Grève de la faim à la Maca: 16 cas jugés graves

Les conditions des prisonniers pour tout arrêter
25/12/2014
A la prison civile d'Abidjan, des détenus continuent la grève de la faim (Photo d'archives)
Les prisonniers de la crise postélectorale ont entamé, depuis le 1er décembre 2014, une grève de la faim, à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) et dans l'ensemble des prisons ivoiriennes.

Selon une source proche de ces prisonniers, il n'est pas question pour eux d'arrêter la grève qu'ils ont entamée depuis 23 jours. Ils réclament leur libération pure et simple, ou, à tout le moins, une visibilité dans la gestion des procédures engagées contre eux. Ainsi, malgré toutes les négociations entreprises aussi bien par les autorités judiciaires que par les organisations de la société civile, comme la Coalition des indignés de Côte d'Ivoire (Cici), les prisonniers dits pro-Gbagbo ont décidé de maintenir le cap. En dépit des nombreux cas de maladie, de perte de connaissance et autres états de coma, ils poursuivent leur grève de la faim.

Samba David, le coordonnateur national de la Cici, nous a confié, lundi 22 décembre 2014, que les cas de santé jugés « graves » sont passés de 13 à 16 depuis ce lundi. « Ils sont affaiblis. Ils refusent de mettre fin à la grèvetant qu'ils ne sont pas libérés. Ils disent qu'ils préfèrent mourir de faim. Mais le gouvernement n'a pas encore réagi », a-t-il dit. Il a interpellé le gouvernement sur cet état de fait, avant de révéler qu'un concert a été organisé au sein de la prison, le vendredi 19 décembre 2014, « comme pour narguer les grévistes de la faim ».

Faut-il le souligner, Samba David a animé une conférence de presse, le samedi 20 décembre 2014, au Baron de Yopougon, pour demander leur libération. Il a même annoncé des « manifestations éclatées » pour réclamer la fin de ces détentions. Quant à Désirée Douati, la responsable de la communication du Collectif des femmes des détenus de la crise postélectorale (Cofed), que nous avons jointe par téléphone, elle a soutenu que « pour le moment, 151 personnes sont mal en point à la Maca. Il n'y a pas eu de négociations avec les détenus. Ils ont le droit eux aussi à la liberté provisoire. Mettre des gens en prison pendant trois ans ou quatre ans, ce n'est pas lutter contre l'impunité ».

Aujourd'hui, les femmes des détenus se sont tournées vers les chancelleries, espérant trouver de l'aide. Désirée Douati a dénoncé une justice des vainqueurs.

Hervé KPODION

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Hervé Kpodion

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  • SOURCE: Soir info

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