Identification des militants : Comment le Pdci veut contrer Ouattara et le Rhdp, les risques de l’opération en vue


20/11/2018
Identification des militants : Comment le Pdci veut contrer Ouattara et le Rhdp, les risques de l’opération en vue

C’est une première en Côte d’Ivoire et bien de démocratie en Afrique. Le Pdci-Rda a décidé d’identifier ses militants. Le parti d’Henri Konan Bédié va lancer, dès le samedi 24 novembre 2018, une vaste campagne d’immatriculation de tous ses adhérents. La formation septuagénaire veut disposer d’un fichier sûr de ses militants dans l’optique des échéances à venir.

A deux ans des élections présidentielles de 2020, le Pdci-Rda, en faisant ses décomptes, veut avoir une idée bien nette de sa force sur le terrain et anticiper sur la maitrise du fichier électoral en vue de contrer toute velléité de fraude. Henri Konan Bédié et ses partisans mettent déjà les moyens pour garantir la transparence des votes à venir. Mais, le vieux parti, pris au piège du parti unifié du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), qui ratisse dans ses rangs, veut surtout s’assurer de la fidélité de ses militants et de ses bases. 
Lors des élections locales passées, plusieurs cadres, qui ont basculé dans le parti unifié, ont pu se faire élire ou réélire sans peine dans plusieurs localités, parfois contre des candidats désignés par la direction du Pdci. Ainsi, de farouches partisans du Rhdp, comme le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, président du mouvement ‘’Sur les traces d’Houphouët-Boigny’’, Amédé Kouakou, Félix Anoblé, ou des recrues comme le président du Conseil régional de Gagnoa, Djédjé Bagnon, ont fait mordre la poussière aux choix de Bédié et de Guikahué. Des résultats qui confortent la position de ces cadres mais mélangent les calculs de l’actuel direction du Pdci. Celle-ci ayant besoin de s’assurer d’être en phase avec ses bases.

Les résultats des élections locales ne pouvant être un repère fiable pour jauger de sa force, le Pdci a, ainsi, opté pour le décompte mathématique. Une opération non moins risqué pour l’ancien parti au pouvoir.

En effet, c’est un gros pari que prennent Henri Konan Bédié et ses lieutenants d’engager une si vaste opération. Laquelle devrait les conduire dans tous les hameaux de la Côte d’Ivoire. L’opération bientôt lancée exige que chaque militant confirme son adhésion par l’achat de sa carte d’électeur. Chose trop peu évidente pour la plupart des Ivoiriens, sympathisants avec des formations politiques que militants. Ils ne sont pas nombreux, aujourd'hui, eu égard aux tensions sur la scène politique marquées par des considérations ethno-tribales, les Ivoiriens qui s'affichent ouvertement ou s'engageraient à inscrire leur nom sur la liste des militants d'un parti. D'où le risque pour la direction du Pdci de récolter une maigre moisson, loin de refléter des statistiques meilleures que celles fournies par les résultats des consultations électorales nationales organisées. C'est certain, à terme, le Pdci pourra faire le point de ses plus fidèles militants dans chaque localité. Le fichier produit servira de repère dans la promotion des compétences, et sans doute dans la purge contre les pro-Rhdp. Mais, il est peu évident que Henri Konan Bédié et les siens puissent disposer d'un outil fiable pour mener une réelle offensive en vue des échéances de 2020. Les élections ayant leurs réalités qui n'ont rien à avoir avec les statistiques de militants à l'intérieur d'un parti. Combien de militants le Pdci ou tout autre formation politique peut-il revendiquer sur les 24 millions d'Ivoiriens ? Combien d'Ivoiriens sur la liste électorale militent-ils réellement dans des partis ? Voilà, qui devrait servir de repère pour le Pdci pour évaluer réellement ses forces à l'issue de l'opération qu'il se prépare à engager, mais qui a tout l'air de s'inscrire dans la continuité de la chasse aux pro-Rhdp prospérant en son sein.

F.D.B

Félix D. Bony

|

  • SOURCE: Linfodrome

Videodrome