Pandémie mondiale de la covid 19 : La peur généralisée facteur de propagation et de mort, des révélations

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pandemie-mondiale-de-la-covid-19-la-peur-generalisee-facteur-de-propagation-et-de-mort-des-revelations Les chercheurs n'ont pas encore établi à quel pourcentage l'esprit humain peut contribuer positivement dans la lutte contre la covid 19.
Société

Face à la course meurtrière de la covid 19 qui continue de muter dans plusieurs pays du monde, la peur généralisée s'accentue. Une peur qui engendre plus de contamination et de morts de la covid 19.

Ce facteur est bien souvent oublié, négligé dans la lutte mondiale contre la covid 19. Et pourtant, l'esprit humain a un rôle important à jouer dans cette lutte plus que jamais décisive.

Ravages psychologiques subtiles

Interrogé par Linfodrome le lundi 10 janvier 2022, le psychologue Nour Bakayoko a expliqué que la peur généralisée de la Covid 19 peut avoir des conséquences graves, dont la nosophobie et l'hypocondrie.

Il s'agit de maladies qui se logent subtilement dans l'esprit humain et qui peuvent conduire à la mort dans des cas extrêmes. La covid 19, fait des ravages au plan psychologique dans l'esprit des hommes et des femmes, qui en général n'en n'ont pas conscience.

Nosophobie et hypocondrie

Le psychologue a donné quelques explications sur la nosophobie et l'hypocondrie. « Déjà face à la covid 19, d'autres problèmes psychotiques s'installent au sein de la population à savoir, la nosophobie et l'hypocondrie », a fait comprendre Nour Bakayoko.

Il a ajouté : « la première est une peur irraisonnée de tomber malade (nosophobie), ce qui fait que les populations (en Afrique particulièrement, ndlr) ont tendance à vouloir trouver des remèdes dits "traditionnels" pour prévenir la maladie. Or ces médicaments traditionnels dont on ne maîtrise pas la composition peuvent participer à affaiblir aussi le système humanitaire et rendre l'individu vulnérable à la covid 19 ».

Sur la question de l'hypocondrie, le psychologue a souligné qu'elle est « la conviction, voir même la certitude d'être malade sans aucun diagnostics. L'individu se dit malade parce qu'il s'en est convaincu lui-même. Du coup, il peut multiplier les vaccins, prendre des médicaments de façon disproportionnée etc. On comprend que cela peut lui porter préjudice au plan de la santé », a interpellé Nour Bakayoko.

« Plus on a peur d'une chose, plus elle a des chances de se produire »

De nombreux scientifiques, psychologues et auteurs à succès en matière de développement personnel ont démontré et continue de prouver que « plus on a peur d'une chose plus elle a des chances de se produire ». Ce concept a surtout été vulgarisé avec « la loi d’attraction » il y a plusieurs décennies.

Par définition, plus l'Homme a peur de la covid 19, plus il participe involontairement à sa propagation dans le monde. Beaucoup s'étonnent de la multiplication des variants du coronavirus à cause d'une mauvaise compréhension.

Qu'est-ce qu'un variant covid 19 ?


Selon la plateforme Synlab, lorsqu’un virus passe d’organisme en organisme, cela entraîne des modifications au niveau des gènes du virus, lui permettant de s’adapter toujours aux hôtes qu’il contamine. C’est ce qu’on appelle une mutation. Ceci conduit à l’apparition d’une nouvelle souche du virus appelée « variant ».

La plateforme numérique détaille que les symptômes observés sont exactement les mêmes que ceux de la forme dite « classique » de la Covid-19 : fièvre, toux, fatigue, difficultés respiratoires, courbatures. « En revanche la perte du goût (agueusie) et de l'odorat (anosmie) semblent moins fréquentes. Sa transmissibilité est accrue de 36 à 75 % selon les études par rapport à la souche "classique", de même que son incidence sur la mortalité », précise Synlab sur son site.

Analphabétisme en Afrique

L'analphabétisme est un autre point crucial à prendre en compte dans la lutte contre cette pandémie mondiale de la covid 19 qui endeuille des familles. « (En Afrique, ndlr), beaucoup sont analphabètes et le message qu'ils reçoivent n'a pas forcément le bon contenu. D'autres, à l'intérieur du pays (en Côte d'Ivoire, ndlr), pensent toujours que les feuilles d'acacia sont mieux que le vaccin", a fait savoir le psychologue.

Nour Bakayoko a au passage regretté un manque de collaboration avec les psychologues qui peuvent apporter une grande contribution sur ce point, entre autres. « Malheureusement, nous psychologues ne sommes pas associés au suivi et à la prise en charge, on l'a été au début mais après jusqu'à maintenant non », a confié le psychologue sur le cas de la Côte d'Ivoire.

Il a également attiré l'attention sur un fait. « Ces problèmes psychologiques, on les traite au quotidien au sein des populations qui nous consultent », a déclaré le psychologue.

« Il faut cependant continuer la campagne et s'il le faut contraindre progressivement les populations à se faire vacciner pour le bien-être collectif »

Nour Bakayoko a indiqué qu'à côté du volet psychologique dans cette lutte de tous les instants contre la covid 19, il faut multiplier les séances de sensibilisation partout et accroître la vaccination. « Il faut cependant continuer la campagne et s'il le faut contraindre progressivement les populations à se faire vacciner pour le bien-être collectif », a recommandé le psychologue.

L’Oms homologue un 9e vaccin contre la Covid-19

Au moment de la mise sous presse de cet article ce jeudi 13 janvier 2022, il y a eu plus de 317 millions de cas confirmés, et plus de 5,51 millions de décès dû à la covid 19 dans le monde. Selon l'Organisation mondiale de la santé (Oms), les premiers cas de covid 19 ont été signalés pour la première fois à Wuhan, en Chine, le 31 décembre 2019.

Depuis le début, « l'Oms travaille en étroite collaboration avec les experts mondiaux, les gouvernements et les partenaires pour élargir rapidement les connaissances scientifiques sur ce nouveau virus, suivre sa propagation et sa virulence, et donner des conseils aux pays et aux individus sur les mesures à prendre pour protéger leur santé et empêcher la propagation de cette flambée ».

Dans un communiqué de presse rendu public le 17 décembre 2021, l’Organisation mondiale de la Santé a émis « une autorisation d’utilisation d’urgence au titre du protocole Eul pour le Nvx-CoV2373, élargissant ainsi l’offre de vaccins validés par l’Oms contre le virus Sars-CoV-2 », a signifié l'Oms.

L’organisation internationale a donné plus de détails à ce sujet. « Commercialisé sous l’appellation CovovaxTM, ce vaccin est produit par le Serum Institute of India sous licence de Novavax et fait partie du portefeuille du Mécanisme Covax, ce qui donne un coup de pouce indispensable aux efforts déployés pour vacciner un plus grand nombre de personnes dans les pays à faible revenu », a clarifié l’Oms.

« La pandémie de la covid 19 est un film de science-fiction »

Le mardi 23 novembre 2021 à Abidjan-Marcory, Pr. Ngazoa Kakou Solange, chercheuse à l'Institut Pasteur en Côte d'Ivoire était aux côtés du Fonds pour la science, la technologie et l'innovation (Fonsti). A l’occasion, elle a évoqué les défis scientifiques et technologiques de la covid 19 en Côte d'Ivoire et en Afrique.

Pour l'essentiel, la chercheuse a démontré que la Côte d'Ivoire est en retard en termes de nombre de personnes vaccinées contre la covid 19 et de respect des mesures barrières. Auparavant, Pr. Ngazoa Kakou Solange a tenu ce propos qui interpelle : « la pandémie de la covid 19 est un film de science-fiction ».

Pour la chercheuse, il y a encore bien des zones d'ombre sur les origines et la propagation de la covid 19. La chercheuse à l'Institut Pasteur en Côte d'Ivoire a aussi révélé que l'Afrique n'a pas de vrais chiffres sur la pandémie mais fait plutôt des estimations.

« 53% des personnes, 18-49 ans, pensent ne jamais tomber malade de la covid 19 »

Du côté de l'Université Félix Houphouët-Boigny (Ufhb) de Cocody en Côte d’Ivoire, des chercheurs, notamment Pr. Yoro Blé Marcel et Sonan Kacou, ont réalisé une étude financée par le Pasres sur l'"Approche socio-anthropologique des connaissances, attitudes et comportements des abidjanais face au coronavirus".

Les résultats de cette étude qui a eu lieu dans le district d'Abidjan à Abobo, Yopougon, Cocody et Treichville ont été présentés officiellement en fin novembre 2021 à Abidjan.

L'objet était de fournir des éléments objectifs pour une stratégie efficace de lutte contre la covid 19 en Côte d'Ivoire. L'enquête sur l'aspect social et culturel de la covid 19 a montré plusieurs acquis et de nombreuses insuffisances, dont la non-application stricte des mesures barrières contre le coronavirus, des mesures qui marquent une rupture culturelle ancrée dans les habitudes.

Pr. Yoro Blé Marcel a fait remarquer que le plus gros problème est que 95% des personnes interrogées méconnaissent la forme asymptomatique de la covid 19. C'est là que se situe un souci majeur dans la lutte contre la propagation du virus. L'étude a noté que 53% des personnes, 18-49 ans, « pensent ne jamais tomber malade de la covid 19 ».

Dans son plaidoyer, le socio-anthropologue a clairement pointé du doigt l'enjeu de la lutte contre la covid 19 qui réside « dans la connaissance généralisée de la forme asymptomatique de la maladie ».

Au total, il ressort les chercheurs n'ont pas encore établi à quel pourcentage l'esprit humain peut contribuer positivement dans la lutte contre la covid 19. Des recherches dans ce sens pourraient contribuer à l’effort commun pour freiner la propagation de la covid 19.

Eddy BIBI

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