Interview

Le député Daniel Zadi Domené: « Ouattara est le Moïse ivoirien »


25/03/2014
Daniel Zadi Domené, député de Fresco Gbagbam. Ph C.D. MEL
Au terme d'une tournée dans sa région, Daniel Zadi Domené, le député de Fresco Gbagbam, nous a accordé une interview, le mercredi dernier, 19 mars 2014.

Linfodrome: Vous avez sillonné la région du Bas Sassandra dernièrement, quel était l'objectif de cette tournée ?

Daniel Zadi Domené: A San Pedro, Fresco et Sassandra, la visite avait pour objectif de prendre langue avec les populations après ma désignation par le Réseau des amis de la Côte d’Ivoire (Raci) comme coordinateur national chargé du District du Bas-Sassandra. Il était important de leur expliquer l’objectif de ce mouvement qui prône la paix, la réconciliation et qui appelle tout le monde à mettre en avant l’intérêt de la Côte d’Ivoire. Comme la paix et la réconciliation ne doivent pas être de vains mots, nous avons accompagné nos dires par des actions sociales.

Linfodrome: Lesquelles ?

D. Z. D. :Nous avons donc fait don de documents d’anglais, de téléviseurs couleurs et de DVD aux clubs d’anglais des lycées et collèges de Fresco, de San Pédro. Sassandra suivra. Les dons ont été obtenus grâce au président de l’Assemblée Nationale, Soro Guillaume, à qui je dis merci. C’est dans le but d’inciter les élèves à aimer cette matière car l’anglais est la langue importante. Nous n’avons pas eu cette chance d’apprendre tôt l’anglais. Ce n’est qu’à partir de la quatrième que nous avons eu un professeur d’anglais. Aujourd’hui, nous souffrons de cela. Par ce geste, nous voulons aussi soutenir la politique sociale du président Ouattara et de son épouse qui font beaucoup pour la Côte d’Ivoire.

Linfodrome: Concrètement qu'avez-vous dit aux populations ?

D. Z. D. :Nous leur avons donné les nouvelles d'Abidjan surtout en ce qui concerne la santé du chef de l’Etat. A mon électorat qui est Fresco Gbagbam, j'ai expliqué les lois qui ont été votées à l’Assemblée nationale. Nous tous savons que le chef de l'État fut souffrant et qu’il était à l’extérieur. Étant rentré, il fallait aller apaiser les populations et leur dire qu’il va bien et qu’il est au travail. J’ai même donné l’image spirituelle de la canne qu’il porte. Dans les Écritures saintes, particulièrement la Bible, on constate que quand Dieu te met en mission, il t’accompagne par un bâton de commandement. Nous avons vu cela avec Moïse qui devait enlever les enfants d’Israël de l’esclavage et les conduire à la terre promise. Dieu lui a donné un bâton avec lequel il ôtait tous les obstacles qui se présentait devant lui. C'est grâce à ce bâton que la mer rouge était fendue, que du rocher sortait de l'eau pour que le peuple puisse s'abreuver. La Côte d'Ivoire a besoin d'un guide, et cette canne est le bâton de commandement que Dieu a donné au Président Alassane Ouattara pour conduire le pays vers l'émergence 2020 qui focalisent les Ivoiriens.

Linfodrome: Voulez-vous comparer le Président Ouattara à Moïse ?

D. Z. D. :C'est une image que j'interprète. Aujourd'hui, on pourrait appelé le chef de l'État ''le Moïse ivoirien'', parce qu e nous partons vers l'émergence 2020, vers la terre promise. Et ce bâton est le commandement que Dieu lui donne pour le faire. La révélation est que c'est juste après qu'il ait parlé de faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent en 2020, que les choses se sont précipitées pour qu'il soit malade.

Linfodrome: Que leur avez-vous dit au sujet des lois votées ?

D. Z. D. :Au sujet des lois votées, Il fallait que la population sache le bon travail qu'abat l'Assemblée nationale.nous avons expliqué que pour la nationalité, le Président Ouattara doit être félicité parce qu’il a été courageux d’engager cette loi qui existe dans nos textes mais dont l’application a causé problème et nous a conduit là où nous sommes. Or depuis 1960, à tous ceux qui sont venus d’ailleurs, qui vivaient sur le territoire national et qui ont vu la Côte d’Ivoire naître juridiquement, l’option leur a été donnée de choisir la nationalité ivoirienne ou non. Les textes existent mais personne n’a eu le courage de l’expliquer aux populations. Chacun a voulu l’exploiter politiquement. C'est cette question que le Président a voulu régler en accordant un délai de deux ans à tous ceux qui sont dans cette situation d’aller régulariser leur situation. Nous leur avons également expliqué la loi sur l’apatridie parce que les apatrides, il y en a en Côte d’Ivoire comme dans tous les Etats. Même dans nos villages, il y a des apatrides. Ce n’est pas parce que je parle dioula, baoulé, godié, bété que je suis Ivoirien. Ce qui me lie à l’État, c’est la nationalité, c’est le fait que je suis déclaré comme citoyen de ce pays. Le Président de la république doit être remercié pour cela.

Concernant la loi sur le mariage, les populations ont été éclairées sur le fait que la femme ne commande pas l'homme dans le foyer contrairement à ce que l'ennemi est allé distillé. Quant au foncier qui a suscité tant d'attention de la part des populations, nous avons indiqué qu'il n'est point question de les exproprier de leurs terres au profit des étrangers. Nous devons avoir l'honnêteté intellectuelle et dire la vérité pour une fois. Le président Alassane n'a pas changé la loi sur le foncier rural. Cette loi de 1998 votée par tous les députés de cette époque est restée en l'état. Elle disait qu'après sa promulgation, chaque Ivoirien avait un délai de dix (10) ans pour immatriculer sa terre et avoir son titre foncier. Vous convenez avec moi qu'en 2008, toutes les terres non immatriculées revenaient à l'État. En venant au pouvoir, le Président Ouattara aurait pu dire que ces terres appartiennent désormais à l'État de Côte d'Ivoire. Mais non ! Il ne l'a pas fait. Au contraire, il a estimé que cette loi n'a pas été suffisamment vulgarisée, certaines situations y ont peut-être aidé, et que peu d'Ivoiriens ont pu faire identifier leurs terres. Il a donc reconduit le délai de 10 ans. C'est tout ce qu'il a fait, il n'a pas modifié le fond de la loi de 1998. Cette loi, avant qu'elle ne soit votée, a fait l'objet de plusieurs tournées des parlementaires et responsables politiques auprès des populations pour recueillir leurs avis. Elle est donc une émanation populaire et non de Ouattara. C'est pourquoi nous disons que les Ivoiriens doivent le remercier.

Linfodrome: Le député que vous êtes garantit-il aux populations des élections apaisées en 2015 ?

D. Z. D. :Nous pensons que les conditions minimum d'une élection crédible sont réunies. Aujourd'hui, les gens circulent partout. On a eu des législatives sans heurts, des municipales et régionales sans heurts. Mais il faut comprendre qu'il n'y a pas de perfection sur terre. Dans toute démocratie, il n'y a pas de perfection donc on ne peut pas vouloir que tout soit parfait. Seul Dieu est parfait. La Côte d'Ivoire fait 322460 km2. Si dans une ou deux circonscriptions, il y a eu des échauffourées, c'est minime. Aucune élection, même aux États-Unis, ne se fait sans accrocs.

Linfodrome: Vous oeuvrez pour la réélection de Ouattara. Quel message lancez-vous dans ce sens à la population ?

D. Z. D. :Nous disons que quand quelqu'un travaille bien, il faut l'encourager, il faut souhaiter qu'il soit là. Quand je prends le cas de Fresco, la circonscription a été coupée de la Côte d'Ivoire pendant plus de dix ans. C'est une seule voie qui traverse le département du nord au sud, qui relie le dernier village, Lobogrou d'où je viens, à Fresco ville. Cette voie était coupée. Il a fallu l'arrivée du Président Ouattara pour que ce tronçon soit en travaux lourds de reprofilage. Il a fallu lui pour que la sous-préfecture de Gbagbam ait une ambulance. Il fallu lui pour que, grâce à son épouse, le village de Okromoudou qui est grande agglomération ait une seconde école qui sera opérationnelle bientôt. C'est un don de Madame Dominique Ouattara que je voudrais remercier au nom des populations. C'est de cela qu'il est question, du palpable et non des discours. Je l'ai aux populations, qui mieux que le Président Ouattara a posé de pareilles actions. Je leur ai donc demandé de rester à l'écoute pour que très bientôt, elles aillent reconduire le Président à la tête du pays afin qu'il continue les travaux. C'est pour cela que je leur demande, au moment où le recensement général est lancé, que chacun aille se faire recenser. Car le recensement qui permettra de planifier les actions de développement, c'est en fonction de la taille de la population que cela sera fait. Pour preuve, nous sommes un département très vaste avec un seul siège de député. Ce recensement permettra de savoir que injustice a été faite au département de Fresco depuis longtemps. Et comme le Président est un homme juste, nous croyons qu'au terme de cette opération qui donnera le nombre exact de nos populations, notre département aura un second siège de député. C'est donc important que la population sorte pour aller se faire recenser.

Linfodrome: Rien que des projets de loi votés. Pas une seule proposition de loi pour aider le gouvernement, pressé de l'intérieur comme de l'extérieur au sujet de la réconciliation et des poursuites judiciaires.

D. Z. D. :Que la loi émane de l'Assemblée ou du gouvernement, c'est la même chose. Nous pensons que ce qui vient du chef de l'État est déjà la pensée populaire. S'il y avait urgence pour que les députés fassent des propositions de loi, nous l'aurons fait. Mais il n'y a pas d'urgence en la matière. Tout ce qui est projet de loi ou ratification de convention latente a été régularisé. Nous faisons notre travail. La réconciliation, ce n'est pas seulement les lois, c'est le terrain. C'est amener les gens à s'accepter, à revivre ensemble, à pardonner. Ce rôle, les députés le jouent. A notre humble niveau, nous faisons cela. C'est pourquoi, je vous ai parlé du réseau dans lequel se retrouvent toutes les tendances politiques, religieuses et ethniques. Parce nous nous sommes dits, au delà de tout, regardons l'intérêt de la Côte d'Ivoire ; au delà de tout, nous sommes d'abord des Ivoiriens. C'est le terrain qui est important et je compte sur les députés pour amener les populations à se pardonner. Vous parlez de la CPI. Mais ce n'est pas la CPI qui gère la Côte d'Ivoire ? Nous pensons que le Président sait ce qui est bon pour le pays, il sait ce qui est bon la Côte d'voire. Quand vous choisissez quelqu'un pour vous diriger, c'est que vous lui faites confiance. Pour le moment, les décisions qu'il prend nous siéent au regard des arguments que les commissaires de gouvernement développent devant le parlement. Dans le cas contraire, nous dénoncerons.

Cesar Djedje Mel

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César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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