Après sa sortie de prison : Le porteur de la banderole ‘’Libérez Gbagbo’’ fait de graves révélations sur des policiers


14/12/2017
Après sa sortie de prison : Le porteur de la banderole ‘’Libérez Gbagbo’’ fait de graves révélations sur des policiers

La scène a marqué la rencontre ayant opposé les Eléphants aux Lions du Maroc, le 11 novembre 2017, dans le cadre des éliminatoires de la coupe du monde 2018. Un jeune homme a fait irruption sur la pelouse, brandissant une banderole.

Maîtrisé, il a payé pour son geste fou en écopant de 15 jours d'emprisonnement. Libéré depuis, Richard Kouassi vient de balancer une vidéo sur les réseaux sociaux, dans laquelle il revient sur les motivations ayant guidé son irruption sur le terrain, le jour de la rencontre et décrit les circonstances de son arrestation et de sa détention à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan( Maca).

Richard Kouassi explique que son action était guidée par l'admiration quasi-immodérée qu'il a pour l'ancien président Laurent Gbagbo. C'est ce profond attachement à l'homme qui explique son geste. A l'écouter, il s'était préparé mentalement à la manière d'un kamikaze. " J’étais préparé psychologiquement. Je me suis dit que soit on pouvait me tuer ou soit on pouvait m’arrêter. Mais je voulais faire passer le message. Si quelque chose m’arrivait et que je n’arrivais pas à faire passer le message, ça allait me faire mal", explique-t-il. Et le jeune homme de renchérir: " Du moment où ils ont vu mon drapeau, tout  ce qui se disait, je m’en foutais. Ils( des éléments des forces de l'ordre, ndlr) étaient en colère. Mais moi j’étais content. Même quand on m’envoyait en prison, j’étais content à cause de Gbagbo".

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Il relate également ce qu'il s'est passé entre lui et les forces de l'ordre qui l'ont maîtrisé quand il s'est lancé sur la pelouse. Mais avant, il revient sur la façon dont il s'y est pris pour tromper leur vigilance et faire ainsi entrer sa fameuse banderole dans le stade. Et comment il a détourné leur attention pour se précipiter sur le terrain. "Je précise que j’avais caché le drapeau dans mon caleçon. Ils ont fouillé mon sac à l’entrée du stade, mais ils ne l’ont pas vu. Je savais qu’ils allaient nous fouiller, parce que la première fois( allusion à une rencontre précédente des Eléphants dans le même stade, ndlr), ils nous avaient fouillé. Donc, j’ai pris les dispositions pour ne pas qu’on m’arrache le drapeau", révèle ce jeune homme, qui a brandi la banderole sur laquelle était écrit: "Libérez Gbagbo".

Ayant réussi à introduire la banderole dans le stade, il lui restait à tromper la vigilance des forces de l'ordre pour accéder à la pelouse. Il explique comment il s'y est pris: "À la 73ème minute, je faisais les va-et-vient à côté des grilles. Je regardais la position des policiers. Ils me voyaient, mais ne savaient pas ce qui était dans ma tête(...) je suis monté sur la grille. Il y a des policiers qui m’ont vu et ont commencé a crier. Mais c’était déjà trop tard. Je suis descendu sur la piste....". Rattrapé et maîtrisé, il est conduit manu militari dans les vestiaires, avant d'être conduit au commissariat du 1er arrondissement au Plateau.

Selon lui, le policier qui l'a interpellé n'a pas semblé désapprouver son acte." Mais tu veux mettre du sable dans notre attiéké, parce que là, c’est comme si on n’a pas bien travaillé’’, lui aurait-il signifié. Une fois dans les vestiaires, poursuit Richard Kouassi, les éléments des forces de l'ordre "voulaient tous prendre des selfies avec moi". Au commissariat, des agents se seraient montrés plutôt sympathiques à son égard. " C'est Dieu qui t’a envoyé ici. Il faut t’asseoir, tu vas regarder la télévision’’, lui ont-ils dit, n'ayant pas réussi à s'accorder sur la conduite à tenir devant cet audacieux jeune homme.

Suivra le récit de son séjour carcéral. Richard Kouassi dit n'y avoir pas connu l'enfer. Loin s'en faut. "Dès qu’ils m’ont envoyé à la Maca, j’étais devenu comme un poisson dans l’eau. Tout le monde voulait que je sois à côté de lui. Certains même étaient jaloux", témoigne-t-il fièrement. "J'étais à l'aise", assure-t-il. Selon lui, il a été entouré de la chaleureuse présence des partisans de l'ex-chef de l'Etat, détenus dans cette prison. "A la Maca, il y a tellement de pro-Gbagbo(...) Si tu y arrives au nom de Gbagbo, tu ne crains rien. C’est comme si tu n’étais pas en prison", lâche-t-il. Quel crédit accordé aux propos de ce jeune homme ? A-t-on affaire à un fanfaron, soucieux de faire le buzz sur les réseaux sociaux ? A chacun d'en juger.

 

A.NIADA avec Olivier YEO (Stg)

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Assane Niada

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  • SOURCE: Soir info

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