Election à la Fif: Les vérités de Kalou aux partisans de Drogba

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Publié le Source : L'inter
election-a-la-fif-les-verites-de-kalou-aux-partisans-de-drogba «Je n’ai pas de problème de personne avec Didier», soutient Bonaventure Kalou. (Ph: DR)

Invité à l’émission ‘’Talk Show’’ de la chaîne NCI, dans la soirée de mercredi 15 avril 2020, l’ex international Bonaventure Kalou, maire de Vavoua, revient sur la polémique autour de son soutien au candidat Idriss Diallo et non à Drogba, dans la course à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (Fif). Incisif, l’ancien attaquant de charme du Paris Saint Germain assène ses vérités. «Moi, ma parole, je la donne une fois et je ne reviens pas là-dessus», persiste et signe Kalou. Morceaux choisis.

Si Drogba vous avait approché plus tôt, auriez-vous accepté…?

Comme tous les autres candidats, j’aurais considéré mais il l’a fait tardivement. J’avais déjà donné ma parole, je le redis parce que les gens ne comprennent pas que dans ce pays, il y ait des gens qui aient une parole. Moi, ma parole, je la donne une fois et je ne reviens pas là-dessus. Idriss Diallo, je lui ai donné ma parole. Quoiqu’il arrive, c’est une élection, on pourra gagner comme perdre.

Les rumeurs parlent d’une animosité entre Kalou et Drogba et que cela remonterait à la sélection nationale...

Les gens aiment créer les conflits entre les autres. Je n’ai pas de problème de personne avec Didier. La preuve, je l’ai appelé pour lui dire que je ne peux pas l’accompagner parce que j’étais avec quelqu’un d’autre. Il n’y pas de problème de personne entre lui et moi. C’est vrai que nous ne sommes pas les meilleurs amis du monde mais ça, c’est humain. Dans une équipe, il y en a avec qui on peut aller en vacances et il y a d’autres avec qui on est simplement coéquipier. C’est un ex-coéquipier, je n’ai pas de problème de personne avec lui.

Ses partisans et même des profanes du football vantent sa stature, ses relations à l’international. Ces choses ne plaident-elles pas en sa faveur?

Sa carrière parle pour lui, cela est indéniable. Après, il n’y a pas que cela. Je prendrai peut-être mon exemple. Je suis allé à Vavoua, je pouvais venir en tant qu’ex international et dire aux gens votez moi parce que je suis Kalou Bonaventure. Je ne dis pas que c’est ce qu’il fait mais c’est ce que certains veulent imposer. Il faudra qu’il fasse ses preuves, et ses preuves, c’est pendant la campagne. Il y a 81 personnes à convaincre, il faut qu’il arrive à le faire. C’est tout. Ce n’est pas que moi je dise que je suis avec lui ou pas. Cela ne changera rien, je suppose. Mais il faut que lui arrive personnellement, pas par personne interposée, à convaincre la majorité des votants.

Visiblement, Didier Drogba peine à rallier les présidents de club. Quel est votre analyse?

Je ne suis pas trop sa campagne. Il faut arriver à convaincre les gens, ce n’est pas facile. Je sais de quoi je parle. Pour n’importe quel candidat, ce n’est pas facile. Parce que les présidents, c’est eux les propriétaires des clubs de football. Ils ont des exigences, il faut pouvoir les satisfaire. Ce sont des choses qu’il faut connaître. C’est de cela que je parle quand je dis qu’il faut qu’il fasse ses preuves. Les gens ne comprennent pas, ils sont un peu dans le fanatisme aveugle. Mais il y a une réalité qui est là. Ce n’est pas moi, il faut qu’il arrive à convaincre ceux qui décident.

Le président Eugène Diomandé du Séwé sport de San Pedro dit que Didier a un projet à caractère innovant…

Je peux dire la même chose pour Idriss.

Qu’est-ce qui change du football à la mairie?

A la politique, il y a des coups plus terribles qu’en football où un match dure 90 minutes et après on se salue et c’est terminé. Et il y a un arbitre aussi. En politique ou à la mairie, il faut gérer les hommes, les humeurs, ce n’est pas toujours facile. Mon passé d’ex-sportif de haut niveau m’aide aussi. Parce que le sport de hait niveau, c’est l’adversité chaque jour, il faut mériter sa place à l’entraînement, être bon pendant le match. Et c’est au mental que ça se joue. Là aussi, c’est au mental parce qu’il faut être alerte car il y a toujours des problèmes à régler.

Quelle sera la contribution à Idriss Diallo si jamais il était élu président de la Fif?

En tant que conseiller d’abord par rapport à mon écurie. J’ai des contacts avec la fédération hollandaise, dans la formation de tout ce qui a trait aux métiers du football. Il faut former les formateurs, nos arbitres et les entraîneurs parce que c’est eux qui transmettent le savoir. Il faut qu’ils soient toujours au top niveau par rapport à ce qui se fait ailleurs

Propos retranscrits par A.CAMARA