Le ministre Sidi Touré à propos de Guillaume Soro : « L’individu dit et se dédit à la fois, la déstabilisation ne passera pas en Côte d’Ivoire »


05/01/2020
Le ministre Sidi Touré à propos de Guillaume Soro : « L’individu dit et se dédit à la fois, la déstabilisation ne passera pas en Côte d’Ivoire »
Le ministre de la Communication et des Médias, et porte-parole du gouvernement, Sidi Tiémoko Touré

Sidi Tiémoko Touré, ministre de la Communication et des Médias, et porte-parole du gouvernement était l’invité du « Magazine du Dimanche » du journal télévisé de 13heures de la RTI1, ce dimanche 5 janvier 2020. Il s’est prononcé sur l’affaire ‘’Guillaume Soro ‘’. Pour lui, l’ancien président de l’Assemblée nationale « dit et se dédit à la fois ».

Qu’en est-il du dossier impliquant l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro ?

Comme tout le monde, nous avons été informés au niveau du gouvernement relativement à cette procédure engagée contre monsieur Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale. Nous avons pris acte comme tout le monde. Mais il faut juste relever que ce sont des accusations assez graves qui ne devraient pas être traitées de la façon dont l’intéressé traite le sujet, c’est-à-dire à travers les réseaux sociaux. S’il pense devoir se défendre, c’est devant nos juridictions que cela doit se faire. Mais j’aimerais juste vous ramener à votre mémoire. S’il était bien compris, en tout cas du point de vue des Américains, que le président Kennedy devait être assassiné, et que les Américains l’avaient sû un peu plus tôt, soyez rassuré qu’ils auraient mis toutes les dispositions en place pour pouvoir adresser et éviter ce drame. Tenez-vous bien, l’enregistrement sonore, l’intéressé n’a pas démenti l’originalité de cet enregistrement sonore. Dans cet enregistrement sonore, on entend monsieur Guillaume Soro dire qu’il a la télécommande, qu’il a infiltré la garde du président de la République. On entend monsieur Guillaume Soro dire qu’il a la main sur les 8 400. Mais rappelez-vous encore une fois, en 2017, c’est dans cette période que nous avons connu des mutineries à Bouaké. C’est dans ces mêmes périodes qu’il a été découvert des armes chez le protocole de Guillaume Soro. Il faut savoir raison gardée à certain moment. Donc s’il se sent brimé dans la procédure, il faut qu’il prenne les dispositions avec son conseil juridique pour s’adresser au système judiciaire ivoirien, à l’effet de pouvoir répondre. Et c’est ce que nous lui demandons, rien que cela, rien de plus. Et une chose que j’aimerais ajouter, si vous me le permettez, la posture d’ancien président de l’Assemblée nationale ne présume pas que nous ne devons pas faire face à la justice. Même le président de la République est justiciable. On se souviendra aussi, j’aimerais revenir là-dessus pour une dernière fois, qu’en France, il y a un ancien Premier Ministre qui est passé dans une procédure judicaire pendant qu’il était en pleine campagne. Donc être candidat à la présidence de la République ne nous donne pas l’immunité. Autant le président de la République est justiciable, nous sommes tous justiciables. Il faut qu’on soit équitable vis-à-vis du citoyen lambda qui se trouve au marché, qui commet un impair, qui est poursuivi par la justice.

Ce n’est donc pas d’avoir refusé d’adhérer au RHDP que Guillaume Soro est poursuivi,

Aucunement. Aucunement. Chacun assume ses actes présents comme du passé.

Vous êtes porte-parole du gouvernement, vous avez dû certainement écouter la réplique de Guillaume Soro qui disait que cette audio existe bel et bien. Il n’a pas donc nié l’originalité, mais il dit que l’audio date de 2017, et le président de la République en était informé…

Mais écoutez, ça l’enfonce davantage d’ailleurs. C’est pour cela que j’ai relaté exprès, les situations que nous avons connues en 2017. Les différentes mutineries et de forts soupçons qui pesaient sur Guillaume Soro et les armes découvertes chez son protocole. Et cela aussi n’a pas été nié par l’individu. Donc l’un dans l’autre, il y a un problème. Il y a un problème qu’il faut adresser et il faut que cela soit compris. La déstabilisation ne passera pas en Côte d’Ivoire.

Il ne comprend pas que c’est en 2020, au moment de son retour qu’il est poursuivi ?

Ecoutez, on est tous comptable de ce qu’on a posé comme acte, dans le passé comme dans le présent. Donc il faut faire attention à ce qu’on dit, et faire attention à ce qu’on fait. Le problème, dans ce contexte, c’est que l’individu dit et se dédit à la fois. Donc il faut arriver un moment à adresser les choses de façon pertinente.

 

Adolphe Angoua

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Adolphe ANGOUA

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