Situation politique, affaires Gbagbo, Blé Goudé, Soro…: Affi dit des vérités après une rencontre avec le pouvoir, jeudi

Le président du Fpi : « Nous sommes venus voir avec le chef de l’État, ce qu’il faut faire pour le retour du président Gbagbo »
15/02/2020
Situation politique, affaires Gbagbo, Blé Goudé, Soro…: Affi dit des vérités après une rencontre avec le pouvoir, jeudi
Affi N'Guessan a expliqué les raisons de sa visite au Palais présidentiel.

Le président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N'Guessan, accompagné de ses plus proches collaborateurs, s'est rendu au Palais de la présidence de la République, au Plateau, hier jeudi 13 février 2020. Objectif de la rencontre qu'il a eue avec le vice-président de la République, Daniel Kablan Duncan, le ministre d'État, ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, le ministre-Secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, et d'autres personnalités : échanger sur des sujets d'actualité dont le retour de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro. D'autres questions comme la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei), le code électoral et l'établissement des Cartes nationales d'identité (Cni) ont été abordées.

" Nous sommes venus parler de la Côte d’Ivoire. Nous sommes venus parler de la situation des Ivoiriens autour de quatre principaux points. D’abord, toutes les questions liées aux futures échéances électorales ; l’élection présidentielle de 2020 qui exige que nous nous entendions au niveau de l’opposition et le gouvernement, sur le cadre juridique institutionnel, notamment la Commission électorale indépendante, le code électoral, toutes les conditions générales liées aux élections. Et comme vous le savez, après plusieurs rounds de négociation, les problèmes subsistent, des acteurs ne sont pas encore engagés dans ce processus, à telle enseigne que les perspectives que cette élection se tiennent dans la sérénité, dans la convivialité, dans la paix et dans la sécurité, ne semblent pas encore réunies à l’heure actuelle. Donc, nous sommes venus nous ouvrir au chef de l’État et au gouvernement, sur ces questions et faire des propositions pour que la Commission électorale indépendante (Cei), notamment la Commission centrale, intègre tous les acteurs majeurs de la vie politique, qu’ils soient représentés dans cette Cei et que les Commissions locales, qui sont à l’heure actuelle dominées à plus de 98 % par les représentants du Rhdp, soient réorganisées, de manière à refléter l’ensemble des forces politiques du pays. Donc, à être une structure suffisamment équilibrée pour inspirer confiance à tous les acteurs, et mettre fin, je dirai, aux grognes que nous entendons autour du processus électoral.

Il y a d’autres questions qui partent de l’enrôlement pour la Carte nationale d’identité, au financement des candidats à la présidentielle, qui ont fait l'objet de discussions au cours des négociations, mais sur lesquelles nous sommes revenus parce que nous pensons que ce sont des questions essentielles, et que le président de la République en soit suffisamment sensibilisé voire (pour) prendre des décisions majeures parce qu’il s’agit de la modernisation de la vie politique de notre pays. Il s’agit de la réforme de l’État de façon générale. Il ne suffit pas seulement de brandir les résultats économiques, il faut que sur le terrain de la démocratie, sur le terrain des libertés, que le gouvernement puisse aussi revendiquer des réformes majeures qui vont rester dans l’histoire de notre pays, en dehors de ces questions.

Nous avons parlé aussi de l’environnement sociopolitique, en général. D’abord, la question des prisonniers politiques, et nous avons souhaité que le président de la République fasse en sorte que l’acte majeur qu’il a posé à travers la loi d’amnistie ne soit pas une symphonie inachevée parce qu'aujourd’hui, d’autres compatriotes, notamment des militaires sont encore en prison, et cette situation, en quelque sorte, limite la portée de la décision qui a été prise en 2018. Et donc, nous avons souhaité que le président de la République aille loin dans la volonté qu’il a exprimée de tourner la page de la crise de 2010-2011. Pour nous, il s’agit de refermer le livre de nos turbulences, de nos assentiments et c’est dans le même esprit, que nous avons posé le problème du président Laurent Gbagbo. À l’heure actuelle, plus rien ne justifie son maintien en dehors de la Côte d’Ivoire. La Cpi a conclu l’acquittement. Il nous appartient, en tant qu'Ivoiriens, de nous entendre pour voir comment nous capitalisons cette décision d’acquittement. Il appartient de reprendre la main sur ce dossier. De notre point de vue, c’est un message qui nous a été adressé et nous sommes venus voir avec le chef de l’État, ce qu’il faut faire pour que le retour du président Gbagbo et de Charles Blé Goudé participe dans la dynamique de réconciliation nationale, de reconstruction de notre pays, la Côte d’Ivoire.

Le chef de l’État a un rôle important à jouer. Il l’a exprimé à plusieurs occasions, que nous sommes tous des frères, que le président Gbagbo est son frère. Au-delà de ce que les avocats ont pu dire, là-bas, nous savons tous que le dossier, maintenant, il est d’ordre politique, que la justice a fini son travail et que la justice nous regarde, nous les hommes politiques de la Côte d’Ivoire, par rapport à notre capacité à nous, d'accomplir le processus de réconciliation nationale et à agir dans cette direction.

Je ne vais pas vous mentir, nous avons aussi évoqué le dossier de l’ancien président de l’Assemblée, M. Guillaume Soro. Nous avons tenu quand même à l’exprimer pour que le président voie dans quelle mesure il peut agir pour que personne, aucun Ivoirien n’ait des raisons de mettre en mal la paix et la stabilité de ce pays, surtout dans la perspective des élections présidentielle de 2020. Donc voilà un ensemble de préoccupations que nous avions, et que nous avons tenu à exprimer, au vice-président, au ministre d’État et aux ministres, et à travers eux, le chef de l’État. Nous restons ouverts pour que si le président de la République souhaite nous rencontrer, pour nous apporter des apaisements par rapport à ces préoccupations ou nous écouter par rapport à des arguments qui fondent notre démarche, nous puissions le rencontrer. En tout cas, c’est la situation de notre pays, l’avenir à court terme du pays à travers la tenue prochaine des élections. Ce sont ces situations qui expliquent notre présence ce matin, au Palais de la présidence de la République".

Propos recueillis par Georges KOUAMÉ

(Stg)

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