ARRESTATIONS, SACCAGE DE SIEGES...Le FPI au creux de la vague

Que va faire le parti de Laurent Gbagbo ?
25/08/2012
Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, vit l'un des moments les plus difficiles de son histoire depuis le 11 avril 2011, date de la chute du régime de la Refondation.

Cette situation semble empirer depuis quelques semaines avec la résurgence de la violence dans le pays. En effet, les arrestations, les enlèvements et autres emprisonnements de militants du FPI sont monnaie courante depuis que des individus armés, présentés par certains observateurs et les gouvernants comme étant des proches de Laurent Gbagbo, attaquent les positions des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). La dernière grosse arrestation en date dans les rangs du parti à la rose, est celle du secrétaire général adjoint dudit parti, Alphonse Douati, qui croupit depuis le mardi 21 août dernier à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA), pour « attentat à la sûreté de l’État ».

Le FPI et les partisans de l'ancien chef de l’État sont soupçonnés et souvent accusés par le pouvoir en place de fomenter des coups en vue de déstabiliser le régime. Cela a pour conséquence les nombreuses arrestations de pro- Gbagbo à travers le pays. L'on se souvient encore de l'interpellation en début de semaine, de neuf militants du FPI à Yopougon, qui ont été par la suite relâchés. Plusieurs militants du FPI, selon Laurent Akoun, le secrétaire général dudit parti, sont traqués et arrêtés dans plusieurs villes de l'intérieur du pays dont Divo, San-Pedro, Gabiadji, Gagnoa, Agboville. Au cours de sa conférence de presse hebdomadaire du jeudi 23 août, l’Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a annoncé au moins 134 arrestations depuis l'attaque du camp militaire d'Akouédo, le 6 août dernier .

En même temps qu'il est accusé de perpétrer des actions subversives, le FPI est victime de représailles. De fait, le samedi 18 août 2012, le siège provisoire de l'ancien parti au pouvoir sis à la Riviera-Attoban, a été la cible d'individus armés non identifiés qui y ont tout saccagé, blessant au moins trois personnes. Le siège du groupe de presse Cyclone, éditeur des journaux ''Le temps'' et ''LG infos'', proches de l'opposition, a été également attaqué et saccagé dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 août 2012. En guise de protestation, les journaux dits ''pro-Gbagbo'' ou « bleus » ont décidé d'observer des « journéespresse morte » hier vendredi 24 et ce samedi 25 août 2012.

De plus en plus, les villes, villages et départements réputés favorables à Laurent Gbagbo et au FPI, sont les cibles des FRCI qui y font des descentes à la recherche d'armes, de miliciens ou/et de mercenaires soupçonnés de vouloir renverser le régime du président Alassane Ouattara. Mais pour le secrétaire général et porte-parole du FPI, le régime « baigne dans l'excès ». Laurent Akoun a dénoncé le mercredi 22 août dernier, lors d'une conférence de presse au siège de son parti, « les dérives totalitaires » du pouvoir, et a accusé le gouvernement d'être le « commanditaire » des attaques contre le FPI. « Beaucoup veulent nous pousser à la faute », avait-il déclaré au cours des échanges qu'il a eus avec la presse. Le FPI semble avoir du mal à se défaire de l'étau qui se resserre petit à petit sur lui. Que va alors faire le parti de Laurent Gbagbo ? Miaka Ouretto et ses compagnons vont-ils assister impuissants à la décapitation de leur parti ? Quelles actions entreprendra maintenant le principal parti de l'opposition pour sortir de cet engrenage ? Pour l'heure, le Front populaire ivoirien est au creux de la vague, même si ses dirigeants affirment qu'il est en train de se relever.

Hervé KPODION