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"Je m’excuse" : Elow’n apprend que la notoriété ne protège pas du code de la route
Publié le : 20 juin 2025 par Samuel KADIO
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L’artiste ivoirien Elow’n vient de goûter à une leçon de responsabilité publique.
L’artiste ivoirien Elow’n vient de goûter à une leçon de responsabilité publique. Ce jeudi 19 juin 2025, il a été sanctionné par une suspension de permis de conduire d’un an, dont trois mois ferme, après son audition par la Commission spéciale de suspension et de retrait du permis.
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En toile de fond : une vidéo devenue virale dans laquelle le rappeur est vu en train de rouler à vive allure, bras croisés, sans toucher le volant. Dans cette séquence choc, filmée visiblement pour impressionner, Elow’n, de son vrai nom Brice N’Wolé, s’exclame « Les deux laissent ! », fier de démontrer ce qu’il appelle le « pilotage automatique » de son véhicule. La vidéo a suscité une onde de choc sur les réseaux sociaux, bien au-delà de ses fans habituels.
1 an, dont 03 mois ferme
Mais ce qui devait être un simple coup d’éclat s’est retourné contre lui. Face aux membres de la commission présidée par Oumar Sako, Directeur général des transports terrestres et de la circulation (DGTTC), Elow’n a tenté de justifier son comportement.
« Je voulais juste montrer que j’ai acquis un véhicule sophistiqué doté d’une direction libre », a-t-il expliqué. Une affirmation rapidement démentie par les experts, qui ont confirmé que le véhicule n’avait en réalité aucune technologie de conduite autonome.

Pour les autorités, pas question de laisser passer un tel acte. « Ce type de comportement constitue un cas manifeste de conduite dangereuse, d’incivisme et de mise en danger de la vie d’autrui », a tranché la Commission. Le verdict est clair : une figure aussi médiatique que l’artiste ne peut se permettre de banaliser les règles de sécurité routière, encore moins dans un pays engagé dans une stratégie nationale de lutte contre l’insécurité routière. Il a donc écopé d'une suspension de son permis de conduire pour 1 an, dont 03 mois ferme.
Conscient de la gravité de la situation, Elow’n a présenté ses excuses publiques au terme de son audition. « Je tiens à m’excuser pour avoir négligé l’impact que cette vidéo pouvait avoir. Ce n’était pas pour inciter les gens à faire pareil. Je reconnais que c’était une erreur grave », a-t-il reconnu. Et d’appeler à la vigilance : « Faites très attention quand vous conduisez ».
Un message sans ambiguïté
Une réaction saluée, mais qui n’efface pas la sanction. Pour le directeur Oumar Sako, ce dossier doit faire jurisprudence : « Tout citoyen est au même niveau en termes de respect du code de la route. Qui que vous soyez, vous avez l’obligation de donner le bon exemple », a-t-il martelé, inquiet de voir d'autres jeunes reproduire ce genre de comportements.
Ce n’est pas la première fois que la DGTTC tape du poing sur la table face aux dérives de figures médiatiques. Avant Elow’n, le coach sportif Big Ali avait lui aussi été épinglé pour une conduite non conforme. Et la Direction générale assure qu’elle ne compte pas baisser la garde. Sanctions ciblées, recadrages et campagnes de sensibilisation sont désormais les leviers d’une riposte assumée contre les incivilités routières des influenceurs.
En filigrane, c’est la crédibilité de la politique nationale de sécurité routière qui est en jeu. Et le message lancé par les autorités est sans ambiguïté : la route n’est pas une scène, encore moins un terrain de jeu pour célébrités en quête de buzz. Derrière un volant, la moindre erreur peut coûter des vies. La notoriété, elle, ne pèse rien face à la loi.
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Samuel KADIO
Journaliste Reporter
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