Dr. Sangaré Yaya a fait une précision sur la science ouverte. « La science ouverte facilite la diffusion et l’accès gratuit des différentes couches de la société aux données scientifiques, aux résultats scientifiques. Enfin, la science ouverte encourage l’interdisciplinarité au niveau académique et au niveau du monde universitaire », a souligné le Secrétaire général du Fonsti.

Urgence d’une politique nationale sur la science ouverte

 

Prof. Ouattara Djakalia a présidé, au nom du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Diawara Adama, la cérémonie d’ouverture officielle des travaux de l’atelier de réflexion sur la « Science ouverte (Open Science) ».

 

Il a rassuré que le gouvernement ivoirien attend beaucoup des conclusions et recommandations de cet atelier important pour l’avenir et le rayonnement de la Science en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier. « L’organisation de cet atelier traduit la nécessité d’attirer l’attention des plus hautes autorités de l’Etat sur l’urgence de mettre en place une politique nationale dans le domaine de la « science ouverte » en Côte-d’Ivoire. Ce nouveau paradigme de « science ouverte » doit être perçu comme un puissant levier pour la vulgarisation de la recherche scientifique et son application aux priorités sociales, économiques et environnementales nationales », a relevé Prof. Ouattara Djakalia.

 

Pour le représentant du ministre de tutelle, cette approche de la relation entre la science et la société induit « un changement de pratiques, d’habitudes et de nouvelles compétences dans le sens d’une science plus collaborative, participative et interdisciplinaire ».

Le Fonsti prend le taureau par les cornes

 

Pour sa part, la présidente du Conseil scientifique du Fonsti, Pr. Coulibaly Awa, a confié que l’Unesco recommande la promotion de la science ouverte. « Au niveau du Fonsti, on a pris le taureau par les cornes. Nous avons déjà engagé des projets. Nous avons mis l’accent sur des critères. Et ces critères-là vont permettre de prendre en compte cette science ouverte », a-t-elle dit.

 

Pr. Coulibaly Awa a signifié que les résultats de cet atelier devraient permettre d’identifier des mécanismes à mettre en œuvre « pour que cette science soit accessible à tout le monde ».

 

Cet atelier sur la science ouverte bénéficie de l’implication de la National science foundation (Nrf) d’Afrique du Sud, de l’Unesco, du Fonds national Suisse, et du Sgci. Il regroupe des professionnels de l’information scientifique, des représentants d’institutions dédiées à la diffusion de l’information scientifique ou en charge de politiques de recherche, et des chercheurs eux-mêmes.

 

Au total, la vulgarisation de la science ouverte peut la rendre familière et accessible à tous les niveaux de la société pour améliorer les conditions de vie des populations. La science ouverte se présente tel « un train » qui va conduire la Côte d’Ivoire vers « une évolution ».

 

Eddy BIBI