Au cours d’une rencontre avec la presse

Amani N’Guessan raconte l’attaque du Qg du Fpi

L’ex-ministre de la Défense : « L’insécurité a atteint son paroxysme »
21/08/2012
Amani N’Guessan Michel a trouvé que « la situation est grave ».
C’est avec l’air grave et un ton tout de même posé qu’Amani N’Guessan Michel a raconté l’attaque du Qg de campagne de Laurent Gbagbo perpétrée, samedi 18 août 2012, à Cocody-Attoban.

Le Secrétaire général-adjoint du Front populaire ivoirien (Fpi) chargé des questions de défense et de sécurité a expliqué, dimanche 19 août 2012, à la presse, au Qg saccagé la veille, les circonstances de cette agression. « Aux environs de 12 h, ce jour samedi 18 août 2012, ici-même, nous avions un vigile, un gardien qui était à la porte, qui a aperçu un minicar comportant plusieurs personnes, qui a dépassé le Qg et qui un peu plus loin s’est arrêté et a fait demi tour. En revenant, ils ont marqué un arrêt au niveau du portail du Qg du Front populaire ivoirien. C’est à partir de ce moment que le vigile a vu les occupants du minicar sortir de partout, par les fenêtres, par les portes arrière, devant le véhicule, scandant qu’ils voulaient savoir véritablement où se trouvent ces militants du Front populaire ivoirien. Pris à partie, ce vigile a eu son salut grâce à une course de vitesse, pour rentrer dans la cour et chercher à se sécuriser », a relaté Amani N’Guessan, assis à côté de Miaka Oureto Sylvain. « Comme s’ils connaissaient les lieux, ils sont allés directement dans le bureau du bâtiment. Ils ont fracassé la porte. Et à l’intérieur, il y avait plusieurs photos qui étaient là, mais c’est la photo du président Gbagbo Laurent qui les a intéressés. Ils l’ont brisée et vous pouvez le constater», a regretté l’ex-ministre de l’Education nationale (1999-2007). Il a ajouté que les visiteurs d’un jour ont emporté l’ordinateur complet de la secrétaire de Miaka Oureto, dérangeant toute la paperasse. « Ensuite, ils sont allés fracturer la porte donnant accès au bureau du Secrétaire général. Et là avec une brique, ils ont tenté de fracturer la photocopieuse (le photocopieur, Ndlr). Et là encore, toute la paperasse qui était là, ils l’ont mise sens dessus dessous », a expliqué le baron de l’ex-parti au pouvoir. Le conférencier a trouvé « intéressants » des éléments qu’il n’a d’ailleurs pas hésité à relever : « Ce sont les traces de pas qu’ils ont laissées sur les portes fracturées ». « Nous constatons qu’on appelle vulgairement lékê, une chaussure en plastique. (Ces traces) sont dessinés clairement sur les portes fracturées. Mais aussi, nous avons relevé des traces de rangers, qui sont portés généralement par des soldats », a fait remarquer l’ancien ministre de la Défense de Laurent Gbagbo (2007-2010). Toute chose qui l’a amené à tirer la conclusion suivante : « Donc, à partir de ces traces, de ces indices, nous pouvons dire qu’il y avait certainement des civils qui portaient des lékê, mais aussi qu’il y avait des soldats ». En outre, l’orateur a révélé que les agresseurs proféraient des menaces à peine voilées. Amani N’Guessan Michel a indiqué que la Jeunesse du Fpi avait prévu organiser au Qg une Assemblée générale ce jour-là. « Compte tenu de la mission que le parti a organisée à Agboville, la jeunesse a reporté son Assemblée générale. Quelques jeunes étaient là par rapport à cette réunion. Ce sont ces jeunes-là qui vont être pris à partie également, d’autres seront battus, blessés. Au nombre de tous nos jeunes gens dont trois ont été sérieusement battus, un est porté disparu. Nous ne savons pas si dans la débandade, comme ont le dit en Côte d’Ivoire, il a pu se chercher », a-t-il souligné, trouvant que « la situation est grave ». « C’est une gravité montante. Car souvenons-nous, les attaques de ces derniers temps (…). C’est une volonté manifeste (…). de nier l’existence de la démocratie en Côte d’Ivoire. Car agresser un parti politique dans ce que ce parti a d’essentiel, c'est-à-dire son siège où les réunions se font, c’est donc vouloir interdire ce parti », a analysé Amani N’Guessan Michel pour qui « l’insécurité a atteint son paroxysme en Côte d’Ivoire par rapport à l’exercice de la démocratie ». « Nous demandons à la communauté internationale d’aider le Fpi au niveau de sa sécurisation. Je voudrais remercier le ministre de la Défense qui a envoyé des gendarmes, mais qui sont partis rapidement. Je voudrais remercier particulièrement l’Onuci », a-t-il déclaré.

SYLLA A.

SYLLA Arouna

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  • SOURCE: Soir info