En difficulté face à des chefs d'Etat africains: Bensouda plaide auprès de l'Ua

Idriss Déby lui fait une promesse
02/03/2016
(Photo DR)
La menace semble avoir été prise au sérieux par Fatou Bensouda. La Procureure de la Cour pénale internationale (Cpi) ne néglige pas le cri de colère des chefs d’État africains contre son Institution.

De fait, une proposition en faveur du retrait des pays africains de la Cpi, faite par le président kényan Uhuru Kenyatta, a été adoptée à la fin du sommet de l’Union africaine (Ua), dimanche 31 janvier 2016, à Addis-Abeba.

Uhuru Kenyatta a proposé à ses pairs du continent de préparer une feuille de route censée aboutir au désengagement des pays africains du Statut de Rome, par lequel la Cpi a été instituée.

Selon Jeune Afrique (J.A du 28 février au 5 mars 2016), en visite de travail à N'Djamena (24-26 février) pour solliciter l'aide des autorités tchadiennes dans une procédure concernant la Centrafrique, Fatou Bensouda a plaidé sa cause auprès d'ldriss Déby Itno, le chef de l'État. Il est, faut-il savoir, le président en exercice de l'Ua. « Snobée par nombre de chefs d'État africains qui l'accusent ouvertement d'être un agent du néocolonialisme, la magistrate gambienne (elle fut ministre de la Justice de Yahya Jammeh) a rappelé à son interlocuteur que les procédures de la Cpi ne sont lancées qu'à la demande des États. Tel sera d'ailleurs bientôt le cas pour la Centrafrique et le Mali », apprend J.A.

L'ex-ministre gambienne de la Justice a réitéré cette position, lors d’une conférence organisée, mardi 23 février 2016, à Paris. « Quand j’entends dire que la Cpi ne cible que les présidents africains, j’ai mal. J’ai mal en tant qu’Africaine, mais pas en tant que Procureure. Il faut savoir que le principe de la Cpi, c’est de ne pas se substituer aux juridictions locales, a-t-elle indiqué. Il y a une complémentarité entre la Cpi et ces juridictions. S’il y a des problèmes dans un pays membre de la Cpi, et que les juridictions locales montrent leur volonté de juger ces problèmes, la Cpi ne vient pas dans ce pays pour enquêter ».

Au cours de son audience, révèle J.A, Idriss Déby Itno a promis de plaider auprès de ses pairs pour que la procureure soit admise à participer aux réunions de l'Ua. Sera-t-il entendu ? Peut-être que oui, peut-être que non… Ce que l'on sait, par contre, c'est que le nouveau président de l'Ua n'est pas, lui non plus, tendre avec la Cpi. Au cours de sa conférence de presse finale, à l'issue du dernier sommet de l'Ua, le président tchadien a lancé des piques et des philippiques à cette justice internationale au moment où s'y tenait le procès de Gbagbo et de Blé Goudé. « C’est le constat que nous avons fait. La Cpi s’acharne beaucoup plus sur l’Afrique, sur les chefs d’Etat africains, même des chefs d’Etat en exercice, des hommes aussi politiques, alors qu’ailleurs dans le monde beaucoup de choses se passent, beaucoup de violations des droits de l’homme flagrantes -je dis bien flagrantes-, mais personne n’est inquiété », a critiqué Idriss Déby Itno.

SYLLA Arouna

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SYLLA Arouna

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  • SOURCE: Soir info

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