Justice

Amnesty international: «La Côte d'Ivoire doit remettre sans délai Simone Gbagbo à la Cpi »


11/05/2016
Gaëtan Mootoo a réclamé, à nouveau, le transfèrement de Mme Gbagbo à la Cpi (Photo DR)
Amnesty international se fait à nouveau entendre dans le dossier du mandat de transfèrement visant l'ex-Première dame Simone Gbagbo devant la Cour pénale internationale (Cpi).

Au même moment où s'ouvrait, le lundi 9 mai à Abidjan, son second procès devant une juridiction nationale (Cour d'assises), l'organisation internationale de défense des droits humains basée à Londres (Grande-Bretagne) publiait un communiqué pour exiger son transfèrement à La Haye.

Dans le document de presse, Amnesty se montre même catégorique sur la question. En effet, l'on relève que si le procès qui s'est ouvert hier à Abidjan est une étape importante pour mettre fin à l'impunité, les autorités ivoiriennes doivent reconsidérer leur refus d'honorer leur obligation de remettre la prévenue à la Cpi. Et ce, conformément au mandat d'arrêt décerné à son encontre pour des accusations de crimes contre l'humanité. «Simone Gbagbo doit comparaître devant le tribunal le 9 mai à Abidjan pour des accusations de crimes contre l'humanité en lien avec les violences post-électorales de 2010-2011. Plus de 1000 personnes ont été tuées au cours des violences qui ont éclaté lorsque son époux Laurent Gbagbo a refusé de quitter le pouvoir après avoir perdu une élection. À moins que la Côte d'Ivoire ne s'adresse à la Cour pénale internationale (Cpi) pour contester une nouvelle fois la recevabilité de cette affaire, elle doit remettre sans délai Simone Gbagbo à la Cour », écrit Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest pour Amnesty international.

L'activiste des droits de l'homme ajoute que si le procès au niveau national, se poursuit, les autorités ivoiriennes doivent veiller à ce que la procédure respecte les normes internationales relatives aux droits humains, notamment le droit à un procès équitable. « La Côte d’Ivoire doit faire savoir au reste du monde qu'elle est déterminée à rendre justice aux victimes de tous les crimes », insiste-t-il.

Dans la déclaration, Amnesty rappelle également que Simone Gbagbo est inculpée par la Cpi de crimes contre l'humanité. Notamment de meurtre, de viol, de persécution et d'autres actes inhumains. Un mandat d'arrêt a été décerné à son encontre le 22 février 2012. En 2014, la Chambre préliminaire de la Cpi a rejeté une requête du pouvoir ivoirien contestant la recevabilité de l'affaire, confirmée en appel en 2015. La Côte d'Ivoire a, jusqu'à présent, refusé de remettre Simone Gbagbo à la justice internationale. Le 10 mars 2015, elle a été inculpée et condamnée à 20 ans de prison pour des accusations de participation à un mouvement insurrectionnel, complot contre l'État et troubles à l'ordre public.

TRAORE Tié

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  • SOURCE: L'inter

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