Dérèglement du calendrier agricole, les paysans s’adaptent difficilement

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Depuis le mois d’octobre, période de la saison sèche, l’on assiste en Côte d’Ivoire à des pluies provoquant des inondations et des récoltes faibles au niveau des paysans. Le dérèglement du calendrier agricole met à mal les cultures des paysans.

Période définie pour la traite du café et du cacao, plusieurs agriculteurs contactés par Linfodrome ont souligné que la récolte est faible et les cacaos pourrissent dans les champs. « En août, la pluie est tellement tombée sur les cabosses de cacao que c’est devenu une pourriture. Cette année, ce n’est pas trop ça. Quand il n’y a pas la pluie, c’est la traite. Maintenant qu’il pleut en octobre, tous les pieds des cacaos donnent des fleurs actuellement, ce qui n’est pas bon », s’est plaint un planteur vivant à Blolequin dans l’ouest du pays.

Même son de cloche chez les riziculteurs qui ont du mal à payer la scolarité de leurs progénitures compte tenu de la mauvaise période. « C'est difficile car je sais bien que dans les années 80 jusqu'en 2000, les pluies étaient régulières. À partir de fin mi-septembre les premières récoltes que les parents appelaient les frais scolaires étaient prêtes (riz). Mais aujourd'hui, c'est difficile de voir les champs de riz prêts à la récolte avant la fin du mois d'octobre. La forêt faisant place à la savane de plus en plus, les oiseaux migrateurs détruisent toutes les récoltes souvent. C'est pareil pour les cultures de rente. Le café et le cacao qui produisaient abondamment, subissent le diktat du temps », a expliqué Solange Oulai, agricultrice à Man.

Contacté par Linfodrome, Daniel Oulai, entrepreneur ivoirien dans le domaine de l’agriculture a souligné que les paysans ont du mal à s’adapter au changement climatique. « Les paysans ont des savoirs et pratiques androgènes qui leur permettent d'apprendre très vite concernant le dérèglement climatique. Cependant ils ont besoin de technologie pour rendre le savoir-faire local plus prédictif. Aujourd'hui il cultive en fonction du calendrier de pluie. Certes cette approche n'est toujours pas efficace parce qu'elle réduit la productivité et rend dépendant les paysans des caprices climatiques ».

Il faut rappeler que le secteur agricole représente, en 2018, 28% du PIB de la Côte d'Ivoire et 40% des exportations du pays (56% en 2012), et ce secteur agricole emploie 46% des actifs et fait vivre les deux tiers de la population ivoirienne.

Sandra Kohet